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Les journaux personnels, témoins
d’une époque (1758-1954)
Les Mémoires d’Olivier
Robitaille, médecin à Québec au XIXe siècle
(Cote P232 – Centre d’archives de Québec) |
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Page titre des Mémoires d'Olivier Robitaille |
À l’âge de 71 ans, le docteur Olivier Robitaille
entreprend la rédaction de ses mémoires. L’idée
lui vient à la lecture de quelques notes jetées sur
papier alors qu’il était étudiant en médecine
à l’Université Harvard. S’excusant de l'exactitude
et de la fiabilité incertaines de ses souvenirs, il réussit
néanmoins à raviver des détails enfouis dans
sa mémoire, des instants marquants, des faits historiques et
des anecdotes personnelles. C'est donc par le biais d’une narration
sans superflu que nous découvrons le récit de sa vie,
de la naissance jusqu'aux dernières années, en passant
par les années de médecine et de politique.
Né à Québec le 3 décembre 1811, Olivier
Robitaille fait ses études au Petit Séminaire de Québec
entre 1825 et 1833. Il effectue ensuite un stage auprès du
docteur Joseph Morin, puis il entre comme interne à l'hôpital
de la Marine et des Émigrés. En 1837, Robitaille quitte
Québec afin de poursuivre sa formation médicale à l'Université Harvard,
aux États-Unis. De retour en 1838, il ouvre un cabinet sur
la rue Saint-Jean tout en occupant différents postes, dont
celui de médecin de la prison de Québec (1863). Conseiller
municipal de 1851 à 1856, il devient maire de Québec
pour une courte période (1856-1857). Il participe en outre
activement à la fondation de plusieurs institutions financières
d'importance, notamment la Caisse d'épargne de Notre-Dame
de Québec (1848) et la Banque nationale (1858). Patriote de
cœur et fervent catholique, il compte enfin parmi les fondateurs
de la Société Saint-Jean-Baptiste de Québec
(1842) et du journal ultramontain Le Courrier du Canada (1857).
Consécration ultime, le pape Pie IX le nomme en 1878 chevalier
de l’Ordre de Saint-Sylvestre en reconnaissance des services
qu’il a rendus à l’Église. Le docteur Robitaille
décède en 1896 à l’âge de 85 ans.
Témoignage détaillé et instructif sur sa vie,
le journal de ce médecin de Québec est aussi une chronique
de la vie politique et sociale de cette ville. Le Dr Robitaille nous
entretient des événements qui l’ont marqué,
tels les épidémies de choléra de 1832 et 1834,
les rébellions, l’abolition de la tenure seigneuriale
en 1850, les incendies de Québec, le passage de la frégate
française La Capricieuse, la Confédération
ainsi que la mort de Louis Riel. Il nous parle des gens qui ont croisé son
chemin, des personnages parfois surprenants comme l’abbé Chiniquy,
plus tard condamné par l’Église pour hérésie,
et qui fut pour lui « un second frère ».
Ces mémoires nous permettent également d’entrevoir
les croyances et les méthodes en vigueur dans le domaine de
la médecine du XIXe siècle. De la description
des cadavres qu’il dissèque en cachette au récit
de son séjour à Grosse-Île, en passant par l’exposé des
théories du magnétisme et de la clairvoyance, nous
découvrons le cheminement d’un homme de sciences à travers
ses doutes et ses convictions. La lecture des Mémoires d’Olivier
Robitaille saura en captiver plus d’un grâce à l’aisance
avec laquelle le narrateur évoque ce XIXe siècle
qu’il l’a vu naître, vivre et mourir.
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