Accueil Plan du site Courrier Portail Québec English Aide
Démarrer Pistard  »
 


Personnages de notre histoire

Les personnages d’une histoire aux multiples visages : l’Outaouais

« L’Outaouais. Une région entre deux mondes. Une région de frontières. Complexe, équivoque, fragile, forte. Une région aux multiples identités. Une région à découvrir. » Chad Gaffield (dir.), Histoire de l’Outaouais, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1994, p. 11.

Souvent identifiée comme « la vallée de l’Outaouais » ou associée à la région d’Ottawa, l’Outaouais est généralement présentée comme un lieu de passage sur la route des fourrures et une région majeure dans l’industrie forestière des XIXe et XXe siècles. Si ce portrait est vrai, il est plutôt réducteur et ne rend pas compte de la complexité et de la richesse de l’histoire de l’« ouest du Québec ».

L’Outaouais est véritablement une région entre deux mondes, aux multiples identités, qui a subi et subit encore tant la force d’attraction du Québec que celle de l’Ontario. Au début du XIXe siècle, cette région a été également colonisée par différents groupes linguistiques et ethniques : des francophones, des anglophones d’origine américaine, anglaise, écossaise ou irlandaise, de même que des germanophones. Aujourd’hui, les descendants des Graham, des McCann, des Kilbride, des Chevrier et des Trudeau côtoient donc ceux des Schwartz.

Cette région a aussi été marquée par des hommes et des femmes politiques, des entrepreneurs forestiers, des hommes d’affaires, des artistes, des prêtres, des francophones et des anglophones. Cette sélection de portraits a donc cherché à refléter cette diversité qui caractérise l’Outaouais : celle d’une société aux multiples visages.

Les clans Papineau et Bourassa…

Occupant une place toute particulière dans notre histoire politique, les Papineau ont également joué un rôle important dans l’histoire de l’Outaouais et surtout dans le développement de la seigneurie de la Petite-Nation. En 1801,le notaire Joseph Papineau (1752-1841) et sa femme, Marie-Rosalie Cherrier, font l’acquisition de cette seigneurie. En 1808, ils en confient l’administration à leur fils, Denis-Benjamin (1789-1854), qui deviendra un personnage clé dans la région. Papineau sera commissaire des terres de la Couronne, membre du Conseil exécutif, seigneur du fief de Plaisance et fondateur du village de Papineauville. En 1817, bien que Joseph Papineau vende la seigneurie de la Petite-Nation à son fils Louis-Joseph, Denis-Benjamin demeure l’administrateur de l’exploitation, en raison de l’engagement politique de son frère aîné. Pendant cette période, il s’occupera de peupler la seigneurie, d’y distribuer les terres et d’y développer l’exploitation forestière par la location des moulins à scie à des entrepreneurs locaux ou régionaux (qui reçoivent des permis de coupe moyennant une rente). De fait, il veillera à la gestion de cette seigneurie jusqu’au retour d’exil de Louis-Joseph en 1845.

Ayant épousé Azélie Papineau, fille de Louis-Joseph et de Julie Bruneau, Napoléon Bourassa a été tout à la fois un peintre, un auteur et un architecte. Il est l’un des artistes canadiens du XIXe siècle les plus prolifiques, comme en témoignent ses nombreux et superbes dessins, portraits, décorations murales, ses réalisations architecturales et ses écrits. Dans les 20 dernières années de sa vie, Bourassa construira deux églises importantes, la grande église Sainte-Anne à Fall River et l’église de Montebello. Les plans dessinés par Bourassa étant approuvés le 14 décembre 1893, la construction de cette église débute le 13 mai 1895 par la pose de la pierre angulaire, et se terminera officiellement le 24 mars 1896, jour de sa bénédiction. Il s’agit d’un édifice en forme de croix mesurant 136 pieds de long, 120 de large à la hauteur des transepts, et dont la nef principale a 50 pieds de large et 44 de haut au centre de la voûte. On connaît encore mal le rôle de Bourassa dans l’administration de certaines parties de la seigneurie de la Petite-Nation et de la fortune familiale. Enfin, soulignons que son fils Henri, plus connu en tant que journaliste et fondateur du quotidien Le Devoir, sera également maire de Montebello de 1890 à 1894 et le premier maire de la municipalité de Papineauville en 1897.


