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Tiré du journal intime de Jacques-Ferdinand
Verret |
Entrepreneur perspicace et homme d’affaires engagé
dans son milieu, Jacques-Ferdinand Verret a vécu jusqu'à
l'âge vénérable de 86 ans au coeur du Trait-Carré
de Charlesbourg. Son journal intime, qu’il a rédigé
en 41 volumes entre 1879 et 1946, nous permet de découvrir
la vie quotidienne et la carrière d’un commerçant
créatif et innovateur, ainsi que de celle de sa famille et
de sa région.
Né le 21 avril 1860 à Charlesbourg, Jacques-Ferdinand
est le fils de Sophie Sanfaçon et de Jacques Verret, marchand
général et boulanger. À partir de l’âge
de 14 ans, il seconde son père dans ses affaires, puis en
1896, décide de se lancer dans l’apiculture. Autodidacte,
Verret réussit à produire un miel de qualité
qui est d’ailleurs récompensé par une médaille
d'or à Paris, à Glascow en Écosse et à
Chicago. Au maximum de sa production, il détient 250 ruches
au Trait-Carré et produit jusqu'à 17 000 livres de
miel par année. Fondateur de l'association des Apiculteurs
du Québec, il est nommé président honoraire
de cette association.
Ayant racheté le magasin familial à la mort de son
père en 1900, il remet le commerce sur pied et adapte l’édifice
qui l’abrite afin d’accueillir le bureau de poste local,
attirant de ce fait beaucoup plus de gens dans son commerce. Dans
les années 1930, Verret décide de liquider la marchandise
du magasin général et de changer sa vocation en magasin
de «grainerie». Le système est simple : Verret
achète des graines aux producteurs ontariens de l’Ontario,
de la Colombie-Britannique et d'Europe et les redistribue à
l’aide de la vente par catalogue, dans tout le Canada français.
Cette réorientation de l’entreprise permet à
Verret de durer en affaire à une époque où
les marchands généraux ferment progressivement leurs
portes. Jacques-Ferdinand Verret décède le 5 juillet
1946.
Rédigé à deux périodes différentes
de sa vie, le journal intime de Verret comprend une première
partie (1er janvier 1879 au 2 janvier 1888) qui nous raconte sa
vie de jeunesse, sa vie familiale ainsi que les activités
du Club canadien de Charlesbourg auxquelles il participe et qui
regroupe plusieurs jeunes gens du milieu. La deuxième partie
(janvier 1912 à mai 1946), se révèle quant
à elle très riche en informations diverses, notamment
en ce qui a trait à différents aspects de sa vie quotidienne
et à la petite histoire de Charlesbourg. Soulignons que ce
journal contient également quelques poèmes de ce poète
amateur qui aimait bien signer sous le pseudonyme de « Shermann
Wood ».
On a longtemps pensé que les Canadiens français étaient
restés en marge de l’activité marchande et que
seuls les Canadiens anglais avaient été des entrepreneurs
dynamiques. Or, des hommes d’affaires francophones entreprenants,
tels Jacques-Ferdinand Verret, ont bel et bien existé. Son
journal saura convaincre les plus sceptiques et plaire à
ceux qui s’intéressent aux magasins généraux,
à l’histoire de l’apiculture au Québec,
à celle de Charlesbourg ou tout simplement à la poésie!
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