Une visite touristique du Québec, 1935-1980
La villégiature bourgeoise au Québec (XIXe-XXe siècles)
- Partie 3
Bien que le tourisme de circuit demeure avant tout l’affaire des aventuriers, les liaisons entre les villes et les principales destinations recréotouristiques se font de plus en plus en automobile. Par conséquent, les abords des principales routes et le voisinage des lieux touristiques se voient progressivement peuplés par les cabines, les motels, les terrains de camping, les cabanes à patates frites et les magasins de souvenirs. En Gaspésie par exemple, on compte environ 75 cabines en 1930 et plus de 300 à la fin de la même décennie.
Par contre, si la navigation fluviale et les chemins de fer avaient favorisé l’émergence de sites touristiques ponctuels, l’automobile et la route sauront créer un espace touristique continu et linéaire. L’automobile permettra désormais de fréquenter des sites auparavant inaccessibles par train et par bateau et modifiera considérablement la manière de voyager, en offrant la possibilité de choisir son itinéraire et de le modifier à sa guise, ou encore de se déplacer à son rythme et de s’arrêter là où on le désire.
La croissance touristique et l’intervention de l’État (deuxième moitié du XXe siècle) Les années qui suivent la Seconde Guerre mondiale seront marquées par une démocratisation du temps libre, des vacances et de la pratique touristique. De 1945 à 1975, on assiste d’ailleurs au passage d’un tourisme d’élite à un tourisme de masse, quelque peu anticipé par les années 1920 et l’essor de l’automobile.
L’amélioration des conditions de vie, l’accroissement du parc automobile et les nouvelles législations dans le monde du travail qui favorisent les vacances des travailleurs (fins de semaine, puis congés payés) donnent la chance à un plus grand nombre de profiter de l’été. La construction des premières autoroutes, à la fin des années 1950, permettra également de réduire le temps d’accès à certaines des destinations les plus éloignées. De fait, les clubs de chasse et de pêche se multiplieront entre 1950 et 1966, atteignant presque le nombre de 2000. De plus, à la villa bourgeoise des grandes stations estivales, succède peu à peu le petit chalet d’été au bord d’un lac, d’une rivière ou sur les rives du fleuve.
Poursuivant sur cette lancée, le tourisme va continuer à grandir et à se consolider sous l’impulsion d’un État-promoteur qui le conçoit de plus en plus comme un moyen de développement économique des régions éloignées et périphériques. Créé en 1961, le ministère du Tourisme interviendra directement dans l’aménagement des espaces et des installations récréotouristiques tels que les marinas, les terrains de camping, les haltes routières, les centres de ski alpin ou encore les centres d’interprétation. D’immenses territoires boisés et montagneux seront aussi intégrés dans le réseau des parcs provinciaux et fédéraux, des réserves fauniques, des zones d’exploitation contrôlées (ZEC) et des pourvoiries. La fréquentation des parcs et des réserves fauniques passera d’ailleurs de 170 000 visiteurs par jour à 2 205 000 entre 1960 et 1971. Finalement, soulignons le regain de popularité qu’ont connu, depuis les années 1980, les aménagements récréatifs linéaires, à savoir les sentiers de randonnée pédestre, les pistes cyclables et de ski de fond ainsi que les sentiers de motoneige qui sont devenus peu à peu un produit touristique de renommée internationale.
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