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Mise en contexte du notariat au Québec
| Il est possible de regrouper dans la
banque de données PISTARD les répertoires
numérisés de notaires d’une région
en choisissant le mode de recherche avancée
et en sélectionnant un centre d’archives puis l’option
Rechercher documents numérisés
et enfin la classe CN dans Rechercher
par la cote |
Hommes politiques, législateurs et réformateurs,
les notaires ont joué un rôle fondamental dans notre
société depuis les débuts de la colonisation
française jusqu’à nos jours. En Nouvelle-France,
ils ont occupé les charges de tabellions et de greffiers
auprès des gouvernements de Québec, Montréal
et Trois-Rivières, sans parler de leurs fonctions dans les
seigneuries. De plus, pendant cette période, les notaires
ont été les seuls à assurer l’ensemble
des services juridiques requis par la population, en raison principalement
de l’interdiction promulguée par Louis XIV quant à
la présence des avocats dans les colonies françaises
d’Amérique.
Le premier greffier de la Nouvelle-France, Jean Nicolas, fut nommé
par Samuel de Champlain en 1621. Comme la France n’envoyait
pas de notaires dans la colonie, l'accès à la profession
était possible à ceux qui savaient écrire et
qui avaient la réputation d’être « honnête
homme ». Ce n’est qu’à partir de 1647 que
les autorités coloniales, alors désignées sous
le nom de Conseil de la Nouvelle-France (composé du gouverneur
général, du supérieur des Jésuites et
du gouverneur de Montréal), furent chargées par le
Roi de nommer un secrétaire pouvant agir comme notaire. Guillaume
Audouart dit St-Germain reçut donc en 1649 la première
commission officielle l’autorisant à se prévaloir
du titre de notaire. Toutefois, il faut attendre l’établissement
de la justice royale en Nouvelle-France et la formation du Conseil
souverain (Conseil supérieur de Québec) en 1663 pour
que la profession de notaire soit reconnue officiellement; l’une
des attributions principales du Conseil était de nommer les
huissiers, les greffiers et les notaires. C’est ainsi que
le premier notaire royal de la Nouvelle-France, Jean Gloria, fut
nommé à Québec en 1663.
D’abord abrogé par le Traité de Paris
en 1763, puis rétabli en 1774 par l’Acte de Québec,
le droit civil français et, par extension, la Coutume de
Paris, va permettre au notariat canadien de survivre après
la cession de la colonie par la France à l'Angleterre. Vers
1765, les premiers avocats, que les notaires avaient jusque là
remplacés, arrivent au Canada. En 1785, une loi sépare
l’exercice des deux professions, donnant ainsi une plus grande
autonomie à chacune d’elles.
La montée des professions libérales, jointe au développement
des affaires au XIXe siècle, entraîne une
augmentation importante du nombre de notaires. Engagé dans
sa communauté, le notaire participe aux institutions du pouvoir
local en exerçant les charges de juge de paix, de marguillier,
de maire et même de député. Comme plusieurs
membres des professions libérales, les notaires s’impliquent
politiquement au niveau local, mais aussi au plan national. À
titre d’exemple, on peut mentionner la présence de
dix-huit notaires parmi les chefs révolutionnaires des rébellions
de 1837-1838. D’ailleurs, quatre d'entre eux seront conduits
à l'échafaud à la prison du Pied-du-Courant
: François-Marie Chevalier de Lorimier, Joseph-Narcisse Cardinal,
Théophile de Coigne et Joseph Duquette, clerc notaire.
Finalement, c'est le 28 juillet 1847 qu'est sanctionnée la
première loi d'organisation professionnelle du notariat.
La Chambre des notaires, la première des quarante et une
corporations professionnelles actuelles, est d'abord divisée
en trois chambres, soit Montréal, Trois-Rivières et
Québec. Fusionnées en 1870, ces trois chambres deviennent
la Chambre des notaires du Québec telle que nous la connaissons,
avec son siège social à Montréal. Plus de trois
cents ans après son établissement, la profession notariale
compte aujourd’hui 3 200 notaires, hommes et femmes, répartis
dans près de 1 800 études.
Les répertoires et les index des greffes
de notaires
Aujourd’hui, Bibliothèque et Archives nationales du
Québec conserve plus de cinq millions d’actes notariés
dans leurs différents centres d’archives. Au grand
bonheur des historiens et des généalogistes, ces documents,
à quelques exceptions près, sont arrivés jusqu’à
nous dans un état de conservation exceptionnel et peu d’entre
eux ont été perdus. D’ailleurs, les premières
lois régissant la conservation des greffes des notaires,
de même que l’obligation qu’ont ces derniers de
dresser leur répertoire (ou index), remontent au Régime
français.
