Salut, Jean-Pierre!

Gros plan sur trois années phares de la longue et fructueuse carrière du regretté auteur-compositeur-interprète : 1958, 1970 et 1995.

Histoire du Québec (1945-1979) Histoire du Québec (1980 à aujourd’hui) Musique
Homme assis dans une chaise berçante.
Jean-Pierre Ferland. Fonds La Presse, Archives nationales à Montréal. Photographe : Pierre McCann.

1958 : Ferland joue les Bozos

Début 1958. Ferland quitte un emploi à Radio-Canada pour s’essayer à la chanson. Après des débuts solo prometteurs, il affûtera sa plume au sein des Bozos (p. 17). Cette troupe singulière conjugue les talents de Clémence DesRochers, Claude Léveillée, Jacques Blanchet, Hervé Brousseau, Pierre Brabant et Raymond Lévesque. Elle est à l’origine de la première boîte à chansons québécoise, Chez Bozo, rue Crescent, à Montréal, qui devient rapidement une destination courue. 

L’aventure des Bozos sera brève – à peine un an –, mais marquante. Elle permet à Ferland d’apprivoiser la scène et de fidéliser un petit public. On peut y voir le tremplin qui lance sa carrière. De là, l’artiste accumulera les disques, les spectacles et les distinctions. En 1968, il obtient le grand prix de l’Académie Charles-Cros pour son huitième album. Le voilà au sommet de son art. Mais…

1970 : Oser le « Jaune »

Fouetté par l’OsstichoFerland décide de se « mettre en danger », en d’autres mots, d’aller plus haut et plus loin. L’année 1970 sera haute en couleur. Couleur Jaune, plus précisément, avec la sortie de l’album du même chrome. Nouvelle approche, en phase avec les tendances musicales du jour, développée avec l’aide de Michel Robidoux et une bande de musiciens américains.

Dans la foulée suivra une série de spectacles ambitieux, livrés un peu partout au Québec et dans quelques coins du Canada : un tour de chant où il se produit accompagné de 70 musiciens. Il confie aussi à La Presse (p. 4) qu’il planche sur un projet d’opéra rock, Les filles du Roy… 

La popularité de Jaune s’est maintenue au fil des ans. Son aura a grandi. En 2008, l’œuvre se hisse au 1er rang d’un grand palmarès des meilleurs albums québécois préparé par La Presse. À cette occasion, Ferland revient sur la gestation de Jaune dans une entrevue fascinante (La Presse, p. 4) : « Un disque né dans la douleur », confie-t-il.

1995 : « Quand on aime, on a toujours… Ferland »

À l’été 1995, Jean-Pierre Ferland livre un spectacle mémorable en clôture des FrancoFolies de Montréal. Il partage la scène avec une foule d’artistes – entre autres Laurence Jalbert, Marie Carmen, Térez Montcalm et, le temps d’une chanson en duo, la grande Ginette Reno. « Quand on aime, on a toujours… Ferland », titre La Presse, le 13 août 1995 (p. 7), dans un article dithyrambique qui donne envie de remonter le temps.

Ce concert suit de quelques mois la parution d’Écoute pas ça, succès public et critique. Un album dépouillé qui surprend par sa facture. Essentiellement axé sur les guitares, il se distingue par un son différent que Ferland cherchait depuis longtemps… et qu’il a enfin trouvé, confie-t-il au quotidien Le Droit (p. 4)« Durant toute ma carrière, ce sont des pianistes qui ont fait les arrangements de mes chansons, des chansons que j’écrivais à la guitare ».

2024 : Ultime révérence

27 avril 2024. Le rideau tombe sur une carrière longue et fructueuse. Jean-Pierre Ferland tire sa révérence, laissant en partage quantité de chansons immortelles. Chacun a les siennes. Nous partageons avec vous quelques-unes des nôtres.

Pour aller un peu plus haut, un peu plus loin…


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