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Page tirée du journal de Marie-Laure-Angelina Godbout |
Alors qu’elle est atteinte d’une maladie (probablement
la tuberculose) qui la garde prisonnière de son lit depuis
bientôt 10 mois, une jeune enseignante de 23 ans entreprend,
en 1907, la rédaction d’un journal personnel, une œuvre
qu’elle poursuivra sur près de 50 ans. Marie-Laure
y raconte en détail les activités de sa famille, les
horaires et les travaux de ses membres, les visites de ses parents
et amis. Elle y dépeint les traditions, les jeux et les passe-temps
du début du siècle et fait part de ses lectures personnelles,
de ses déceptions et de ses épreuves.
Comme en témoignent plusieurs journaux féminins
de l’époque, la vie religieuse semble occuper une place
fondamentale. Sur un ton très personnel, Marie-Laure nous
entretient de ses croyances, de ses angoisses et de ses préoccupations
spirituelles. Le sermon dominical et la vie paroissiale avec ses
associations pieuses, ses fêtes, ses neuvaines et ses retraites
fermées sont aussi abondamment discutés. Des décès
aux mariages, en passant par les incendies et les concerts, rien
ne semble échapper à son oeil et à sa plume.
Femme instruite et curieuse, Marie-Laure s’intéresse
aux événements de l'actualité québécoise,
canadienne et parfois même mondiale. On remarque également
qu’avec les années et la maturité, l'écriture
personnelle de Marie-Laure a cédé le pas aux citations,
sentences et maximes de grands auteurs, notamment de Maistre, La
Rochefoucauld, Louis Veuillot, Napoléon, Vauvenargues Joubert,
George Sand et Lacordaire.
Nous ne savons à peu près rien de la vie de Marie-Laure
Godbout, sinon qu'elle a habité avec ses parents (de 1907
à 1924 à tout le moins) dans la paroisse Notre-Dame-de-Jacques-Cartier,
qu'elle avait un frère Hector et des soeurs aînées.
Par les informations qu’elle laisse « échapper
» dans son journal, nous pouvons croire qu’elle a enseigné
au «couvent», peut-être le couvent Notre-Dame
de Jacques-Cartier (fondé en 1909 par la Congrégation
Notre-Dame) et qu'elle ne s'est jamais mariée. C’est
donc à travers le regard d’une femme ordinaire, mais
instruite, que nous vous invitons à découvrir ce que
pouvait être la vie quotidienne à Québec dans
la première moitié du XXe siècle.
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