C’est le 2 août 1717 qu’une première ordonnance
est promulguée par le Roi de France afin d’assurer
la conservation des minutes des notaires. Selon cette ordonnance,
les papiers d’un notaire décédé doivent
être mis sous scellés, inventoriés, puis déposés
au greffe de sa juridiction. Toutefois, ce règlement ne semble
pas être toujours appliqué et, dans certains cas, il
l’a été avec beaucoup de difficultés
: l’opposition d’une veuve ou l’appropriation
du greffe par un autre notaire a quelquefois eu raison des efforts
des autorités.
Le 25 mars 1730, le procureur général du Roi au Conseil
supérieur de Québec, Louis-Guillaume Verrier, est
chargé par arrêt du Conseil d'État du Roi, du
dépouillement des minutes des notaires dans l'étendue
exerçant sur le territoire de la Prévôté
de Québec. En l’espace de quelques années, Verrier
rédige les répertoires d’au moins 40 greffiers
et notaires ayant pratiqué entre 1637 et 1748. Outils privilégiés
pour les chercheurs, ces répertoires furent dressés
presque systématiquement à partir de 1733. En effet,
cette année- là, une déclaration du Roi obligea
chaque notaire à se procurer un registre devant servir de
répertoire pour l'enregistrement de ses actes . Pour assurer
un contrôle, le registre devait être paraphé
de la première page à la dernière page, puis
être remis au procureur du Roi une fois rempli.
Le répertoire d’un greffe permet aux chercheurs de
repérer chronologiquement les différents actes passés
devant un notaire. La date, le nom des parties, le type d’acte
ainsi que le numéro de l’acte ou la page de renvoi
au greffe du notaire sont les informations que l’on y retrouve
généralement. Ces données peuvent ensuite être
complétées par la consultation de l’acte notarié,
grâce auquel il est possible d’établir la profession
des parties, leur lieu de résidence, l’objet et les
modalités de la transaction, etc. Quant à l’index,
son organisation alphabétique permet de retracer rapidement
les personnes en cause et nous renvoie à une page du répertoire
ou directement au greffe. Mais attention, ce ne sont pas tous les
notaires qui ont eu la bonté de faire un index.
La contribution du projet de numérisation par rapport aux dépouillements existants des greffes de notaires
Depuis juin 2005, plus de 400 000 pages de répertoires et
d'index de notaires ayant commencé à pratiquer au
19ème siècle sont disponibles en ligne. Ils permettent
de découvrir certains documents souvent oubliés dans
les dépouillements existants, tels les obligations, rentes,
baux, concessions, actes de vente, cessions et transports, comptes
de tutelle, actes de partage d’une succession, contrats d’apprentissage
et brevets de cléricature.
Que vous soyez passionné de généalogie ou d’histoire,
ces répertoires vous permettront de repérer facilement
des documents qui viendront compléter et étoffer votre
connaissance d’un sujet. Ainsi, examinés de pair avec
les contrats de mariage, les testaments et les inventaires après
décès, les actes de vente ou de partage et les comptes
de tutelle vous amèneront à suivre, de génération
en génération, la transmission du patrimoine familial
de vos ancêtres. Un contrat d’apprentissage et un marché
pourront vous renseigner sur la formation d’un individu et
les activités économiques d’un autre. De la
même manière, les pratiques commerciales d’un
marchand vous seront révélées par l’éventail
des obligations, des quittances et des cessions et transports qu’il
a fait consigner par écrit. Ces documents pourront aussi
vous faire connaître l’endettement de l’un de
vos ancêtres envers un tiers et vous donner une idée
des réseaux d’échanges et de relations dont
il faisait partie.
Pour le chercheur en généalogie ou en histoire, les
actes notariés constituent une source d’information
incontournable. En effet, ils nous révèlent des détails
précieux sur un ancêtre ou une famille et nous permettent
de documenter et de préciser le portrait de ce que fut la
société canadienne, de ses origines jusqu’au
début du XXe siècle. Il ne fait aucun doute
que l’outil que vous trouverez dans ces répertoires
et index vous permettra d’aller bien au-delà du simple
arbre généalogique et de découvrir des aspects
insoupçonnés de la vie quotidienne de vos aïeuls
aïeux.
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