Denis-Benjamin Papineau, fondateur de Papineauville, et administrateur de la seigneurie de la Petite-Nation – Reproduit vers 1890 (original créé vers 1850) – 07H – P68,S1,D34 / Soulignons que le journal personnel de son petit-fils Louis-Gustave est disponible en ligne sur notre site (06M – P7,S5,D2).

Napoléon Bourassa (1827-1916), écrivain et peintre, a aussi réalisé les plans de l’église de Montebello (1895), où il a été inhumé. –07H – P68,S1,D35,P1




Des hommes d’affaires anglophones et francophones : James Maclaren et Joseph-Édouard Laflamme

James Maclaren vers 1890. 07H – P57,D51

Entrepreneurs forestiers, les frères Maclaren de Buckingham ont joué un rôle important dans le développement de cette industrie en Outaouais. En 1912, les usines de pâtes et papiers de la James Maclaren Company et de E. B. Eddy fournissent à elles seules 7,8 % de la production provinciale (soit 218 tonnes par jour). James Maclaren (1818-1892), fondateur de la compagnie Maclaren, est né le 19 mars 1818 à Glasgow, en Écosse. Ses parents, David Maclaren et Elizabeth Barnet, étaient propriétaires d’une quincaillerie à Glasgow avant de quitter l’Écosse au printemps 1821 pour le Canada, David étant nommé secrétaire militaire du duc de Richmond, gouverneur général du Canada. À la suite du décès du duc de Richmond, David obtient le poste d’agent de la Couronne pour le Canada sur la rivière des Outaouais. Son emploi consiste, entre autres, à percevoir les droits gouvernementaux des radeaux provenant de différents endroits le long de la rivière des Outaouais, en route vers Québec. En 1840, David Maclaren s’établit à Wakefield, Bas-Canada (Québec), où il meurt le 10 avril 1870.

Ses fils, James et John, deviennent partenaires et érigent leur premier « moulin à scie » à Wakefield. Le grand succès de la scierie les encourage à développer et à exploiter d’autres entreprises, dont un moulin à farine, un moulin à laine et une briqueterie, tous situés à Wakefield. James Maclaren, qui s’intéresse surtout à la scierie, se charge de l’achat du bois pour l’usine de Wakefield ainsi que de la vente de bois à d’autres scieries de la vallée de l’Outaouais. En 1900, les cinq fils de James prennent sa relève et consolident leurs positions sur la rivière du Lièvre en obtenant la propriété absolue des chutes de High Falls et des deux rives de la rivière, de Buckingham à la rivière des Outaouais. En 1901, les Maclaren construisent un moulin à pâte qui vendra sa production sous forme brute jusqu’à la construction d’une papeterie en 1929 à Masson. La James Maclaren Company édifiera également au début du siècle une petite centrale de 410 kilowatts sur la rivière du Lièvre, qui ne deviendra importante qu’en 1930. (0H7 – P117 Fonds James MaClaren Company)

Né à Hull le 5 juin 1889, Joseph-Édouard Laflamme est le fils d’Édouard-Hector Laflamme, marchand, et de Delvina Berthiaume. Il a été le président-fondateur de la Compagnie de construction et de pavage de Hull Ltée et a occupé, au cours de sa carrière, les postes de président de la Chambre de commerce de Hull et de président de l’Association provinciale de la construction. Il a été aussi fort actif dans le milieu du théâtre et de la vie sociale hulloise notamment par son implication dans le Cercle Saint-Jean (dont il fut le président en 1913) et dans le Club Kiwanis. Cependant, c’est dans le domaine du sport (curling et tennis) qu’il s’est le plus illustré, à titre de président-fondateur du Club d’hiver de Hull inc. et du Club de Tennis Laurier de Hull. Il est décédé à Hull le 29 août 1977 et a été inhumé au cimetière Notre-Dame de Hull. Sa sœur Berthe a été l’épouse du député Alexandre Taché. (07H – P46 – Fonds Joseph-Édouard-Laflamme)

 

