Une visite touristique du Québec, 1935-1980
La villégiature bourgeoise au Québec (XIXe-XXe siècles)
- Partie 2
L’avènement de l’automobile, au début du XXe siècle, et l’extension du réseau routier à partir des années 1910 vont changer la donne en favorisant l’ouverture à la pratique de la villégiature et du récréotourisme de nouveaux territoires jusque-là isolés, comme le Saguenay ou la Gaspésie. La popularité grandissante de ce moyen de transport va du même coup étendre la pratique touristique à un plus large éventail de la population. Cette période est également caractérisée par l’émergence d’un nouveau type de tourisme, le tourisme nomade ou itinérant.
Conscient du potentiel de cette nouvelle manne de touristes, en provenance surtout des États-Unis (déjà, en 1917, 7000 automobiles franchissent la frontière du Québec;, en 1929, elles seront près de 625 000), le gouvernement québécois entreprend, dès les années 1910, l’aménagement d’un vaste réseau routier. Dans le but d’accroître l’accessibilité du territoire québécois, celui-ci adopte la Loi des bons chemins (ou Good Road Policy) en 1911 et procède à la construction, entre 1912 et 1918, d’un premier réseau de « routes provinciales » sur une distance totale de 350 milles (563,6 km). De 1923 à 1933, le gouvernement produit un premier instrument promotionnel, soit le Bulletin officiel du ministère de la Voirie, qui sert à informer les touristes des conditions routières. Un Bureau provincial du tourisme, visant à favoriser le développement de cette industrie, est mis sur pied en 1926 et la première carte officielle du réseau routier de la province est publiée la même année.
Le Bureau provincial et les différents clubs automobiles du Québec publieront également dans les années 1920 et 1930 plusieurs guides destinés aux automobilistes tels que Voyez Québec d’abord (See Quebec First), Tours de fin de semaine et itinéraires de vacances suggérés aux automobilistes en 1926, Sur les routes du Québec en 1929 ou encore Guide de route du Club automobile de Québec / Motoring in the province of Quebec en 1934. Ces guides, tout comme l’ensemble de la promotion gouvernementale, mettent fortement l’accent sur le caractère pittoresque du Québec. De fait, les principales réalisations du gouvernement québécois, au cours des années 1920 et 1930, se caractérisent par l’affirmation des spécificités culturelles du Québec et plus particulièrement par la valorisation de sa « paysannerie canadienne-française » et de ses traditions. C’est d’ailleurs le début des tout premiers circuits touristiques, dont les fameux « tours » de l’île d’Orléans (1927), de la Gaspésie (1929) et du lac Saint-Jean (1932).
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