L’or du Québec : ses ressources hydrauliques
À l’heure où les grands enjeux environnementaux font régulièrement la une des journaux et où les préoccupations en ce qui concerne l’économie d’énergie et l’utilisation d’énergie propre et renouvelable trouvent un large écho auprès de la population, un regard sur l’exploitation des ressources hydrauliques du Québec paraît judicieux. En effet, si les Québécois sont, à juste titre, très fiers de leurs réalisations dans ce domaine depuis les années 1960, entre autres de la création d’Hydro-Québec, ils connaissent souvent moins bien tout ce qui a précédé. Or, la richesse de ce patrimoine naturel qu’est l’eau n’avait pas échappé à leurs ancêtres qui, dès le début du XXe siècle, ont mis en œuvre de grands chantiers afin d’exploiter ce que l’on peut nommer l’or du Québec.
Cette exploitation du réseau hydraulique québécois a été largement documentée depuis les années 1910. Des milliers de photographies rappellent la construction de barrages, l’exploration des cours d’eau et leur utilisation. Les catastrophes naturelles et leurs conséquences sont également représentées.
Très tôt, les Québécois ont compris l’importance du réseau hydraulique étendu sur leur territoire pour générer une activité économique et répondre à leurs propres besoins. Les cours d’eau ont servi entre autres à la drave, à la fabrication des pâtes et papiers (moulins), à la production d’électricité (barrages) et au transport de marchandises. C’est ainsi que plusieurs villes et villages sont apparus et se sont développés autour de ces cours d’eau, générateurs d’activités humaines. Nous proposons aux curieux 8500 images provenant de l’ensemble du Québec et datant des années 1910, 1920, 1930 et 1940.
On y trouve des photos représentant les chantiers de construction des barrages, souvent suivis du début à la fin, ce qui donne des reportages photographiques échelonnés dans le temps. Ainsi, le barrage La Loutre est documenté depuis l’excavation jusqu’aux améliorations apportées dans les années suivantes. Si on peut découvrir les différentes étapes de construction d’un barrage, la vie du chantier est elle aussi largement représentée. Les photographies des camps des travailleurs avec les zones réservées à chaque corps de métier, de la cuisine, des bureaux des ingénieurs et des maisons des gardiens de barrage nous font entrer dans le quotidien des nombreux acteurs des grands chantiers. C’est l’occasion aussi de découvrir des villages qui se construisent autour de ces nouveaux pôles économiques que représentent les barrages, qui sont souvent associés à des usines de pâte à papier.
On trouve également des photographies de catastrophes naturelles, en particulier des nombreux embâcles et débâcles de la rivière Chaudière ou encore des tornades qui ont semé la désolation à Thetford Mines en 1933.
Enfin, l’exploration des cours d’eau occupe une place importante dans ce fonds iconographique. De nombreux voyages de prospection sont organisés tant sur la rivière Saint-Maurice que sur les rivières de la Côte Nord. Ils sont l’occasion d’effectuer des relevés topographiques afin d’identifier les chutes d’eau et les endroits propices à l’installation d’un barrage.
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