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Personnages de notre histoire

Portrait d’un premier ministre et de sa famille : Félix-Gabriel Marchand
P174 – Fonds Félix-Gabriel-Marchand (1778-1966) – Centre de Québec de BAnQ


Caricature représentant Félix-Gabriel Marchand. – [Vers 1900] –  03Q –  P174,S5,P19

Onzième premier ministre de la province de Québec, Félix-Gabriel Marchand est né le 9 janvier 1832 à Dorchester (Saint-Jean-sur-Richelieu). Il est le fils cadet d’un riche commerçant de bois, propriétaire terrien et officier supérieur dans la milice, Gabriel Marchand, et de Mary Macnider, d’origine écossaise. Éduqué d’abord en anglais, il passe ensuite par le Collège de Chambly et par le Séminaire de Saint-Hyacinthe avant d’entreprendre ses études de notariat, à Saint-Jean, auprès de Thomas-Robert Jobson. Reçu notaire en 1855, il ouvre sa propre étude et acquiert graduellement une solide notoriété.

Libéral modéré, Marchand fonde, avec son ami Charles Laberge, Le Franco-canadien (1860), un bihebdomadaire qui fera campagne, entre autres, contre le projet d’une confédération des colonies britanniques de l’Amérique du Nord. En 1867, Marchand brigue les suffrages dans la circonscription de Saint-Jean à l’Assemblée législative et remporte l’élection. Très tôt, il s’impose comme lieutenant d’Henri-Gustave Joly, chef de l’opposition. Il se fait remarquer en Chambre par sa lutte contre le double mandat, qui sera aboli en 1874, et sa promotion de la colonisation pour endiguer le mouvement migratoire vers les États-Unis.

En 1878, Marchand entre dans le cabinet de Joly à titre de secrétaire de la province, puis de commissaire des Terres de la couronne. Réélu en 1881, en 1886 et en 1890, il est nommé orateur de l’Assemblée par Honoré Mercier, un poste qu’il occupe entre 1886 et 1892. De 1892 à 1897, il assume la fonction de chef de l’opposition et à la suite des élections de 1897, remportées par les libéraux, Marchand est assermenté comme premier ministre.

Parallèlement à sa carrière politique, Marchand mène aussi une intense carrière journalistique et littéraire marquée par la fondation du journal Le Temps de Montréal, par sa collaboration à diverses revues et par la publication de plusieurs pièces de théâtre, œuvres en prose et en vers. Félix-Gabriel Marchand meurt à Québec, le 25 septembre 1900


Cette collection permet à la fois d’esquisser le portrait de la vie publique et de la vie privée de Marchand. Elle comprend des documents de différentes natures, par exemple de la correspondance, des papiers officiels et des photographies. On y retrouve notamment une correspondance politique avec le premier ministre canadien Wilfrid Laurier et avec Joseph-Israël Tarte, mais aussi avec sa femme et ses enfants. Véritable témoignage de la vie privée, cette correspondance permet de mieux connaître l'homme, en plus d’esquisser le chemin de son ascension politique; elle s’avère aussi un témoin des aléas de la vie sociale d’un député demeurant à l’extérieur de la capitale.

Signalons la présence des papiers de Raoul Dandurand, beau-fils de Félix-Gabriel Marchand et sénateur de la division de Lorimier de 1898 à 1942, de même que des poèmes et des discours de Marchand, de la documentation et des photographies familiales. Enfin, plusieurs des journaux auxquels il a collaboré ou contribué à la fondation, au cours de sa carrière, sont également disponibles en ligne.

Documents iconographiques de la famille Marchand. – [Vers 1860]-1966 –  03Q – P174,S5,P14



Pour en savoir plus :

Félix-Gabriel Marchand a regroupé l’ensemble de son œuvre littéraire dans Mélanges poétiques et littéraires paru à Montréal en 1899. Certains de ses discours politiques ont été publiés de même que son ouvrage Manuel et Formulaire général et complet du notariat de la province de Québec, Montréal, 1891, 2e éd., 1892.
Comme journaliste, Marchand a collaboré à la Ruche littéraire et politique (1853 et 1854). Il a fondé Le Franco-canadien (1860), dont il est rédacteur jusqu’en 1885 et propriétaire de 1867 à 1877. Il est l’un des fondateurs du Canada français dont son fils, Gabriel Marchand, sera le propriétaire et rédacteur. En 1883, Marchand fonde avec Honoré Mercier (père) et Toussaint-Antoine-Rodolphe Laflamme (député à la Chambre des communes de 1872 à 1878), Le Temps de Montréal. Il collabore en outre au Foyer canadien, à la Revue canadienne, au Littérateur canadien, à la Revue légale et à l’Ordre.
 « Félix-Gabriel Marchand » Les parlementaires depuis 1792, site de l’Assemblée nationale du Québec, [En ligne]. <http://www.assnat.qc.ca/fra/Membres/notices/m-n/marcfg.htm> (page consultée le 29 mars 2006)

BRASSARD, Michèle et Jean HAMELIN, « MARCHAND, Félix-Gabriel », Dictionnaire biographique du Canada en ligne, site de Bibliothèque et Archives Canada, 2004, [En ligne]. http://www.biographi.ca/FR/ShowBio.asp?BioId=40381 (page consultée le 29 mars 2006)

BERGERON, Gérard, Révolutions tranquilles à la fin du XIXe siècle, Honoré Mercier, Félix-Gabriel Marchand, Saint-Laurent, Québec, Fides, 1997.

MARCHAND,  Joséphine, Journal intime, 1879-1900, édition préparée et annotée par Edmond Robillard, Lachine, Éditions de la Pleine Lune, 2000, 274 p.
Note : Joséphine Marchand était la fille de Félix-Gabriel Marchand et l’épouse du sénateur Raoul Dandurand. Femme de lettres et journaliste, elle fonda et dirigea Le Coin du feu, la première revue féminine québécoise, et écrivit de nombreux articles pour divers journaux.