Même les gens qui aiment jouer dehors en hiver ont besoin de rester au chaud à l’occasion et de se poser, le temps de faire un peu de lecture, de regarder un film ou d’apprécier une nouvelle mélodie. Avide de découvertes? Peut-être aimerez-vous ce que les bibliothécaires ont mis au menu de leur hiver.
L’imaginaire québécois avec Audrey
Chaque année, quand le sol se recouvre de neige, je repense à l’excellente série québécoise Temps mort – L'hiver éternel, réalisée par Éric Piccoli. Lors de ma première écoute, il y a plus d’une décennie, je me rappelle avoir trouvé formidable de retrouver des repères dans ce paysage au parfum de fin du monde. Depuis cette époque, que ce soit sur papier ou sur mon écran, j’ai à cœur d’encourager les artistes d’ici qui imaginent des univers me faisant voyager loin de ma réalité, mais dans lesquels je me retrouve toujours un peu. Cet hiver, je vais donc poursuivre mon exploration de l’imaginaire québécois.
Je lirai
- Les marins ne savent pas nager, de Dominique Scali
- Les cousines vampires, de Alexandre Fontaine Rousseau et Cathon
- La petite révolution, de Boum
Je regarderai
- Farador, d’Édouard Albernhe Tremblay
- L’arracheuse de temps, de Francis Leclerc
Bien-être et conscience écologique avec Catherine G.
L’hiver me fait vivre des émotions contradictoires, et ce, chaque année. En décembre, gagnée par la magie des Fêtes, je suis émerveillée à la vue des premiers flocons qui donnent une allure féérique au paysage. En janvier, le froid qui s’installe, la neige qui n’en finit plus de s’accumuler ou la présence de glace minent mon moral et mon niveau d’énergie. Pour faire face à la saison froide, je lirai des ouvrages qui suscitent la réflexion sur notre quête du bonheur, qui invitent à prendre soin de nous et de ce qui nous entoure. Dans le même esprit, j’écouterai de la musique relaxante et apaisante.
Je lirai
- Le livre du hygge – Mieux vivre, la méthode danoise, de Meik Wiking
- Les pouvoirs guérisseurs de la forêt – Le shinrin yoku, la voie du bonheur, de Hector Garcia
- La panthère des neiges, de Sylvain Tesson
- La colonie, de Annika Norlin
J’écouterai
- Sérénades, de Jean-Michel Blais
Éclectisme avec Céline
Difficile de trouver un fil conducteur dans ma pile à lire et à regarder cet hiver. Pourtant, en prenant du recul face à cette liste hétéroclite – un titre intrigant aperçu dans une exposition, le souvenir soudain d’un récit recommandé par une amie, un film culte jamais vu –, un point commun finit par apparaître.
Tous mettent en scène des personnages isolés : dans un cargo spatial aux prises avec une forme de vie étrangère, au sein d’une école futuriste où les élèves sont filmés en permanence, entre les murs d’une clinique psychiatrique chargée de réparer un mal plus sociétal qu’il semble, au beau milieu d’un sauna gai à la recherche du souvenir des dernières heures, ou encore sur une montagne dont l’ascension ne se passe pas comme prévu.
Une bonne excuse pour se confiner soi-même, bien au chaud dans un café ou sous une couverture, avec ces compagnons d’hiver.
Je regarderai
- Alien, le huitième passager, de Ridley Scott
Je lirai
- Les faux lieux, de Lorelei L’Affeter
- Le journal d’une folle, de Marie Savard
- Ces regards amoureux de garçons altérés, d’Éric Noël
- Les égarés, de Lori Lansens
Communautés du froid avec Anthony
L’hiver (peut-être plus que les autres saisons) est question d’ambiance. Certains y voient une horde de journées à biffer énergiquement sur son calendrier, d’autres une opportunité d’expérimenter un vaste territoire et ses possibles. Certains le subissent dans sa dureté. Qu’il soit perçu positivement ou non, le froid nous contraint à l'adaptation matérielle, mais aussi imaginaire.
Par un travail de la langue, on peut aménager une manière de cultiver l’empathie du quotidien et de briser l’isolement saisonnier afin de parler d’un lieu habité et nécessairement partagé.
