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Contrats de mariage de la région de Québec, 1761-1946

En quelques décennies, la généalogie est devenue le passe-temps préféré de plusieurs milliers de Québécois. Afin de répondre aux besoins croissants des chercheurs, les sociétés de généalogie et d'histoire, les centres d'archives ainsi que nombre d'individus se sont engagés dans le développement d'instruments de recherche. Aujourd'hui, les nouvelles technologies, en particulier Internet, en permettent une plus grande diffusion favorisant ainsi une plus grande accessibilité aux données généalogiques disponibles, une prolifération des pistes offertes aux chercheurs, une démocratisation accrue de la généalogie et une accélération marquée des temps de recherche.

Michel Simard

C'est dans cet esprit que j'ai entrepris l'informatisation du fichier des contrats de mariage de la région de Québec, pour la période 1780-1930, disponible sur microfiches (No 301 604) au Centre de Québec de Bibliothèque et Archives nationales du Québec. Ce fichier complétait les volumes publiés par Pierre-Georges Roy en 1937-1938, inventoriant les contrats de mariage du régime français conservés aux Archives judiciaires de Québec. Constitué à partir de la fin des années 1970 par monsieur Roland-J. Auger, généalogiste reconnu, alors conservateur intérimaire des Archives nationales du Québec (ANQ), et par ses collaborateurs, il comprend des références sur 30 000 contrats de mariage reçus par des notaires du district de Québec pour la période allant grosso modo de 1780 à 1930. À l'origine disponible sur papier, ce fichier intitulé Contrats de mariages, district de Québec 1780-1930, a été reproduit sur microfiches au milieu des années 80.

Cependant, ce fichier était incomplet autant par la présence de greffes dépouillés partiellement que par l'omission de plusieurs autres. Le transfert de greffes de notaire de la fin du 19e siècle au Centre de Québec de Bibliothèque et Archives nationales du Québec en 1996 et un contrôle systématique des greffes déjà déposés, m'ont permis d'ajouter 10 000 contrats de mariage à ce fichier. Il contient maintenant 43 000 contrats pour la période allant de 1761 à 1946. Il est exhaustif entre 1775 et 1900 inclusivement. Ce fichier, couplé avec la banque de données Parchemin, permet donc de retracer tous les contrats de mariage de la région immédiate de Québec, des débuts de la colonie jusqu'en 1900.

L'ensemble du fichier touche plus de 350 greffes de notaires ayant exercé sur un territoire comprenant la région de Portneuf, les environs de Québec, la ville de Québec, la Côte-de-Beaupré, l'Île d'Orléans, la Rive-Sud de Québec et Lotbinière. Quelques-uns des clients de ces notaires proviennent de régions limitrophes (Charlevoix, Beauce ou Bellechasse). En tenant compte des mentions de conjoints antérieurs, le fichier mentionne plus de 93 000 individus.

L'opération de saisie informatique a également permis de corriger des erreurs et des omissions du fichier original. Des mentions de professions et de lieux de résidence ont été ajoutés, mais puisque ces informations avaient été omises dans le fichier original, notre dépouillement s'est surtout concentré sur les professions liées aux élites ou étant particulièrement peu fréquentes. Malgré tout, nous retrouvons 2 119 mentions de professions dont celles de 617 habitants, cultivateurs et agriculteurs; 156 marchands, négociants et commerçants; 146 médecins, docteurs et chirurgiens; 107 avocats; 82 notaires; 43 cordonniers; de 30 comptables; 18 photographes; 13 imprimeurs; 12 typographes et 10 architectes.

En collaboration avec Bibliothèque et Archives nationales du Québec, un jumelage des informations touchant les contrats de mariage a été fait avec la banque de données sur les inventaires après décès déjà diffusées sur le portail de BAnQ. Nous avons également cherché à retracer les contrats de mariage successifs des individus s'étant remariés. Ces comparaisons ont confirmé la qualité des données contenues dans les deux banques tout en permettant de corriger, de compléter et d'uniformiser l'orthographe des noms et des prénoms des deux banques. Nous n'avons cependant pas ajouté de surnom au nom ou extrapolé à partir d'un surnom si nous ne savions pas que l'individu y avait recours.

Le chercheur est invité à définir sa stratégie de recherche en misant sur le fait que la recherche se fait à partir de chaînes de caractères. Il est ainsi préférable d'avoir le minimum de caractères afin de retracer toutes les occurrences pertinentes. Par exemple, demandez " Arsen " pour " Arsenault " puisque ce patronyme peut comporter plusieurs variantes orthographiques. De même, " Louise " est préférable à " Marie-Louise " puisqu'une même personne peut être présentée différemment suivant les circonstances. Enfin, on peut coupler des prénoms avec une année si les noms de famille sont complexes ou si on veut valider une première recherche qui s'est avérée infructueuse. Il faut être créatif! Éviter de mettre trop d'informations dans trop de champs. Attention aux accents. Une seule erreur se traduira alors par un échec de la recherche. La normalisation des noms et prénoms et la mention de variantes associée à un patronyme se veulent un moyen de faciliter la recherche. L'outil informatique comporte un potentiel extrêmement important et il offre surtout la possibilité de questionner de différentes manières afin de s'assurer de la validité des résultats.

Ce travail d'informatisation de données a d'abord été entrepris il y a plusieurs mois sans laisser présager qu'il pourrait faire l'objet d'une diffusion électronique. Ce n'est que vers la fin de la saisie, et aussi en constatant l'ampleur des possibilités offertes par cette compilation, que l'auteur a accepté une offre de monsieur Rénald Lessard, responsable de la Division de la référence et de la diffusion, au Centre de Québec de Bibliothèque et Archives nationales du Québec, de diffuser cette banque par le biais du portail de Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

Cette contribution complète bien la banque de données sur les inventaires après décès des districts judiciaires de Québec, de Charlevoix, de Beauce, de Montmagny et de Kamouraska mise en ligne par Bibliothèque et Archives nationales du Québec. De plus, d'ici la fin de 2003, deux nouvelles banques comportant respectivement 6 000 et 10 000 références à des contrats de mariage, qui permettront de couvrir les districts judiciaires de Charlevoix et de Beauce, s'ajouteront à celle du district judiciaire de Québec. Ces fichiers complètent l'œuvre entreprise pour la grande région de Québec par le frère Éloi-Gégard Talbot, reprise plus récemment par Raymond Tanguay et Gilles LeBel pour les comtés de Charlevoix, de Montmagny, de L'Islet et de Bellechasse. Signalons aussi les contributions de Raymond Gingras qui a dépouillé un certain nombre de greffes de notaire et a signalé tout au long de sa carrière l'importance d'entreprendre de tels relevés.

Tous ces efforts visent à permettre aux chercheurs en généalogie et en histoire, d'accéder rapidement à un corpus important d'informations et aussi d'apprécier la richesse des archives notariales, une source de renseignements privilégiée sur un passé révolu qui ne demande qu'à être redécouvert. Je vous invite donc à utiliser cet outil et à découvrir les plaisirs découlant de la fréquentation des archives.

Michel Simard,
chercheur autonome et généalogiste

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