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Les premiers journaux personnels ont fait leur apparition vers
le XVIe siècle, à la fin de la Renaissance. Livres
de raison, chroniques et mémoires, ils traitaient surtout
du monde extérieur, du contexte social et politique. S’ils
contenaient des impressions sur les événements, les
journaux de cette époque étaient en revanche peu centrés
sur la vie intérieure de leur auteur. Ce n’est qu’au
XIXe siècle que l’on peut situer l’avènement
des premiers journaux intimes, dans lesquels le rédacteur
met surtout l’accent sur ses propres joies, peines et angoisses.
Rédigé pour une raison propre à son auteur,
le journal personnel répond à un besoin de communiquer
ses observations, ses réflexions et ses sentiments, ou simplement
de consigner ses activités quotidiennes et les événements
que l’on juge important de garder en mémoire. Si plusieurs
personnes ont écrit un journal dans le but avoué de
le publier, beaucoup d’autres l’ont fait pour leur seul
bénéfice ou pour celui de leurs amis et des membres
de leur famille.
Du petit carnet aux coins racornis et aux pages noircies d’une
belle écriture cursive, nous sommes maintenant passés
à l’ère du numérique et du « blogue
». Très populaire au cours des dernières années,
le « blogue » permet de diffuser son journal personnel
sur le Web et d’y ajouter au fil des jours ses réflexions.
On trouve dans Internet des « blogues» sur des sujets
aussi variés que l’alimentation, les relations interpersonnelles
et les voyages.
Reconnu récemment comme genre littéraire, le journal
personnel est depuis longtemps une source d’information très
appréciée des historiens. En effet, l’étude
d’un journal peut permettre de percevoir le sens d’un
événement ou d’une époque à travers
le regard de son auteur. Il peut également aider, selon que
l’auteur est médecin, bourgeois ou habitant, à
se faire une idée du quotidien et du mode de vie d’un
groupe professionnel ou d’une classe sociale. De la même
manière, le journal d’une personnalité politique,
d’un explorateur ou d’un artiste peut permettre d’apprécier
l’homme ou la femme qui se cache derrière le personnage
officiel et de saisir la représentation qu’il a de
la société et de lui-même. |
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