Le géographe et linguiste Louis-Edmond Hamelin a inventé un mot pour désigner cette réalité du froid : l’hivernité. Je suis donc à la recherche de documents qui traduisent cette ambiance ambiguë, cet arrangement si particulier fait de morsures, de langueur et de voix lointaines.
Je lirai
- L’hôtel de verre, d’Emily St. John Mandel
- Récits d’un jeune médecin, de Mikhaïl Boulgakov
- Je ferme les yeux pour couvrir l’obscurité, de Kelly Berthelsen
Je regarderai
- CBQM, de Dennis Allen
- Le voleur vit en enfer, de Lorraine Dufour et Robert Morin
Rêve et douceur avec Cindy
Cet hiver, j’ai envie de m’envelopper dans de la légèreté, de la douceur et du rêve. Je veux rire, m’attendrir, me laisser surprendre, me perdre dans les univers réels ou imaginaires que d’autres ont façonnés. Et comme toujours, je m’éparpille, passant allégrement d’un genre à l’autre.
Je lirai
- Japon – Itinéraires pour rêveurs, de Stefania Sabia et Kaori Yamaguchi
- Proust au gym, d’Anthony Lacroix
- Le jardin d'Emily – Une histoire sur la jeunesse d'Emily Dickinson, de Lydia Corry
Je cuisinerai avec
J’écouterai
- Saisons, de Pomme
Culture et saveurs avec Fatima
La saison hivernale, dans une atmosphère cotonneuse et feutrée, souligne le bilan d’une année bien rythmée et chargée de souvenirs à archiver. Elle s’envole comme les oiseaux migrateurs vers de belles destinations avec un seul point cardinal : l’émerveillement.
J’écouterai
- Birds on a Wire, de Rosemary Standley (une voix hypnotisante) et Dom La Nena (une virtuose du violoncelle) : une musique douce et baroque. Coup de cœur garanti!
Je verrai
- Félix & Meira, du cinéaste québécois Maxime Giroux : une histoire d’amour impossible dans le quartier montréalais Mile End en plein hiver.
Je lirai
- La folle allure, de Christian Bobin : la découverte de proses lumineuses.
- Kent Monkman – History is Painted by the Victors, de Kent Monkman, membre de l’ocêkwisîpiy (Nation crie de Fisher River) : une exposition sous un prisme artistique contemporain inédit.
Je cuisinerai avec
- Miamski! – On cuisine en famille – Déjeuners, collations, repas, desserts, de Madame Labriski : des recettes faciles, énergisantes et illustrées.
Femmes artistes d’exception avec Sylvie-Josée
Le prix Paul-Émile Borduas est la plus haute distinction attribuée à une personne pour sa contribution au domaine des arts visuels au Québec. Je me plongerai dans les catalogues d’exposition de cinq artistes lauréates de ce prix au cours des dernières années. Parce que les arts illuminent les jours, toujours.
Je lirai (et regarderai)
- Nadia Myre – Waves of Want, édité par le Musée des beaux-arts du Canada
- Geneviève Cadieux, paru aux Éditions de Mévius – 1700 La Poste
- Dominique Blain – Déplacements, édité par le Centre culturel canadien à Paris et Skira
- Angela Grauerholz – Épuiser l'image, édité par le Musée canadien de la photographie contemporaine
- Raymonde April – Traversée, paru aux Éditions de Mévius – 1700 La Poste
Jazz 2025 avec Véronique
J’ai un peu délaissé le jazz dans la dernière année et ça me manque. Je compte donc rattraper le temps perdu en écoutant des albums parus en 2025.
J’écouterai
- Ride Into the Sun, de Brad Mehldau : hommage au prodige du rock parti trop jeune Elliott Smith.
- Belonging, du Branford Marsalis Quartet : réinterprétation d’un album enregistré par le pianiste Keith Jarrett en 1974.
- Gadabout Season, de Brandee Younger : harpe jazz.
- About Ghosts, de Mary Halvorson : guitariste d'avant-garde.
- Solace of the Mind, d’Amina Claudine Myers : vétérane du piano jazz.