« A » comme Atu’tukuej

Atu’tukuej n’est pas une incantation énigmatique. Ce mot signifie simplement « écureuil » en langue micmac. Ce nom commun, parmi tant d’autres, est consigné par le père capucin Pacifique de Valigny dans son recueil d’expressions et de mots micmacs.

Histoire du Québec (1867-1944) Langues Peuples autochtones Archives privées
Recueil d’expressions et de mots micmacs, entre 1927 et 1943
Recueil d’expressions et de mots micmacs, entre 1927 et 1943. Archives nationales à Rimouski, fonds Mission des Pères Capucins de Sainte-Anne-de-Ristigouche (P9, S8, SS1, D18, P1)
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« L » comme Lnu’k

Les ancêtres des Micmacs se nommaient entre eux Lnu’k, c’est-à-dire « les gens », et vivaient sur un territoire comprenant la Nouvelle-Écosse, l’Île-du-Prince-Édouard et une partie du Québec, de Terre-Neuve et de la Nouvelle-Angleterre. Traditionnellement, les Micmacs du Québec, établis principalement dans la péninsule gaspésienne, vivaient de la pêche hauturière, mais à la fin du XVIIIe siècle, plusieurs d’entre eux devinrent bûcherons, ouvriers ou travailleurs de la construction. De nos jours, les trois communautés de Listuguj, de Gesgapegiag et de Gespeg comptent plus de 5000 membres dont la moitié environ parlent micmac. 

Faisant partie de la famille des langues algonquiennes, le micmac ne fut représenté sous forme écrite qu’à partir du XVIIe siècle. C’est au début du XXe siècle qu’entre en jeu un missionnaire qui consignera le vocabulaire micmac de la Gaspésie.

« P » comme Pa’tlia’s

Pacifique de Valigny, baptisé Henri-Louis-Joseph Buisson en 1863 à Valigny, en France, est ordonné prêtre capucin en 1886 à Vic, en Espagne. En 1890, ses supérieurs l’envoient enseigner la philosophie à Ottawa; quatre ans plus tard, il est dépêché chez les Micmacs de Sainte-Anne-de-Ristigouche, où il œuvrera comme missionnaire jusqu’en 1931. 

Ce pa’tlia’s, prêtre missionnaire, apprendra alors leur langue et rédigera un dictionnaire et des ouvrages historiques sur cette communauté, ainsi que sur le Régime français et sur les Acadiens. Dans son recueil d’expressions et de mots micmacs, Valigny emploie une forme alphabétisée qui tient à la fois du français et d’une orthographe créée par les Micmacs du Québec au XVIIIe siècle.

Pour en connaître davantage sur les micmacs ou sur le père Pacifique de Valigny, consultez le fonds Mission des Pères Capucins de Sainte-Anne-de-Ristigouche (P9), conservé aux Archives nationales à Rimouski. 

Pour aller plus loin

Chapdelaine, Claude et autres, Aux couleurs de la Terre – Héritage culturel des Premières Nations, Montréal, Musée McCord d’histoire canadienne, 1992, 127 p.

Drapeau, Lynn, « Les langues autochtones du Québec – Bilan de l’instrumentalisation et de la modernisation dans les langues autochtones dans la perspective de l’aménagement du corpus », Conseil supérieur de la langue française, Gouvernement du Québec.

Drapeau, Lynn, Les langues autochtones au Québec : un patrimoine en danger. Québec, Presses de l’Université du Québec, 2011, 222 p. 

Gouvernement du Québec, portrait du Québec, Premières Nations et Inuits, profil des nations, Micmacs.

Gouvernement du Canada, Langues autochtones – Lexiques, dictionnaires et ressources pour la rédaction. Lexique micmac-anglais (Mi'kmaw Kina'matnewey). 

Cet article a d'abord été publié sur le blogue Instantanés des Archives nationales du Québec le 5 octobre 2015.