Les coups de cœur de Véronique
Des œuvres qui m’ont renversée et qui m’habitent toujours. Des films traçant des portraits de femmes sur des trames sonores irrésistibles. Des romans parfois durs, mais toujours écrits avec un souci du style et du mot juste. Des albums de musiciens de grand talent qui sortent de l’ordinaire.
L’un de mes films chouchous. Trois femmes, à trois époques, interprétées par trois grandes actrices. Et que dire de la musique de Philip Glass? Le film m’a menée au roman de Michael Cunningham dont il est l’adaptation, puis à Mrs Dalloway, de Virginia Woolf auquel Cunningham rend hommage.
Combien de fois ai-je vu ce film? L’histoire d’un amour naissant entre deux femmes dans le New York des années 1950, durant la période de Noël. La direction photo est magnifique, et la musique de Carter Burwell, envoûtante. Le scénario est adapté d’un roman de Patricia Highsmith publié en 1952.
Ce premier volet d’une trilogie cinématographique met en vedette une jeune Juliette Binoche dans le rôle d’une femme qui, après avoir tragiquement perdu son mari compositeur et leur fille, tente de se couper de son passé. Une œuvre déchirante qui m’a longtemps habitée.
J’aurais pu choisir un autre roman de cette autrice que j’aime beaucoup. Celui-ci est simplement le premier que j’ai lu, donc peut-être celui qui m’a le plus marquée. Celui qui m’a fait dire : si j’étais romancière, je voudrais écrire aussi bien qu’elle.
Elles étaient neuf dans le ventre de leur mère; cinq vivent au-delà de la petite enfance. L’action de ce fascinant roman féministe se déroule dans l’Empire romain, sur fond de persécution des chrétiens. On y côtoie misère et violence, mais aussi sororité et émancipation. Tout cela porté par une magnifique plume, dans une traduction de Dominique Fortier.
Rose et Pierrot sont deux orphelins dont l’histoire d’amour naît dans les années 1910. Ils feront du cirque, connaîtront la pauvreté et se frotteront au gangstérisme dans les bas-fonds de Montréal. Mais l’amour et la magie restent forts. Un des rares romans que j’ai écoutés en version audio. Lu par Alice Pascual.
Les hauts et les bas d’un groupe d’amis au début de l’épidémie du sida, à Stockholm – mais ça pourrait être n’importe où en Occident. Dur, triste, parfois cru, mais nécessaire. Et bouleversant. Un devoir de mémoire envers tous ces jeunes hommes autour desquels la mort rôdait dans les années 1980.
Les poèmes d’Anne Hébert, particulièrement ceux du recueil Le tombeau des rois, me suivent depuis que j’ai atteint l’âge d’être touchée par la littérature. Des images à la fois fortes et délicates pour dire la mort, le corps et bien d’autres choses qu’on ne peut dire autrement.
Loin des classiques histoires de trentenaires ou quarantenaires aux prises avec les obligations de la vie urbaine et moderne, voici des octogénaires marginaux vivant au fond d’une forêt. Mais quand on a choisi de se retirer du monde et que le monde vient jusqu’à nous, les bouleversements sont inévitables.
Libéré après avoir passé son enfance dans un camp de travail en Sibérie, Kolia devient clown blanc. Avec lui, on découvre l’URSS des années 1930 aux années 1990. Ce premier roman de l’écrivaine québécoise est tout en délicatesse, malgré le sujet difficile.
L’homme blanc est aussi connu sous le titre Kolia.
Un matin de septembre 2024, j’entends à la radio qu’un certain Jeremy Dutcher a remporté le prix Polaris. Curieuse, je lance la lecture de son album sur mon téléphone. Sa voix de ténor, les cordes, le piano… C’est doux et puissant. J’aime instantanément. Dutcher est de la Première Nation Wolastoqiyik.
Je crois que je suis amoureuse. De cette voix, de ce talent, de ce jazz enveloppant. Tous les albums de cette autrice-compositrice-interprète montréalaise sont excellents, mais celui-ci me touche particulièrement. Attendez d’entendre sa version a cappella du classique Feeling Good…
Voilà une artiste inspirante qui ne peut être accusée de se répéter. Je la suis depuis près de 30 ans et ne cesse d’être étonnée et charmée. Cet album, plus rock que d’autres, demeure mon préféré, mais les autres ne sont pas loin derrière.
Quel artiste unique! Ce musicien autodidacte a un large registre vocal qu’il met à profit dans son style parfois théâtral. L’élégance et la sophistication de sa musique n’ont d’égal que la délicatesse de son interprétation. À découvrir.