12 photos pour revivre la fièvre du curling

Les amateurs de curling connaissent tous un joueur qui a sa particularité : une pièce de vêtement, une expression singulière lors du lancer de la pierre ou un geste flamboyant au maniement du balai. Voici une dizaine de photos pour se remémorer les différents styles de curleurs et curleuses qui ont arpenté les glaces de la Côte-Nord!

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Photo noir et blanc d'un joueur de curling.

Une partie de style sur la piste

Au début de l’année 1958, de nouvelles infrastructures sont installées pour la pratique du curling sur la Côte-Nord. À Sept-Îles, des glaces artificielles recouvrent les allées au club de curling du Mille 3. On semble être satisfait du résultat, compte tenu de la douceur de l’hiver. Du côté de Schefferville, le centre récréatif ouvre ses portes. La population se donne rendez-vous sur les glaces perlées, fraîchement recouvertes de gouttelettes d’eau. C’est l’occasion de sortir ses plus beaux vêtements de circonstance : pantalons carreautés, vestes et cardigans de laine parés d’épinglettes, chapeaux et bonnets écossais, sans doute en honneur aux origines du sport. Les joueurs ont le choix pour avoir de l’allure sur la glace! Et pourquoi pas fumer pour se donner du caractère? Chose impensable de nos jours…

Les jeunes de la région, portant fièrement la tuque à pompon, participent également en grand nombre aux différents tournois organisés. C’est le cas de l’équipe junior Cinderella de Sept-Îles qui remporte la compétition régionale en janvier 1958. Battant l’équipe de Baie-Comeau en finale, les Septiliens Gary Appleby (capitaine), John Graham (vice-capitaine), Dennis Appleby (second) et Edward Train (premier joueur) se retrouvent au Bonspiel provincial Pepsi-Cola, qui se tient à Québec. Accompagnée de son entraîneur Cal Boville, l’équipe est logée dans une suite de l’hôtel Château Laurier, gracieuseté de la compagnie minière IOC. L’équipe Cinderella, la plus jeune du tournoi, se classe alors troisième.

Jouer et manger? Les clubs de curling, des lieux de socialisation

Avec l’arrivée des compagnies minières et de leurs travailleurs sur la Côte-Nord, le curling devient vite un sport populaire. Les clubs deviennent également des lieux de rassemblement où la population se rencontre pour s’affronter amicalement et socialiser. Les efforts déployés pour l’organisation des cérémonies de clôture des tournois attestent l’importance du curling dans la vie sociale nord-côtière, surtout dans les années 1950 et 1960. Les locaux des clubs de curling sont décorés, leurs buffets font le régal des équipes et de leurs partisans. Les tables débordent de trophées et de prix commandités par les entreprises de la région. Pour la soirée de clôture de la saison 1956, le club de curling de Sept-Îles remet même des articles de cuisine, dont des casseroles et des bouilloires électriques.

De nos jours, malgré les modes qui vont et qui viennent, le curling compte toujours ses adeptes. Ils sont peut-être moins flamboyants dans leurs atours, mais tout aussi motivés dans leurs coups de balai. Souhaitons de belles années de glisse à cette tradition solidement ancrée.

Sources:

Revue Iron Ore, février 1958, vol. 4, no 2, p. 19-21.

Revue Iron Ore, avril 1958, vol. 4, no 4, p. 15.

L’Avenir and Sept-Iles Journal, 6 février 1958, vol. 21, no 29, p. 10.

L’Avenir and Sept-Iles Journal, 13 février 1958, vol. 21, no 30, p. 1.