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Les journaux personnels, témoins d’une époque (1758-1954)

Le journal d’un artiste québécois à Paris : Onésime Lamothe, musicien, peintre et sculpteur (20 septembre 1919-8 juin 1920)
(Cote P23,S4,D1 – Centre d’archives de Trois-Rivières)
 
Page tirée du journal d'Onésime Lamothe

Né à Saint-Maurice en 1893, cet artiste aux multiples talents s’oriente très tôt vers la musique et le dessin. Dès ses études secondaires, Onésime Lamothe apprend la trompette, le piano, le violoncelle, l’orgue et s’intéresse au dessin et à la photographie. En 1913, il est médaillé de l'École des arts et manufactures. De 1917 à 1919, il enseigne son art dans les établissements scolaires privés de Trois-Rivières, avant de faire le grand saut qui va marquer à jamais son cheminement artistique. En 1919, il s’inscrit à l'École des beaux-arts de Paris où il va perfectionner sa technique du dessin et s'initier à la sculpture avec le maître Jean-Antoine Injalbert, un statuaire parisien d’origine scandinave qui fut, pendant un temps, le concurrent direct du célèbre Auguste Rodin.

Du séjour de cet artiste québécois à Paris, il nous est resté huit petits carnets dans lesquels sont consignées ses observations et ses activités quotidiennes. Grâce à ces documents, il est possible de découvrir la personnalité de l'homme à travers ses goûts, ses préoccupations et ses aspirations. Ainsi, on discerne un homme profondément religieux et pratiquant. En effet, par le relevé de ses activités, on peut voir qu’il se rend chaque jour à la messe et que sa visite touristique de Paris se fait surtout par l’observation et la fréquentation de ses églises. Lamothe formule également quelques réflexions et commentaires sur les mœurs et coutumes des Européens et nous entretient de ses difficultés à se trouver un logement à Paris ainsi que du début de ses stages en musique et en sculpture.

Outils pour quiconque s’intéresse à l’histoire des arts visuels et de la musique au Québec, ces carnets témoignent du type de formation qu’ont reçu certains de nos artistes et de l’influence des maîtres étrangers. Après ce séjour de près de trois ans, Lamothe s’est installé à Trois-Rivières avant de repartir vers les États-Unis, dans l’État du Maine, où il est demeuré jusqu'à la mort de sa femme. De 1947 à 1962, il a enseigné le dessin, la peinture, le modelage et la sculpture à l'École technique de Trois-Rivières. Il est décédé en 1979 à l'âge de 86 ans.