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Les journaux personnels, témoins d’une époque (1758-1954)

Le journal du poète et journaliste Alfred DesRochers
(Cote P6 – Archives nationales du Québec, Sherbrooke)

 
Page tirée du journal d'Alfred Desrochers

Journaliste pendant de nombreuses années à La Tribune de Sherbrooke et auteur du recueil de poésie « À l’ombre de l’Orford », récompensé en 1931 par le Prix du Lieutenant-gouverneur, Alfred DesRochers nous est surtout connu par sa fille Clémence DesRochers. Né le 5 octobre 1905 à Saint-Élie d’Orford, il fréquente le collège séraphique des Pères Franciscains de Trois-Rivières entre 1918 et 1921, puis devient commis de magasin, homme de chantier et ouvrier de filature. En 1925, sa chance se présente enfin : il est engagé par La Tribune de Sherbrooke et il y travaille périodiquement comme journaliste jusqu’en 1952. Pendant quelques années, il est également traducteur à Ottawa et travaille pour La Presse canadienne de 1953 à 1964.

Au début de 1935, Alfred DesRochers prend la résolution de tenir un journal personnel afin d’y noter ses lectures et ses impressions. Bien que tenu irrégulièrement, ce journal présenté sous forme de petits cahiers l’accompagne toute sa vie, jusque dans sa retraite. DesRochers prend en note ce qui l’intéresse et consigne ses activités quotidiennes, notamment ses rencontres avec sa fille Clémence. Son journal nous donne un bon aperçu de ses occupations et de ses loisirs mais surtout, nous aide à comprendre la vie privée et les tiraillements intérieurs de cet homme.

DesRochers consacre ses temps libres à la poésie, aussi bien comme créateur que comme animateur de divers groupes d’écrivains. Il met sur pied la Société des écrivains de l’Est et son salon, rue George à Sherbrooke, voit défiler les Françoise Gaudet-Smet, Louis Dantin, Albert Pelletier - le père du comédien Gilles Pelletier - Germaine Guèvremont et Jeanne Grisé. En 1928, il publie son premier recueil de poèmes, intitulé « L’offrande aux vierges folles ». L’année suivante paraît « À l’ombre de l’Orford », qui lui vaut plusieurs prix et distinctions. En 1967, il publie son dernier recueil, « Élégies pour l’épouse en-allée », en hommage à sa femme décédée quelques temps auparavant. Récompensé par le Prix Duvernay pour l’ensemble de son œuvre en 1964, DesRochers se voit également décerner en 1976 un Doctorat honorifique de l’Université de Sherbrooke. Disparu le 12 octobre 1978 à l’âge de 73 ans, ce poète du terroir a su traduire le langage coloré des gens d’ici, tout comme le fait aujourd’hui sa fille Clémence par ses chansons et ses monologues.