5 autrices francophones écrivant aux 4 coins du monde

Riche et diversifiée, la littérature francophone rayonne partout à travers le monde. Les femmes sont de plus en plus nombreuses à publier. Pourtant, elles sont souvent bien moins visibles que les auteurs masculins. Voici donc cinq autrices de tous les continents qui prennent la plume dans la langue de Molière.

Littérature

1. Chantal T. Spitz, Polynésie française

Originaire de Pape’ete (Tahiti), Chantal T. Spitz est écrivaine et éditrice en chef de la revue littéraire Littéramā’ohi, qui fait la promotion des littératures autochtones de la Polynésie française. 

Elle fait paraître en 1991 L'île des rêves écrasés, devenant la première écrivaine tahitienne autochtone à publier un roman. Cette saga familiale crée une véritable onde de choc à sa sortie. Dans un style inspiré de la tradition orale, l’autrice brise les clichés occidentaux véhiculés sur la Polynésie. Affirmant que son pays « n’est pas une carte postale », elle encourage la réappropriation d’une histoire qui fut longtemps racontée d’un point de vue colonial.   

Chantal T. Spitz publie par la suite une variété de poèmes, d’essais et de romans dans lesquels elle poursuit son travail de dénonciation des mythes néocoloniaux : Hombo – Transcription d'une biographie (2002), Elles, terre d'enfance, roman à deux encres (2011), Cartes postales (2015), pour lequel elle reçoit le prix Popaï Littérature du Pacifique 2016, Et la mer pour demeure (2022) et Nous autres (2025). 

2. Yanick Lahens, Haïti

Native d’Haïti, Yanick Lahens passe une partie de sa vie à Paris avant de revenir dans son pays natal pour y enseigner la littérature. Après sa carrière d’enseignante, elle s’implique dans le milieu culturel et littéraire haïtien. Elle publie son premier roman, Dans la maison du père, en 2000. Depuis, elle a reçu plusieurs distinctions, dont le prix Femina pour Bain de lune (2014) et le Grand Prix du roman de l’Académie française pour son plus récent ouvrage, Passagères de nuit (2025).  Haïti est au cœur de chacun de ses récits et les femmes y occupent une place essentielle. Yanick Lahens tisse leurs destinées imaginaires en dévoilant les zones sombres et souvent silencieuses de l’Histoire. 

3. Djaïli Amadou Amal, Cameroun

Écrivaine et militante féministe, Djaïli Amadou Amal est surnommée « la voix des sans-voix ». Mariée sans son consentement à 17 ans, elle tire de son expérience personnelle un engagement puissant contre les mariages forcés et les violences infligées aux femmes. En 2020, elle remporte le Goncourt des lycéens avec son roman Les impatientes. Le récit, qui fait écho à sa propre histoire, met en scène deux jeunes filles mariées contre leur gré. Ses œuvres suivantes, Cœur de Sahel (2022) et Le harem du roi (2024), prolongent ce combat en dénonçant, elles aussi, les multiples formes de violence subies par les femmes. Par son écriture engagée, Djaïli Amadou Amal est une figure majeure de la lutte pour les droits des femmes. 

4. Hyam Yared, Liban

Écrivaine et poétesse, Hyam Yared est également une défenseuse de la liberté d’expression, tant dans la presse que dans la littérature. Sa ville natale, Beyrouth, sert de toile de fond à ses romans, telle une mémoire vivante et blessée par les guerres. Dans son roman Sous la tonnelle (2009), elle évoque le souvenir de sa grand-mère durant la guerre civile de 1975. Le fil rouge de son œuvre demeure la quête de liberté et d’émancipation des femmes confrontées à l’héritage des traditions conservatrices et à la récurrence des violences : de la jeune fille persécutée par sa mère dans La malédiction (2012) à la quadragénaire libanaise récemment divorcée et bouleversée par sa rencontre avec une femme transgenre dans Nos longues années en tant que filles (2020). 

Hyam Yared publie aussi trois recueils de poésie, dont  Naître si mourir (2015) dans lequel elle explore les thèmes de la naissance, de la mort et du corps dans un style intime et radical.  

Elle remporte le prix France-Liban en 2007 pour L’armoire des ombres. 

5. Anne-Sophie Subilia, Suisse

Née à Lausanne, Anne-Sophie Subilia est enseignante, écrivaine et poétesse. De 2009 à 2011, elle fait des études à Montréal, ce qui lui inspire le roman Jours d’agrumes (2013). Celui-ci, tout comme son roman L’épouse (2022)s’attarde aux états d’âme de femmes qui cherchent à donner un sens à leur existence. En revanche, ses ouvrages Parti voir les bêtes (2016) et Neiges intérieures  (2020) s’intéressent à l’importance de la nature et aux dangers que représentent l’urbanisation et la modernité. Le thème des voyages est aussi bien présent dans l’ensemble de son œuvre.  

Anne-Sophie Subilia a remporté des prix pour ses romans Neiges intérieures et L’épouse.   

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