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Journal de voyage d'Anne-Marie Palardy et de son mari Julien-Édouard-Alfred Dubuc

« Notre tour de France en automobile » : le journal de voyage d'Anne-Marie Palardy et de son mari Julien-Édouard-Alfred Dubuc, industriel de Chicoutimi (du 5 décembre 1909 au 5 février 1910)

BAnQ Saguenay, fonds Famille Dubuc, (P1,S1,SS8,P1)

L'invention de l'automobile à la fin du XIXe siècle par l'allemand Karl Benz a révolutionné non seulement le secteur des transports, mais aussi la façon de voyager. En décembre 1909, lorsque Julien-Edouard-Alfred Dubuc et son épouse Anne-Marie Palardy quittent Paris à bord d'une Renault de type taxi pour se rendre en pèlerinage à Lourdes et dans le sud de la France, l'histoire du tourisme automobile en est à ses premiers balbutiements. Cette « course » de plus de 4 600 kilomètres qu'entreprennent les Dubuc à travers la France témoigne non seulement de la rapidité avec laquelle il est dorénavant possible de se déplacer, mais surtout de l'accessibilité nouvelle de certains lieux demeurés jusque là isolés malgré le développement du chemin de fer.

Anne-Marie Palardy, lors d'un voyage en France.

Anne-Marie Palardy, épouse de l'industriel J.E.A.
Dubuc de Chicoutimi, lors d'un voyage en France
effectué en décembre 1909 et janvier 1910.
(Cote: P60,S1,D1,P75)

C'est sur un ton très personnel que madame Palardy entreprend de livrer dans les moindres détails ses impressions sur les lieux qu'elle visite et les gens qu'elle rencontre. De Bordeaux au petit village de Provence, Anne-Marie Palardy nous communique avec sensibilité sa perception de cette France qu'elle découvre et redécouvre avec un plaisir renouvelé de jour en jour.

Préférant la tranquillité de la campagne, les Dubuc fréquentent surtout « les petits hôtels de province [...] sans cérémonie », mais ils séjournent aussi à quelques reprises dans des endroits plus chics. Dans ces établissements plus « sélects », ils rencontrent des gens du « grand monde », comme le ministre des Finances de la France ainsi que des comtes et des comtesses, ce qui ne semble pas vraiment plaire à madame Palardy. Elle se dit intimidée de converser avec ces gens : « C'est le grand monde [...] et les mondains raffinés ». Une discussion avec l'aviateur Louis Blériot lors d'une des rencontres les plus surprenantes que font les Dubuc au cours de leur voyage, semble toutefois passionner madame Palardy et son mari. À cette époque, Louis Blériot vient tout juste de réaliser l'exploit qui le rendra célèbre à travers le monde : la première traversée de la Manche en avion.

Dans ce journal, Anne-Marie Palardy nous fait également part de ses angoisses et de ses tourments. Si l'on n'est guère surpris de la place qu'occupent la spiritualité et la religion dans ses écrits, on l'est beaucoup plus par l'attention qu'elle porte à sa santé et plus particulièrement à son poids. Madame Palardy étant toute menue, l'un des objectifs du voyage est de lui faire prendre du poids et de l'aider à retrouver l'appétit grâce à l'excellente cuisine française! Le 12 janvier 1910, elle se félicite enfin : elle pèse 112 livres.

Julien-Edouard-Alfred Dubuc à bord d'une Renault

Julien-Edouard-Alfred Dubuc à bord
d'une Renault, en compagnie de son
chauffeur Pierre, lors d'un voyage en
France entre décembre 1909 et
janvier 1910.
(Cote: P60,S1,D1,P78)

Fondateur de la Compagnie de Pulpe de Chicoutimi en 1896, J.E.A. Dubuc devient, avant la Première Guerre mondiale, le plus grand producteur de pulpe au monde. Il participe à plusieurs grands projets de développement économique dans la région du Saguenay, dont la fondation des papeteries de La Baie et Chandler, et la promotion d'une liaison ferroviaire entre Chicoutimi et la Baie des Ha!Ha! Après la faillite de son empire, il se lance en politique et siège comme député libéral de Chicoutimi à la Chambre des communes pendant près de deux décennies (de 1925 à 1945). Quant à son épouse, nous savons très peu de choses à son sujet, si ce n'est qu'elle décède bien avant son mari, en 1928, à l'âge de 58 ans. La résidence secondaire des Dubuc la Villa Marie a d'ailleurs été baptisée en son honneur. Située au Portage des Roches, en bordure de la baie de Moncouche, sur le lac Kénogami, cette villa est devenue célèbre par les gens qui l'ont fréquentée (Félix-Antoine Savard, notamment).

Présenté sous forme de lettres à ses enfants et sur le ton de la confidence, le journal d'Anne-Marie Palardy saura éveiller l'intérêt de tous ceux qui sont attirés par cette période glorieuse du développement des transports et des communications, par les débuts du tourisme automobile, mais aussi par l'esprit de cette Belle Époque et l'histoire de la bourgeoisie canadienne-française.

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