Travaux de construction du pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine
Vue aérienne du chantier de construction du pont-tunnel, 1966. Archives nationales du Québec à Montréal, fonds La Presse (P833, D1966-0329).
Photo: © Jean-Yves Létourneau

Une œuvre du génie québécois : le pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine

La célèbre voie rapide inaugurée en 1967 subit une cure de rajeunissement bien méritée. Retour sur son histoire et sa conception.

Histoire du Québec (1945-1979) Sciences et technologies

Une ouverture attendue

Les cérémonies officielles entourant l’inauguration du pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine, qui relie Montréal à la rive sud du Saint-Laurent, ont lieu le samedi 11 mars 1967, soit quelques semaines avant l’ouverture de l’Exposition universelle de Montréal. Outre les nombreux automobilistes impatients d’utiliser cette nouvelle voie rapide, des centaines de personnes assistent à l’événement.

Parmi les invités et dignitaires se trouvent notamment le premier ministre du Québec, Daniel Johnson; le chef de l’opposition officielle du Québec, Jean Lesage; l’évêque auxiliaire de Montréal, Mgr Paul Grégoire; le coordonnateur du chantier, Roger Leblanc; le maire d’Ottawa, Jules Morin; et le maire de Montréal, Jean Drapeau.

Le projet de pont-tunnel remonte à octobre 1960, alors que les gouvernements fédéral et provincial signent une entente pour la construction d’une section de la route Transcanadienne sur le territoire québécois qui reliera l’Ontario à Rivière-du-Loup. Pour plus d'informations sur cet ambitieux projet routier pancanadien, consultez la Ligne du temps de BAnQ. Pour sa part, le projet du pont-tunnel est officiellement lancé en mai 1962, et le chantier débute le 15 juillet 1963. 

Quelques semaines plus tard, environ 300 familles de Longue-Pointe sont expropriées ou relocalisées, malgré les protestations et les manifestations. La démolition de l’église Saint-François-d’Assise et du presbytère de Longue-Pointe a lieu au printemps 1964. Pour les concepteurs du projet, ces expropriations et démolitions sont un moindre mal : la construction d’un pont suspendu aurait défiguré le paysage et détruit non seulement le quartier entier de Longue-Pointe, mais également une partie de la ville d’Anjou.

Vue aérienne de l’entrée nord et des tours de ventilation du pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine, 1967. Archives nationales à Montréal, fonds Ministère de la Culture et des Communications (E6, S7, SS1, D670497 à 670530).
Photo: © Gabor Szilasi
Vue aérienne de l’entrée nord et des tours de ventilation du pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine, 1967. Archives nationales à Montréal, fonds Ministère de la Culture et des Communications (E6, S7, SS1, D670497 à 670530). Photo: Gabor Szilasi.

Le génie québécois à l'oeuvre

La conception de l’ouvrage routier relève d’une société conjointe d’ingénieurs-conseils regroupant les firmes Brett & Ouellet, Lalonde & Valois (qui fait aujourd’hui partie du groupe SNC-Lavalin) et Per Hall et associés. L’option d’un pont-tunnel – le plus grand tunnel sous-marin au Canada – est privilégiée considérant les coûts et la complexité de construction d’un pont qui aurait enjambé la voie maritime du Saint-Laurent. D’une longueur de 1,5 kilomètre et d’une profondeur de 24 mètres, le tunnel sous-marin rejoint un pont de près de 460 mètres de longueur situé sur l’île Charron. La pente du tunnel s’incline à 4,5 %, et trois tubes le composent : deux pour la circulation automobile sur trois voies, et un troisième qui assure l’aération du tunnel. Deux tours de ventilation, situées aux deux extrémités de l’ouvrage, sont reliées aux ensembles tubulaires.

Intérieur du pont-tunnel, 1967. Archives nationales à Montréal, fonds Ministère de la Culture et des Communications (E6, S7, SS1, D670434-670439).
Photo: © Adrien Hubert
Les voies de circulation à l'intérieur du pont-tunnel, 1967. Archives nationales à Montréal, fonds Ministère de la Culture et des Communications (E6, S7, SS1, D670434-670439). Photo : Adrien Hubert.

Saviez-vous que?

  • La construction du pont-tunnel n’a jamais empêché la navigation sur la voie maritime.
  • Environ 600 emplois réguliers ont été créés et qu’au plus fort du chantier, plus de 2 500 ouvriers y travaillaient.
  • Avant le début des travaux majeurs de réfection à l’automne 2022, environ 130 000 véhicules empruntaient le pont-tunnel quotidiennement.
  • Le pont-tunnel a été nommé en l’honneur de l’homme politique Louis-Hippolyte La Fontaine (1807-1864), né à Boucherville.

Cet article est la version révisée d’un texte publié dans Le courrier du Sud le 18 octobre 2022.