Connaître les circonstances du décès d’un être cher est important pour ses proches lorsque celui-ci mourrait subitement. À ce moment le coroner du district, généralement un médecin nommé par les autorités judiciaires, intervenait avec le concours d’un jury composé de personnes de l’entourage du défunt. Après avoir entendu les dépositions des témoins et après l’examen du cadavre, le coroner rendait son verdict et dressait un procès-verbal des causes du décès. Par la suite, la famille amorçait les démarches pour l’inhumation du défunt.
Au cours des années 1840-1850, les autorités judiciaires ont entrepris une décentralisation en dotant les communautés éloignées d’une entité judiciaire locale. Ainsi, chaque chef-lieu devait nommer parmi ses notables un protonotaire, un shérif et un coroner de district pour l’administration de la justice. Jusqu’au milieu du 20e siècle, le district judiciaire de Saguenay s’étendait de la Petite-Rivière-Saint-François jusqu’à Blanc-Sablon.

Il y a une dizaine d’années j’ai dressé un répertoire des dossiers des enquêtes des coroners du district de Saguenay déposés à Bibliothèque et Archives nationales du Québec. Ce travail n’ayant pas été publié, il me fait plaisir de participer au travail d’informatisation entrepris par une équipe de Bibliothèque et Archives nationales du Québec. À mon répertoire qui couvre la période allant de 1862 à 1925 pour la région de Charlevoix avec un supplément de 1925 à 1937 pour le territoire de la Côte-Nord, monsieur Guy Gagnon a bénévolement dépouillé toutes les autres enquêtes jusqu’en 1944. Il est malheureux de constater que les dossiers d’enquêtes pour la période de 1874 à 1885 ont presque que complètement disparus. Le relevé des 2 377 enquêtes du district de Charlevoix antérieures à 1945 a été intégré à la grande banque de données sur les enquêtes des coroners offrant ainsi aux chercheurs un moyen rapide et convivial de repérer les documents susceptibles de l’intéresser. Signalons en particulier la présence de plusieurs centaines d’enquêtes tenues à l’Hospice Sainte-Anne à Baie-Saint-Paul qui recevait des bénéficiaires provenant de toutes les régions du Québec.
Bonne recherche,
Michel Simard
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