Brève histoire de
la carte postale au Canada
| Les cartes postales numérisées
sont regroupées dans la banque
de données PISTARD par localité (Montréal,
Alma) sauf pour la ville de Québec où elles
sont classées par quartier. Il est donc possible de
les rechercher dans le champ TITRE du mode
de recherche avancée. Il est également
possible de les regrouper en recherchant la cote P547
dans le mode de recherche avancée.
Vous pouvez aussi voir d'autres
cartes postales tirées de la collection numérique. |
C’est à un Autrichien, le professeur Emmanuel Hermann,
que l’on attribue la paternité de la carte postale.
Cherchant à simplifier le système postal existant,
ce dernier met au point un feuillet cartonné devant circuler
à découvert, c’est-à-dire sans la protection
d’une enveloppe, tel que l’avait proposé un fonctionnaire
des postes prussiennes, Heinrich Stephan, lors de la Conférence
postale germano-autrichienne tenue à Karlsruhe en 1865. Mise
en circulation le 1er octobre 1869, la première carte postale
officielle, ou « Postkart », (sans illustrations) soulève
très vite un vif intérêt hors des frontières
de l’Empire des Habsbourg. Ainsi, dès les années
1870, les autres pays du continent européen, les États-Unis
et le Japon adoptent à leur tour ce nouveau moyen de communication.
En juin 1871, deux ans avant son voisin américain, le Canada
devient le premier pays en dehors de l’Europe à émettre
des cartes postales et à en admettre la circulation sur son
territoire. Il s’agit alors de cartes officielles non illustrées
devant servir à transmettre les messages d’affaires
du gouvernement. La carte postale illustrée « privé
» ne fait son apparition que vers la fin des années
1890, lorsque le Canada décide d’amender la Loi
des postes, le 9 décembre 1897, afin de permettre aux
entreprises privées de produire des cartes postales illustrées.
Aux États-Unis, la carte postale illustrée fait son
apparition à l’occasion de la « World Columbian
Exhibition » en 1893 à Chicago; pour commémorer
le 400e anniversaire de la découverte de l’Amérique
par Christophe Colomb, on émet des cartes à l’effigie
des divers pavillons de cette exposition. En Europe, et plus particulièrement
en Allemagne, la popularité grandissante des cartes de type
« Grüss aus » (« Salutations de »)
qui sont agrémentées de «vues multiples»
d’un lieu, avait depuis les années 1885 véritablement
lancé la carte postale illustrée.
Du début du siècle jusqu’à la Première
Guerre mondiale, la carte postale devient le moyen de communication
le plus populaire au monde. Les années 1900 à 1914,
que l’on qualifie d’« âge d’or de
la carte postale illustrée », voient la production
de cartes atteindre des sommets avec plus de 800 millions d’exemplaires.
Au Canada, cet âge d’or est plus tardif, car le ministère
des Postes n’adopte qu’en 1903 le format standard et
définitif que l’on connaît de nos jours, c’est-à-dire
un recto illustré et un verso divisé comportant un
espace à gauche pour le message et un autre à droite
pour l’adresse.
Soulignons que le succès de la carte postale est largement
tributaire de la montée du tourisme et du phénomène
de villégiature. Plus qu’un outil de promotion, la
carte postale permet au touriste de ramener en quelque sorte avec
lui une parcelle du paysage admiré, le souvenir du monument
observé. Au Québec, les éditeurs tirent profit
de l’intérêt des visiteurs pour la nature sauvage
en proposant des « vues » des chutes Montmorency ou
des rapides de Lachine. Quant aux compagnies ferroviaires et de
navigation, en s’associant à différents éditeurs,
elles contribuent par leurs séries de cartes postales à
faire connaître et à mettre en valeur les municipalités
situées sur leurs parcours.
Symbole de la Belle Époque, la carte postale se transforme
progressivement en instrument de propagande au cours de la Grande
Guerre. Le développement d’autres moyens de communication,
comme le téléphone, à la fin des années
1910 explique également son déclin. Certes, la carte
postale trouve au cours du siècle de nouveaux adeptes et
de nouvelles utilisations. En 1942, par exemple, le gouvernement
canadien met à la disposition du public des « cartes-avion
» qui permettent de correspondre avec les prisonniers de guerre
en Allemagne et en Italie. À partir de 1944, la carte postale
est aussi utilisée par les hôpitaux pour communiquer
avec les proches parents de soldats blessés ou morts au combat.
Toutefois, il faut attendre le milieu des années 1970 pour
assister à la renaissance de l’intérêt
pour ce moyen de communication. Depuis, des historiens, des intervenants
du milieu muséal ainsi que des collectionneurs ont multipliés
les travaux sur l’histoire et l’importance de ce phénomène
et ont organisé de nombreuses expositions qui lui ont redonné
une certaine visibilité.
