|
|||||||||||||||||||||
Source : Lessard, Michel. Les Livernois, photographes, Québec, Musée du Québec, 1987, p. 48-51. La Maison LivernoisÀ la fin du 19e et au début du 20e siècle, Québec est la capitale de la province de Québec où se déroule en grande partie l’activité mondaine, politique et culturelle de l’époque. C’est le lieu idéal pour retrouver une panoplie d’illustres personnages qui ont façonné l’histoire du pays. Pour les immortaliser, plusieurs photographes ont œuvré à Québec : Ellison, Montminy, Edwards, et Roy à Lévis. Mais aucun d’eux n’a eu la renommée ni l’influence de la famille Livernois , avec ses trois générations de photographes. Les cartes de visite Le fondateur de la maison, Jules-Isaïe Livernois (1830-1865), se lance dès 1863 dans la collection de cartes-portraits des curés de toutes les paroisses et des prêtres du diocèse de Québec à tous les niveaux hiérarchiques, le clergé étant l’élite la plus respectée de la population. Livernois reçoit un accueil favorable de la part des membres du clergé. Il les met en confiance, mais leur promet aussi des réductions de frais en échange du droit de diffuser leurs portraits. De cette façon, chaque famille catholique peut débuter son album de photos avec le pape régnant, l’évêque en fonction et son curé avant d’y ajouter les membres de la famille.
Livernois se spécialise dans le portrait, tant de l’élite que de la population en général, et dans la reproduction historique. Ses catalogues Galerie photographique des évêques de Québec depuis Mgr de Laval jusqu’à nos jours en 1863 et Nouvelle galerie historique de la Maison Livernois en 1866 en font foi. Source : Lessard, Michel. Les Livernois, photographes, Québec, Musée du Québec, 1987, p. 72-75. Les mosaïquesAprès la mort prématurée de Livernois, son épouse Élise (1827-1896) s’associe à son gendre, Louis Fontaine dit Bienvenu, pour maintenir l’entreprise et annonce publiquement son intention de poursuivre la même ligne de conduite que son mari. Elle offre des catalogues de photographies sur carton des célébrités disparues et contemporaines sans oublier les membres du clergé du Bas-Canada et certains de l’épiscopat étranger.
Comme la carte de visite est en perte de vitesse à partir de 1885, cette nouvelle façon de procéder devient le modèle. Le public veut se voir de la même manière que sont vus les grands de la société. Source : Lessard, Michel. Les Livernois, photographes, Québec, Musée du Québec, 1987, p. 84-85. La continuitéLorsque Jules-Ernest Livernois (1851-1933) prend la relève de ses parents, il décide de se consacrer principalement au portrait. Ses studios reçoivent annuellement plus de 2 000 sujets. Parmi ses clients fidèles demeurent les membres du clergé. Il est en quelque sorte le portraitiste officieux du clergé de Québec. Dans cette optique, il réalise une mosaïque intitulée Le Pape et l’Épiscopat de la Puissance où tous les évêques du pays entourent Pie IX.
En poursuivant la réalisation de portraits de notables et de la population en général, selon les commandes reçues, Livernois garde une place particulière pour les Amérindiens. Il photographie principalement les Hurons de Lorette dans leurs costumes traditionnels. Ces photos se vendent bien auprès des visiteurs étrangers en quête d’exotisme. Il sort également de ses studios pour se rendre dans les institutions d’enseignement afin d’y faire des portraits de finissants, d’équipes sportives, d’orchestres symphoniques, de troupes de théâtre et de clubs parascolaires. En plus des notables, c’est toute l’activité sociale et culturelle de Québec qu’il immortalise à l’aide de ses appareils photographiques. Son fils Jules Livernois (1877-1952) touche à toutes les facettes de la photographie : les paysages, les édifices et leurs intérieurs et même les natures mortes. Il couvre les événements de la capitale par ses reportages photographiques tels le Congrès eucharistique et l’incendie du Château Frontenac en 1926. Il poursuit également la tradition du portrait avec les mosaïques scolaires qui sont une véritable manne durant la crise économique de 1929 et la carte mortuaire très en demande pour donner un souvenir d’un défunt à ses proches. Après la mort de Jules, ses deux fils, l’un administrateur et l’autre pharmacien, ne s’occupent pas directement de photographie. L’entreprise ferme ses portes en 1974. Source : Lessard, Michel. Les Livernois, photographes, Québec, Musée du Québec, 1987, p. 96-107.
|
|
|
|
|
|
|
|
||||||||||||||