Au Québec, le tourisme s’est d’abord développé sur des sites reconnus pour la beauté de leurs paysages, pour les vertus de leur environnement (le grand air de la montagne ou du fleuve et de la mer) et pour leur accessibilité (par bateau
et surtout par train). Désireuse de renouer avec la nature, mais aussi d’échapper à la chaleur étouffante de la ville, d’un environnement de plus en plus surpeuplé et souvent insalubre, la bourgeoisie urbaine entreprend la construction des premières villas. De fait, villégiature, qui est un mot d’origine italienne, signifie « aller à la campagne ». Le XIXe siècle et les premières décennies du XXe seront donc caractérisés par la villégiature bourgeoise témoin d’une époque où seuls les mieux nantis pouvaient jouir en exclusivité de vastes territoires forestiers ou de la fraîcheur d’un bord de mer, tout l’été durant.
La villégiature fait son apparition au Québec au tournant des XVIIIe et XIXe siècles. Au départ, il s’agit surtout d’ue villégiature privée, constituée de villas et de petits domaines établis par les membres de l’élite de Québec et de Montréal dans leurs régions immédiates. Absorbés depuis par la ville et la banlieue, ces sites étaient disséminés principalement dans l’ouest de l’île de Montréal, sur les hauteurs du Mont-Royal, sur les rives de la rivière des Prairies, dans les petits villages francophones de Longue-Pointe et de Pointe-aux-Trembles de même qu’à Longueuil et à Varennes. À Québec, de jolies villas furent construites sur les hauteurs des falaises de la chute Montmorency, ainsi qu’à Sillery, à Sainte-Foy et sur les berges de la Saint-Charles.
La villégiature se développera également à bonne distance de la ville, comme à Kamouraska et à La Malbaie (Murray Bay) dès les premières décennies du XIXe siècle. Le début des liaisons par bateaux à vapeur en 1853, mais surtout l’avènement du chemin de fer en 1860, seront des facteurs déterminants dans le développement du tourisme de villégiature et de destination. Dès lors se développent de grandes stations de villégiature qui deviendront célèbres telles Cacouna, Métis-sur-Mer et Tadoussac. Au tournant du XXe siècle, plusieurs de ces lieux verront se dresser de somptueux hôtels destinés à une riche clientèle qui y transposera, le temps des vacances, ses habitudes et relations mondaines. Il subsiste aujourd’hui très peu de vestiges de ce type de villégiature; mentionnons le Manoir Richelieu, le Château Montebello et l’Hôtel Tadoussac.
Le chemin de fer joue également un rôle important dans le développement d’un tourisme sportif, notamment dans les Laurentides. Les Montréalais pourront se rendre par train à Sainte-Agathe pour y pratiquer la randonnée et le ski ou encore profiter des deux premiers grands parcs du Québec, créés en 1895, soit ceux de la Montagne-Tremblante et des Laurentides.
Les débuts du tourisme automobile (première moitié du XXe siècle)