Un maire, un député… et une femme ministre

Né à Aylmer le 18 juillet 1892, Alphonse Moussette va occuper différentes fonctions au cours de sa carrière : il sera inspecteur en chef de la Commission des liqueurs de la province de Québec pour les comtés de Hull, de Pontiac et de Papineau, travaillera au ministère du Revenu provincial, à la Corporation de la cité de Hull et à la Commission scolaire de Hull et sera même huissier à la Cour supérieure du district de Hull. Intéressé par la politique municipale, il est d’abord élu échevin du quartier Wrightville de Hull entre 1926 et 1931, puis maire de la ville de 1936 à 1940 et de 1948 à 1951. Spéculateur foncier et homme d’affaires, il sera également propriétaire des cinémas Eldorado de Hull, d’Aylmer et de Masson, et constructeur de l’Hôtel Avalon. Il est décédé à Hull le 13 septembre 1951. Un des plus importants parcs de Hull, situé en bordure de la rivière des Outaouais, porte aujourd’hui son nom. (0H7 – P45 Fonds Alphonse-Moussette)

Homme de loi, Alexandre Taché a exercé sa profession à Hull jusqu’en 1956. Il fut ensuite nommé juge à la Cour de magistrat des districts de Hull, de Terrebonne et de Pontiac en 1956, puis promu juge à la Cour supérieure en 1958. Il fut également bâtonnier du barreau de Hull en 1939 et en 1944. Toutefois, c’est à titre de député qu’Alexandre Taché s’est surtout illustré dans l’Outaouais. De fait, il représentera le comté de Hull pendant près de 15 ans à l’Assemblée nationale. Né à Saint-Hyacinthe le 17 août 1899, il est le fils de Joseph de La Broquerie Taché, notaire, journaliste et bibliothécaire du Parlement à Ottawa, et de Marie-Louise Langevin. Il fait ses études au Séminaire de Saint-Hyacinthe, à l’Université d’Ottawa et à l’Université de Montréal et est admis au barreau de la province de Québec le 21 janvier 1924. Taché est élu député de l’Union nationale dans Hull en 1936, mais il est défait en 1939. Réélu en 1944, en 1948 et en 1952, il devient orateur de l’Assemblée législative du 7 février 1945 au 15 décembre 1955. Décédé à Hull, le 9 mars 1961, il a été inhumé dans le cimetière Notre-Dame de Hull. Le 26 octobre 1925, il avait épousé, Berthe Laflamme, fille d’Édouard-Hector Laflamme et de Delvina Berthiaume, dans la paroisse Notre-Dame-de-Grâce de Hull. En 1946, l’Université d’Ottawa lui a décerné un doctorat honoris causa. Il a été membre de l’Institut canadien-français, de l’Alliance française et du Cercle littéraire de l’Université d’Ottawa.
Née à Hull le 6 avril 1944, Jocelyne Ouellette est la fille de Roland Villeneuve, commerçant, et de Thérèse Desjardins. Elle a fait ses études à l’École normale Saint-Joseph et à l’Académie Sainte-Marie de Hull, puis au collège Lafortune et à l’Université d’Ottawa où elle fut diplômée en administration publique. Elle s’illustre d’abord au niveau local comme présidente du Regroupement des locataires de Hull en 1968. Par la suite, elle participe à la fondation du Mouvement souveraineté-association et à l’organisation du Parti québécois dans les comtés de Hull, de Papineau, de Gatineau et de Labelle. De 1968 à 1974, elle a été successivement coordonnatrice et présidente régionale du Parti québécois. Élue députée du Parti québécois dans Hull en 1976, elle est nommée ministre des Travaux publics et de l’Approvisionnement dans le cabinet de René Lévesque, poste qu’elle occupera du 6 juillet 1977 au 30 avril 1981. Après 1981, Jocelyne Ouellette occupera différentes fonctions et participera à la fondation de plusieurs organismes. Elle sera successivement directrice du Bureau du Québec, puis déléguée du Québec à Ottawa (1982 à 1986), fondatrice de la Société VIJO spécialisée dans la gestion d’entreprises (1986) et présidente-directrice générale de la Société immobilière du Canada (1988 à 1991). Par la suite, elle sera nommée commissaire à la Commission fédérale de l’immigration et du statut de réfugié (1989), conseillère spéciale à l’Agence spatiale canadienne (1992), membre du conseil d’administration de la Société des loteries du Québec (1996), membre de la Commission municipale du Québec (1997) et fondatrice (1994) et présidente de la Fondation Marcelle-Ferron (1998).


