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Les journaux personnels, témoins
d’une époque (1758-1954)
Les « lettres au cher
fils » d’Élizabeth Bégon (1748 – 1753)
(Cote P2 – Centre d’archives de Québec)
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Pièce provenant du cahier 1 |
Née à Montréal en 1696, Élisabeth Rocbert
se fera connaître par son mariage fort critiqué avec
le chevalier Claude-Michel Bégon, capitaine des troupes dans
le détachement de la Marine au Canada. Ce dernier, faisant
fi de l’opposition de son frère aîné Michel
Bégon, alors intendant de la Nouvelle-France, de même
que du refus du gouverneur Philippe de Rigaud, décide d’épouser
Élisabeth à la « gaumine ». Après
de multiples tractations, ce semblant de mariage est finalement régularisé.
Claude-Michel Bégon est par la suite nommé major de
Québec (1726), lieutenant du roi à Trois-Rivières
(1731) et à Montréal (1733) et enfin, gouverneur de
Trois-Rivières (1743).
Devenue Madame Bégon, cette roturière ou « iroquoise »,
comme on la surnomme dans sa belle-famille, fréquente les
hautes sphères de la société en cette fin de
régime français : Longueuil, Vaudreuil, Bigot font
partie de ses relations. Elle est surtout reconnue comme une amie
proche et influente du Comte de la Galisonnière, gouverneur
général intérimaire de la colonie.
C’est vraisemblablement après la mort de son mari en
1748 que commence cette correspondance intensive avec son gendre,
Michel de Villebois de la Rouvillière, veuf lui aussi et exilé
depuis peu en Louisiane à titre de commissaire ordonnateur.
Les écrits de Madame Bégon, qu’elle qualifie elle-même
de « folies », dévoilent une relation pour le moins
intime et qui existe sans doute depuis longtemps. C’est donc
une correspondance personnelle qui place le lecteur au cœur de
cette histoire d’amour impossible, voire à sens unique.
En effet, bien que les lettres de Michel à Élizabeth
n’aient jamais été retrouvées, on devine
qu’elles n’étaient pas toujours chaleureuses.
Source incontournable pour qui veut comprendre la vie des élites
montréalaises et les événements qui l’ont
marquée dans les dernières années du Régime
français, la correspondance de cette épistolière
jette un regard incisif et sans complaisance sur ses contemporains.
Partie attendre son « cher fils » en France à l’automne
1749 (soulignons qu’il ne s’y rendra jamais), Élizabeth
Bégon découvre un monde qui la bouleverse et l’attriste
profondément. Pour cette femme née dans une colonie,
il s’agit d’un retour aux sources douloureux, mais qui
génère pour le lecteur d’aujourd’hui d’intéressantes
comparaisons entre l’« Ancienne France » et la
Nouvelle-France.
Après plusieurs éditions de cette correspondance, les
Archives nationales du Québec vous invitent à découvrir
les originaux de ces fameuses « lettres au cher fils ».
Il vous est possible de consulter à l’aide de Pistard
une description détaillée de chacune d’elles.
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