Lydia Mestokosho-Paradis et Kiana Oronhién’a:wi Cross, les deux artistes en résidence artistique, lors de visite de la Bibliothèque nationale
Lydia Mestokosho-Paradis et Kiana Oronhién’a:wi Cross, les deux artistes en résidence artistique, lors de visite de la Bibliothèque nationale en présence de Marie-Pierre Gadoua et Isabelle Robitaille de BAnQ.
Photo: © Michel Legendre

Rendre hommage aux autochtones et déconstruire les stéréotypes avec Kiana Oronhién’a:wi Cross et Lydia Mestokosho-Paradis

Faire honneur aux autochtones représentés dans les photos d’archives et documents anciens conservés par BAnQ. Voilà ce que Kiana Oronhién’a:wi Cross et Lydia Mestokosho-Paradis, deux artistes autochtones en résidence artistique à BAnQ, veulent réaliser par leurs œuvres projetées sur la façade de la Grande Bibliothèque jusqu’au 30 novembre 2022.

Lundi 21 novembre 2022 Lecture de min.

Au cours de l’été 2022, les artistes originaires d’Eukuanitshit (Côte-Nord) et Kahnawà:ke (Rive-Sud de Montréal) ont participé à une résidence à BAnQ dans l’objectif de faire vivre les collections conservées par l’institution à travers des œuvres numériques. Leurs créations ont été projetées sur la façade de la Grande Bibliothèque, au cœur de Montréal, en septembre et en novembre 2022, et vous pouvez dès maintenant les découvrir!

La démarche des artistes

Lydia a toujours considéré les centres d’archives et les bibliothèques comme des lieux contenant des trésors et des petits bouts d’histoire orale qui sont transmis par les aînés des communautés.

« Avec ma vidéo, je veux dire au monde que nous sommes encore présents, et nos cultures aussi. Ça sera un baume sur le cœur des aînés qui ont travaillé fort pour garder nos traditions vivantes. Projetées sur la Grande Bibliothèque, ces images pourront aussi, je l’espère, faire du bien aux autochtones en situation d’itinérance dans les rues de Montréal. »

- Lydia Mestokosho-Paradis

En réalisant ce projet, elle a voulu dévoiler à la jeunesse autochtone l’existence et la richesse des collections de BAnQ, tout en amorçant un dialogue avec le public non autochtone. Son œuvre rend hommage aux aînés de sa communauté en les remerciant d’avoir gardé leurs traditions vivantes. C’est en tant que femme innue de la communauté d’Eukuanitshit, agente culturelle et artiste que Lydia espère ainsi transmettre à son tour des éléments de l’histoire de sa culture.

« Cette image trouvée dans les collections de BAnQ me rappelle les deux univers dans lesquels j’habite. Peu importe ce que cette aquarelle voulait dire au départ (était-ce une projection dans le temps, un projet de colonisation, un objectif de faire disparaître nos cultures?), il était important pour moi de mettre de l’avant l’homme en habits traditionnels, et de rendre hommage à son esprit en lui disant : regarde, tu es encore vivant sur cet édifice contemporain au milieu d’une grande ville! »

- Kiana Oronhién’a:wi Cross
Planche en couleur provenant de George Catlin (1797-1872), "Catlin's North American Indian portfolio : hunting scenes and amusementes of the Rocky Mountains and prairies of America : from drawings and notes of the author, made during eight year's travel amongst forty-eight of the wildest and most remote tribes of savages in North America", London, G. Catlin, 1844. Collection de la Bibliothèque nationale.
Planche en couleur provenant de George Catlin (1797-1872), London, 1844. Collection de la Bibliothèque nationale.

Kiana, artiste multidisciplinaire en arts imprimés, design et musique, s’inspire du mouvement artistique qu’on appelle « futurisme autochtone ». En posant un regard contemporain sur les éléments traditionnels des cultures des Premières Nations, son art vise à déconstruire les stéréotypes et les clichés sur les autochtones, et à actualiser dans le temps leurs traditions. Depuis toujours, l’art est un outil qui lui permet de naviguer dans le monde qui l’entoure et de le comprendre. Le fait d’habiter dans une réserve qui a des liens étroits avec Montréal, Kahnawà:ke, a influencé sa démarche artistique.

Les deux artistes ont relevé avec brio le défi de faire découvrir au public des documents anciens en lien avec l’histoire des peuples autochtones du Québec.

Pour en découvrir davantage sur ces collections :

Certaines descriptions de documents contiennent des termes qui pourraient offenser la personne qui les lit. Ces termes ont été utilisés par les créateurs des documents dans le passé et ne représentent pas les valeurs véhiculées par BAnQ.

Cette résidence fut réalisée dans le cadre d’un partenariat mené par BAnQ, LOJIQ – Les Offices jeunesse internationaux du Québec, Présence autochtone et Terres en vues.

BAnQ soutient les réappropriations culturelles de ses collections par les communautés et artistes autochtones à travers leurs propres mots, créations et messages.