Jocelyne Ouellette, ministre des Travaux publics et de l’Approvisionnement dans le gouvernement de René Lévesque, de 1977 à 1981. –
07H - P58,S1,D61,P13

De gauche à droite : le maire de Hull Alphonse Moussette, Monseigneur Alexandre Vachon, le député Alexandre Taché et le premier ministre Louis St-Laurent. – 07H – P45,S1,D19





Une artiste : Colette Devlin, comédienne, interprète et animatrice

Émission radiophonique « Quinze garçons, un cœur » à CKCH avec Mme Colette Devlin / Champlain Marcil. - [195-?] – 07H - P76,S1,P21

Originaire d’Ottawa, la chanteuse et comédienne Colette Dufaux, mieux connue sous le nom de Colette Devlin (1927-1979), a sensiblement marqué les débuts de la télévision québécoise. S’étant établie à Montréal où elle se produit à la télévision de Radio-Canada, elle interprète des pièces de Michel Tremblay, d’Anne Hébert et de Pierre Dagenais et joue dans de nombreux téléromans. Elle obtient également des rôles dans des adaptations cinématographiques tirées de l’œuvre d’Anne Hébert (La Mercière assassinée, 1958, La Canne à pêche, 1959) et dans des films de l’ONF dirigés par Bernard Devlin (Le cas Labrecque, 1956, La Misère des autres, 1960). En 1964, elle se joint à l’équipe des annonceurs permanents de la radio de Radio-Canada et anime des émissions comme Sur la corde à linge et Montréal Express. Entre 1968 et 1970, elle anime une émission de radio qui s’adresse aux femmes (Si femme savait). Un parc porte désormais son nom dans l’arrondissement Ville-Marie à Montréal.









Portrait de Monseigneur Paul-Émile Charbonneau, 1er évêque de Hull / André Larose. - [1965?] - 07H - P121,S1,D10

Le premier évêque de Hull : Mgr Paul-Émile Charbonneau
Le 21 mai 1963, Paul-Émile Charbonneau devient le premier évêque du nouveau diocèse de Hull. Né à Sainte-Thérèse-de-Blainville le 4 mai 1922, il est ordonné prêtre le 31 mai 1947, à Montréal, alors qu’il termine ses études en théologie au Grand Séminaire. De 1947 à 1955, il retourne à Sainte-Thérèse et occupe des fonctions de professeur, de directeur des élèves et de directeur spirituel. C’est après avoir été vicaire général du diocèse de Saint-Jérôme que Paul-Émile Charbonneau est nommé évêque auxiliaire d’Ottawa en novembre 1960. Trois ans plus tard, il devient évêque du diocèse de Hull. Après avoir occupé cette fonction pendant 10 ans, il remet sa démission. Mgr Paul-Émile Charbonneau œuvrera par la suite pendant de nombreuses années dans un centre de ressourcement pour prêtres à Pierrefonds.











Pour en savoir plus :

Bilan du siècle, site de l’Université de Sherbrooke, Faculté des Lettres et des Sciences humaines
http://bilan.usherbrooke.ca/

Centre de recherche en civilisation canadienne-française, site de l’Université d’Ottawa, 2006.
http://www.uottawa.ca/academic/crccf/index.html

Dictionnaire biographique du Canada en ligne, site de Bibliothèque et Archives du Canada, 2004.
http://www.biographi.ca/index-f.html

Encyclopédie canadienne, Fondation Historica du Canada, 2006.
 http://www.histori.ca/default.do?page=.index

GAFFIELD, Chad (dir.), Histoire de l’Outaouais, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1994.

Les Archives de Radio-Canada, site de la Société Radio-Canada, 2005.
http://archives.radio-canada.ca/index.asp?IDLan=0

Les parlementaires depuis 1792, site de l’Assemblée nationale du Québec.
http://www.assnat.qc.ca/FRA/membres/notices