Les coups de coeur de Johanne
Voici quelques-uns des livres qui m’ont particulièrement plu. Vous constaterez mon penchant pour les récits autobiographiques. La psychologie des personnages, les êtres qui traversent et surmontent les épreuves tant bien que mal, me fascinent.
Certains des titres proposés ci-dessous sont disponibles en format adapté pour les personnes ayant une déficience perceptuelle.
L’auteur, vidangeur depuis de nombreuses années, partage sa passion pour un métier qu’il compare à celui d’un athlète de haut niveau. Des anecdotes savoureuses, des statistiques et une recherche sur la façon de gérer les déchets ici et ailleurs dans le monde complètent ce petit livre qui bouscule nos idées reçues sur ce travail généralement méprisé, mais essentiel. L’auteur réussit à nous faire voir autrement celui qui ramasse nos vidanges beau temps, mauvais temps.
C’est, entre autres, à travers le regard de sa mère que Francis Ouellette nous fait découvrir le quartier qui l’a vu naître, le Faubourg à m’lasse, dans le Centre-Sud de Montréal. Il y côtoie des personnages plus grands que nature qu’il affectionne. Il y fait aussi l’expérience de la pauvreté et de la violence. Il en gardera d’ailleurs des traumatismes qu’il surmontera. Comment ne pas être admiratif devant la résilience de l’auteur?
Ce livre a gagné le Prix littéraire des collégien·ne·s en 2023.
L’autoportrait dont il est question est celui de la tante d’Élise Turcotte, Denise Brosseau, morte en se jetant devant le métro, à la station Berri-de Montigny, en 1986. Elle avait 49 ans. Peu de chose lui a survécu, dont une correspondance avec Gaston Miron et quelques photos. L’autrice, dont on a souvent dit qu’elle ressemblait à sa tante, part sur les traces de cette femme fascinante. Quel destin tragique d’une personne qui, au départ, semblait avoir tout pour s’épanouir.
Une relation très étroite se développe entre un frère et une sœur vivant dans une famille dysfonctionnelle. L’adolescent sera témoin d’un événement qui aura une incidence marquante sur sa sœur, dont la détresse l’amènera à faire trois tentatives de suicide. On aborde la colère et l’impuissance à sauver les personnes qu’on aime. C’est un des rares livres qui m’ont fait pleurer une fois refermés.
Ce roman historique entremêle les histoires de deux personnages. D’abord, le philosophe juif Baruch Spinoza, qui vécut au XVIIe siècle. Il fut excommunié pour avoir critiqué les textes religieux de sa confession. Il fit preuve d’un courage peu commun. Au risque d’être banni de sa communauté, il préféra être fidèle à ses convictions et à ses valeurs. Quant à Alfred Rosenberg, il joua un rôle important dans les années précédant la Deuxième Guerre mondiale, en propageant sa haine des Juifs. C’est un roman très instructif.
À la suite d’un traumatisme crânien aux conséquences invalidantes, l’actrice, réalisatrice et scénariste canadienne Sarah Polley fera la rencontre d’un médecin qui l’encouragera à affronter ses peurs plutôt que de les fuir, à courir vers le danger. Elle porte sur les événements bouleversants de son existence un regard incisif d’une grande lucidité. Un remarquable travail d’introspection.
Une jeune interne qui rêve de devenir chirurgienne en gynécologie se voit contrainte de faire un stage dans une unité de « médecine de la femme ». Les préjugés qu’elle entretient au départ s’évanouiront au contact du médecin qui la supervise et des femmes qu’elle côtoie au cours de son stage. Ce qui m’a particulièrement interpellée dans cette adaptation d’un roman en bande dessinée, c’est le thème de l’intersexualité. C’est une réalité qui est peu connue et dont on parle rarement, avec toutes les questions éthiques qu’elle soulève.
Cette bande dessinée retrace les dernières années de vie en institution de la mère de l’autrice, qui souffre d’une maladie chronique. C’est le témoignage empreint de poésie d’une proche aidante. La mère est représentée en petite fille qui se déplace sur le dos d’une coccinelle géante. Moi qui ai accompagné ma mère jusqu’à son dernier souffle, j’ai été très émue par cet album.
Prix Bédélys 2025 de la meilleure bande dessinée d’un·e artiste québécois·e publiée par une maison d’édition québécoise.
Rares sont les héroïnes dans la cinquantaine en bande dessinée. C’est pourtant le cas de Marcie, récemment licenciée de son travail. Après un court passage dans le domaine du sondage, elle se lance dans le métier de détective, encouragée par sa fille. Elle réalise de ce fait un rêve de jeunesse. Débutant d’abord sa nouvelle occupation en retrouvant les chiens perdus, elle s’attaquera ensuite à un défi plus substantiel. Très bons dialogues et très bon scénario.
L’autrice évoque des souvenirs de sa grand-mère, qui détestait les hommes, et de sa mère schizophrène. Comme d’autres transfuges de classe, elle provient d’un milieu pauvre, dénué de culture et dont, toute sa vie, elle essaiera d’échapper pour améliorer son sort. Ce milieu, dans lequel les figures d’attachement ont fait défaut, n’est pas sans avoir influencé ses rapports avec les hommes. Sans fard ni filtre, elle dépeint quelques-unes de ces relations.