L’exposition provinciale, une vitrine sur le Québec

À la fin du XIXe siècle, la ville de Québec concurrence les plus grandes expositions mondiales. Agriculture, artisanat et industrie, l’exposition provinciale de Québec est l’occasion idéale pour se divertir. Retour sur l’origine d’ExpoCité.  

Architecture Histoire du Québec
Deux hommes se tiennent devant l'entrée principal du parc de l'exposition de 1926
Entrée principale du parc de l'exposition provinciale de Québec, 1926. Archives nationales à Québec, fonds L'Action catholique (P428, S3, SS1, D17, P53). Photo : T. Lebel.

Foire agricole et commerciale

En 1892, Philippe Landry, agronome et homme politique, crée la Compagnie de l’Exposition de Québec dans une volonté d’offrir un événement d’envergure à la ville de Québec. C’est en 1894 que se tient la première exposition provinciale, héritière des grandes foires agricoles du XIXe siècle. En 1912, après la banqueroute de la compagnie, la Ville devient propriétaire des installations et perpétue la tradition de l’exposition.

L’événement deviendra annuel et l’ensemble du peuple québécois sera invité à y participer. Alors que plusieurs foires agricoles se tiennent dans la province durant l’été, l’exposition provinciale de Québec se déroule à la fin de la saison pour permettre aux gagnants des foires régionales de prétendre aux différents titres du Mérite agricole du Québec.

L’exposition provinciale de Québec est la plus grande exposition agricole du Québec et de l’est du Canada. C’est également une gigantesque foire commerciale. On construit en 1898 le Palais de l’industrie. Dans ce temple du génie québécois, les innovations technologiques les plus récentes sont présentées à la population: les premières voitures, les premiers avions et même les premiers chauffe-eau, signe du progrès et de la modernité qui atteignent le Québec de l’époque. 

Bien vite, les installations vieillissantes de l’exposition de Québec ne soutiennent plus les ambitions de la Ville. En 1913, celle-ci fait construire le Palais des arts (ou le Pavillon des arts domestiques), qui met en valeur l’artisanat du Québec. Suivra en 1915 le Palais central, qui devient le centre administratif de la Commission de l’exposition et assure la restauration, la poste, la télégraphie, etc. Ces nouveaux bâtiments contribuent au développement et au rayonnement de l’exposition.

Au cours des années 1920, les installations continuent de se moderniser et le Palais de l’industrie est reconstruit. Les terrains de l’exposition provinciale de Québec sont aménagés pour devenir un grand parc urbain. Une grande allée relie le Palais central et le Palais de l’agriculture (1930-1931),construit dans la foulée de politiques pour combattre le chômage lors de la Grande Dépression. Ce dernier, parfois surnommé le colisée, accueille les concours d’animaux qui couronnent les meilleures bêtes. Il peut accueillir jusqu’à 5000 personnes.

Fête foraine

Hot-dogs, boissons froides et barbes à papa sont à l’honneur à l’exposition provinciale de Québec pour la plus grande joie des petits et des grands. L’exposition est un bon prétexte pour organiser une fête foraine et devient une destination familiale. Dès 1912, les premiers manèges sont installés pour distraire les visiteurs, dont une grande roue et des montagnes russes. On peut aussi rencontrer artistes de rue, diseuses de bonne aventure et vendeurs de crème glacée. Le bingo, une activité de financement, devient rapidement l’une des attractions les plus populaires de l’exposition. 

Le sport fait également partie de la fête. Un nouvel hippodrome est construit sur le site en 1898 avec une estrade de 1000 places. En 1915, il est rénové pour pouvoir accueillir 7500 personnes, signe de la popularité grandissante de l’événement. On y organise des courses de bicyclettes, de chevaux et d’automobiles. De 1912 à 1940, ce sont les courses de chevaux qui constituent l’événement sportif le plus couru. Signe que l’exposition provinciale et le sport ont toujours été intimement liés, en 1942, le maire de Québec décide de transformer le Palais de l’agriculture en patinoire pour accueillir une équipe de hockey. C’est la consécration du Colisée de Québec.

L’exposition provinciale de Québec a jadis servi à mettre en valeur la ville de Québec afin de favoriser son économie et sa réputation. Avec les années, l’ensemble du peuple québécois s’est approprié cet événement pour en faire une fête célébrant l’agriculture, l’artisanat et l’industrie du Québec. Hommage au génie québécois, l’exposition est reconnue pour son ampleur, son architecture et son offre de divertissements. Bien que l’événement soit aujourd’hui disparu, plusieurs des infrastructures d’antan sont toujours là et continuent d’accueillir des milliers de visiteurs chaque année sur le site d’ExpoCité.

Pour aller plus loin 

Vous sentez-vous en voix pour entonner un hymne à l’agriculture? Composé pour l’Ordre du Mérite agricole, le chant célèbre un passé idéalisé où se côtoient foi catholique, chevalerie et politique. C’est un spécimen intéressant de la littérature du terroir du début du XXe siècle.    

Oscar O’Brien et Maurice Morisset, La Marseillaise de l’Habitant, Montréal, Charles Marchand [1925].