Les coups de coeur d'Anthony
Glaner (verbe transitif) : « Recueillir les épis de blé restés sur le champ après le passage des moissonneurs / (au figuré) Recueillir par-ci par-là (des bribes dont on peut tirer parti) » (Dictionnaire Larousse). Voici donc quelques coups de cœur glanés qui, je l’espère, trouveront leur place à votre épluchette.
Certains des titres proposés ci-dessous sont disponibles en format adapté pour les personnes ayant une déficience perceptuelle.
Je suis tombé sur cette photographie en préparant un article pour le site Web de BAnQ. J’ai été charmé par cette image qui me rappelle mon coin de pays et qui, dirait-on, capte l’imminence du laisser-aller collectif : les têtes qui se tournent, la pudeur des bras croisés qui se relâchent, les regards qui s’arrondissent, les épaules qui se délient.
Cliquez sur l'image pour mieux la voir.
Deux collègues m’ont fait découvrir le travail de cet important graphiste dans le cadre d’un atelier sur l’histoire du tourisme au Québec organisé à la Bibliothèque nationale (site Rosemont). Le coloris et la modernité de cette affiche n’ont fait que rehausser mon attrait pour ce sport si agréable qu’est la pêche!
Cliquez sur l'image pour mieux la voir.
C’est une œuvre dont je ne me lasse pas. Les poèmes de Lapierre sont exigeants, ils font peur, mais il faut leur faire confiance. Puisant dans un lyrisme tout en sobriété, annulant la plainte, Les adieux investissent la faille qui joint dans un rythme libérateur petite et grande histoire.
Entre roman d’aventure et réalisme magique, Ténèbre nous plonge dans l’abomination de la colonisation belge de l’Afrique. Ce roman me happe dans sa façon de mobiliser la charge érotique des personnages pour questionner les motivations du colonisateur dans son rapport honteux à la quête de soi.
Formellement ambitieux, ce livre en fragments est bâti sur la métaphore filée des plantes envahissantes pour représenter les affects dépressifs et anxieux de la narratrice. Le rythme des dialogues et des fragments puise dans l’efficacité théâtrale. Jeune autrice à suivre!
Un classique de la littérature québécoise et lesbienne, Le désert mauve a été une lecture de jeunesse marquante : elle pave la voie vers ce qu’il y a de plus envoûtant dans le rapport créatif à la traduction, aux ambiances et aux objets de nos fantasmes.
C’est le premier livre de poésie que j’ai lu. Cette poésie directe m’a émerveillé par la juxtaposition de deux formes littéraires que je tenais alors pour bien distinctes. Le poème devenait une manière à la fois de témoigner et d’enquêter sur un lieu et sur celles et ceux qui l’habitent.
Recueil de nouvelles dense, minimaliste, voire cinématographique. Pas étonnant que les œuvres de Carver se prêtent si bien à l’adaptation (Birdman, Everything Must Go). L’intensité des non-dits entre des personnages captifs de leur quotidien est une source inépuisable d’intrigue et de questionnements.
Tous les projets de Stéphane Lafleur sont à consommer sans modération. Cet album, avec ses accents country, m’a indirectement réconcilié avec le genre. J’ai toujours été séduit par le point de départ du groupe Avec pas d’casque, alors duo : faire de la musique à partir d’un instrument qu’on maîtrise mal.
Internaute lambda derrière l’éphémère tendance Web du Harlem Shake (oui oui, vous vous en souvenez), Joji charme désormais les foules avec une musique électronique originale inspirée de la côte Ouest, parfaite pour affronter des moments difficiles et se mettre à la planche à roulettes.
Ce film est un aller simple nostalgique vers l’adolescence en banlieue au début des années 2000. Je me suis tout de suite reconnu dans cet imaginaire sur le passage à l’âge adulte : quartier tranquille qui, à la tombée de la nuit, devient un terrain de jeu sans fin dans l’exploration des limites.
Histoire d’amour entre un compositeur et une chorégraphe sur fond de guerre froide. Quoi ne pas aimer? Ce film, alliant le somptueux et l’austère, m’a happé par une curieuse pointe d’humour que je n’arrive pas encore tout à faire à saisir, mais qui assurément m’attire.
Patates pilées. Entre rire et malaise, c’est amplement pour le revoir chaque année.