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Art et culture au Québec, 1940-1980

Art et culture au Québec, 1940-1980 :

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accès aux films À partir des années 1960, la prospérité économique, l’urbanisation généralisée, l’augmentation du temps de loisir, la montée de la jeunesse et, bien entendu la Révolution tranquille créent plus que jamais un climat propice au rejet des modèles traditionnels et à l’adoption de nouvelles pratiques de consommation.

Malgré les difficultés qu’il connaît, le cinéma reste très présent dans la vie culturelle. S’il est largement dominé par les productions internationales, cet art connaît une effervescence sans précédent au cours des années 1960, 1970 et 1980. Dans les années 1960, de nombreux réalisateurs vont ramener le documentaire au goût du jour par un cinéma « direct » à forte incidence sociale et politique, avec des films comme Pour la suite du monde de Pierre Perreault et Michel Brault en 1963. Vers 1970, une nouvelle cinématographie québécoise émerge et donne naissance, entre 1968 et 1973, à près de 120 longs métrages dont certains connaissent un succès fort appréciable. Retenons parmi tant d’autres les films de Claude Jutra (Kamouraska, Mon oncle Antoine), de Gilles Carles (La mort d’un bûcheron, La vraie nature de Bernadette), de Jean-Claude Lord (Les colombes) et de Denys Arcand (Réjeanne Padovani et, dans les années 1980, son énorme succès Le déclin de l’empire américain).

Du côté musical, la scène québécoise est marquée par les débuts de la musique populaire et de la chanson québécoise. Fortement influencés par la chanson française de l’après-guerre (Brel, Brassens, Ferré) et du Québécois Félix Leclerc, les Claude Léveillée, Jean-Pierre Ferland, Gilles Vigneault et Claude Gauthier feront entendre leurs voix par des chansons imprégnées de poésie, souvent engagées et qui s’inscrivent dans un nouvel esprit d’affirmation nationale et culturelle qui caractérise la Révolution tranquille. Robert Charlebois et Diane Dufresne incarneront, quant à eux, les débuts du rock proprement québécois.

À partir des années 1960, les romanciers québécois vont également se mettre à enfreindre les règles traditionnelles de l’écriture, notamment par le non-respect de la chronologie, les défis à la vraisemblance, le recours au joual, à l’érotisme, la présence de personnages en révolte contre l’ordre, la religion et la morale. Mentionnons Le libraire (1960) de Gérard Bessette, Une saison dans la vie d’Emmanuel (1965) de Marie-Claire Blais, L’avalée des avalés (1966) de Réjean Ducharme, Salut Galarneau (1967) de Jacques Godbout ou encore La guerre, yes sir! (1968) de Roch Carrier. Quant aux arts visuels, ils sont marqués par l’influence des peintres, des graveurs et des sculpteurs tels que Marcelle Ferron et Albert Dumouchel dans les années 1960, et Jordi Bonet dans les années 1970. Soulignons également, au début des années 1960, l’émergence d’une nouvelle esthétique musicale incarnée par des compositeurs comme Serge Garant, François Morel et Jacques Hétu.