Publicité du bateau à chevaux L'Edmond, 16 avril 1823
Annonce « Le bateau à chevaux L’Edmond » parue dans La Gazette canadienne, 16 avril 1823, p. 3.

Aller-retour Longueuil-Montréal… en bateau à chevaux !

Le bateau à chevaux, ça vous dit quelque chose ? Peu connus aujourd’hui, ces traversiers mus par la force animale étaient présents sur les eaux canadiennes au XIXe siècle, s’immisçant entre la voile et la vapeur.

Histoire du Québec (1760-1867) Sciences et technologies

Les chevaux au service du transport maritime

Le bateau à chevaux se compose d’une barge accompagnée de deux roues à aubes. Sur le pont, autour d’une sorte de tourniquet, des chevaux – généralement au nombre de deux à six – trottinent afin d’actionner le mécanisme des roues. L’embarcation peut être couverte, mais de façon partielle seulement, laissant les passagers vulnérables aux éléments. Utilisés pour faire la navette entre les rives d’un cours d’eau, les bateaux à chevaux sont répandus un peu partout au Canada, par exemple entre Montréal et Longueuil ainsi qu’entre Lachine et Châteauguay.

Le bateau L’Edmond est parmi les premiers de la sorte à faire la navette entre Longueuil et la métropole. Une annonce parue dans le journal La Gazette canadienne en avril 1823 renseigne sur les tarifs de fret et de passage : il en coûte quatre pence pour un piéton, 10 pence pour une personne à cheval, un shilling pour une charrette et son cheval, etc. La traversée dure une heure et, si elle a un certain charme, ce charme est surtout rustique : cochons, bœufs, vaches, moutons, calèches et charrettes sont également admis à bord.

Illustration d’un bateau à chevaux en usage dans la région de Toronto au XIXe siècle. John Ross Robertson, « The second ferry horse boat », Robertson’s Landmarks of Toronto, vol. 2, p. 763.
Photo: © Créateur inconnu
Illustration d’un bateau à chevaux en usage dans la région de Toronto au XIXe siècle. John Ross Robertson, « The second ferry horse boat », Robertson’s Landmarks of Toronto, vol. 2, p. 763.

L’activité des traversiers est encadrée par de la réglementation qui s’applique notamment aux tarifs, aux heures et au nombre de départs, à la concurrence ainsi qu’aux installations pour le débarquement et l’embarquement. Les règlements précisent également que « le traversier sera obligé de tenir à son service des hommes sobres et capables et d’avoir en bon état le bateau, les chevaux et tous ses agrès » (Le Spectateur canadien, 7 juin 1823). Voilà qui est rassurant !

La propulsion à vapeur détrône le cheval

Bien que rudimentaires, les bateaux à chevaux sont plus économiques, sécuritaires et fiables que les bateaux à vapeur dernier cri, dont les risques d’explosion sont élevés. L’évolution de la technologie à vapeur aura toutefois raison d’eux. Les traversiers à chevaux disparaîtront peu à peu durant la deuxième moitié du XIXe siècle.

Cet article est la version révisée d’un texte publié dans Le Courrier du Sud le 23 novembre 2022.