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Qui sont les artisans à l’origine de la bibliothèque Saint-Sulpice?

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Façade de la bibliothèque Saint-Sulpice
Façade de la bibliothèque Saint-Sulpice avec les trois vitraux principaux et les grilles en fer forgé.

Ce magnifique bâtiment qui ouvre ses portes en 1915 est l’œuvre d’une poignée d’intellectuels et d’artisans au savoir-faire incomparable.

La Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice a élaboré et financé le projet de création d’une bibliothèque publique et de recherche à Montréal au début des années 1900.

Aegidius Fauteux (1876-1941), rédacteur en chef du quotidien La Presse, est embauché par les Sulpiciens en 1912 pour diriger la bibliothèque, constituer sa collection et en assurer le bon fonctionnement. Fort de cette mission, il voyage autant au Canada qu’en Europe et aux États-Unis pour dénicher les ouvrages à acquérir. L’architecte Eugène Payette (1874-1959) remporte le concours d’architecture avec sa proposition de style Beaux-Arts.

Les travaux de construction sont confiés à l’entrepreneur Magloire Huberdeau et s’échelonnent de 1912 à 1914. L’Américain Bernard Richardson Green (1843-1914), concepteur des rayonnages de la plus grande bibliothèque d’Amérique, la Bibliothèque du Congrès des États-Unis, à Washington, est désigné pour concevoir les magasins de la bibliothèque Saint-Sulpice. Cette dernière bénéficiera ainsi des rayonnages les plus modernes de l’époque, qui sont aujourd’hui classés biens patrimoniaux.

Les magnifiques vitraux de l‘édifice sont de la maison Henri Perdriau (1877-1950), verrier d’origine française qui ouvre son atelier à Montréal en 1914. Situés sur la façade, les trois vitraux les plus élaborés symbolisent les Arts, la Religion et les Sciences. Le remarquable mobilier de chêne est réalisé selon les devis de Payette par une célèbre maison d’arts appliqués, la Bromsgrove Guild du Canada. Les torchères de bronze à l'entrée, les grilles en fer forgé de la porte (arborant le monogramme B.S.S.) ainsi que tout le placage de laiton de la bibliothèque proviennent de la fonderie montréalaise Robert Mitchell. Quant à la ferronnerie d’art, elle est probablement l’œuvre de la Dominion Architectural Iron Works Limited. Enfin, Guido Nincheri (1885-1973), un artisan d’origine italienne qui travaille pour Perdriau, réalise le bel ex-libris qui agrémente les documents de la bibliothèque.

La bibliothèque Saint-Sulpice, située au 1700, rue Saint-Denis, à Montréal, est classée monument historique depuis 1988 en vertu de la Loi sur les biens culturels. Le 31 janvier 2016, Bibliothèque et Archives nationales du Québec s’est vu confier le mandat de faire revivre la bibliothèque Saint-Sulpice par le ministère de la Culture et des Communications et la Ville de Montréal. La bibliothèque Saint-Sulpice abritera une bibliothèque destinée aux adolescents et un carrefour d’innovation et de création centré sur les nouvelles technologies.

Voyez des images d'archives de la bibliothèque Saint-Sulpice.

Pour en savoir plus

BERNARD, Annie, Inventaire des biens mobiliers et des éléments décoratifs de la bibliothèque Saint-Sulpice : 1700 rue Saint-Denis, Montréal, Montréal, ministère de la Culture et des Communications, Direction du patrimoine, 2006.

BRISEBOIS, Michel et Julie ROY, La Bibliothèque de « Ces Messieurs » : le livre chez les Sulpiciens en Nouvelle-France, Montréal, Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007, 53 p.

LASSONDE. Jean-René, La bibliothèque Saint-Sulpice, 1910-1931, Montréal, Bibliothèque nationale du Québec, 2001, 402 p.

Publié le 23 mars 2016

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