Aujourd’hui, nous retrouvons encore la carte postale dans
sa forme traditionnelle un peu partout au monde. Par contre, depuis
le début des années 1990, elle s’est trouvé
un nouveau médium : l’Internet. En effet, plusieurs
sites web offrent un service d’envoi de cartes virtuelles
et certains proposent même une vaste gamme d’images
et de cartes anciennes issues de collections privées. Finalement,
de plus en plus d’institutions mettent en ligne des séries
entières de cartes postales anciennes, ce qui permet au grand
public de profiter de la richesse de ces collections.
La Collection Magella Bureau de Bibliothèque
et Archives nationales du Québec
Nous vous proposons plus de 32 000 cartes postales du Canada tirées
de la Collection Magella Bureau qui ne compte pas moins de 150 000
cartes. Constituée par un fonctionnaire du ministère
de l’Agriculture, elle rassemble des cartes anciennes provenant
du monde entier. Ces cartes, qui datent des années 1890 à
1965, illustrent différents lieux mais montrent aussi des
personnages, des paysages naturels et des animaux.
Né le 15 juin 1902 dans le Faubourg Saint-Jean-Baptiste
à Québec, Magella Bureau fut un collectionneur passionné
non seulement de cartes postales mais aussi de cartes de vœux,
de cartes de Noël, d’images pieuses et de timbres. Il
s’est aussi intéressé à l’observation
des oiseaux et à l’herpétologie, plus particulièrement
à l’étude des serpents. Il a d’ailleurs
fait plusieurs communications scientifiques et publié un
article en 1935 dans le Naturaliste canadien.
Cette série de cartes postales du Canada que publie en ligne
Bibliothèque et Archives nationales du Québec (cote
P547,S1,SS1) rend accessibles près de 20
000 cartes illustrant des villes et des villages du Québec.
Les villes de Québec et Montréal sont particulièrement
bien représentées, avec près de 4000 cartes
chacune. Quant aux autres provinces et territoires canadiens, environ
11 400 cartes postales leur sont consacrées. Organisée
par provinces et par villes, la série permettra à
tous les internautes de découvrir les paysages du Québec
et du Canada.
Soulignons que l’ensemble des cartes postales est disponible
sur CD-ROM et qu’il est possible de les consulter
au Centre de Québec de Bibliothèque et Archives nationales
du Québec. La Collection Magella Bureau compte aussi un nombre
important de cartes provenant d’autres pays, comme les États-Unis
(cote P547,S1,SS2), la France (cote P547,S1,SS3)
et l’Italie (cote P547,S1,SS4) avec respectivement
30 410, 30 000 et 7 700 cartes postales.
Les cartes postales numérisées sont regroupées
dans la banque
de données PISTARD par localité (Montréal,
Alma) sauf pour la ville de Québec où elles sont classées
par quartier. Il est donc possible de les rechercher dans le champ
titre du mode de recherche avancée. Il est également
possible de les regrouper en recherchant la cote P547 dans le mode
de recherche avancée.
Le Canada des années 1920 en cartes
postales
L’invitation au voyage…
Vous êtes-vous déjà posé les questions
suivantes?…
À quoi ressemblaient les capitales provinciales du Canada
au début du siècle?
Quelles étaient à l’époque les villes
les plus urbanisées?
Est-ce que la capitale de l’île de Terre-Neuve, St.
John, était desservie par un tramway?
Qu’est-ce qui pouvait bien intéresser un visiteur de
Regina, de Victoria ou d’Halifax au début du siècle?
Quels étaient les principaux attraits de ces villes?
Ces attraits sont-ils les mêmes aujourd’hui?
Voilà bien des questions auxquelles les livres d’histoire
n’apportent pas toujours la réponse et qui pourtant
éveillent la curiosité des petits et des grands! Source
de renseignements souvent négligée, la carte postale
permet de découvrir les transformations qui touchent le paysage
urbain et rural, l’architecture des grandes villes, le développement
des infrastructures de transport ou encore, tout simplement, ce
qui a fait la réputation d’un lieu et a su séduire
ses visiteurs.
Afin de découvrir la richesse de la collection Magella
Bureau de Bibliothèque et Archives nationales du Québec,
nous vous proposons un voyage virtuel à travers les capitales
provinciales canadiennes. Nous avons privilégié les
années 1920 et 1930 vu la gamme impressionnante de cartes
postales de l’entre-deux-guerres qui composent cette collection.
Observez bien ces scènes de vie urbaine, ces tramways et
surtout ces automobiles, de plus en plus présentes dans ces
images que l’on propose aux touristes. Constatez l’importance
que l’on accorde déjà à l’époque
aux hôtels du Canadien National et aux édifices du
Parlement des provinces de l’Ouest récemment entrées
dans la Confédération canadienne. Voyez comment certaines
prises de vues illustrent le rôle économique et commercial
d’une ville ou l’importance déterminante d’un
port ou d’un fleuve pour son développement et son choix
comme capitale canadienne. Ouvrez l’œil et prêtez
attention à ces petits détails qui en disent long.
Bon voyage! |