Édition québécoise


L'édition ou impression québécoise commence en 1764. Il y a donc 204 ans de publications avant l'établissement du dépôt légal sur le territoire québécois en 1968. Les documents locaux parus entre 1764 et 1820 se trouvent dans la collection de livres anciens. BAnQ conserve plus de 48 600 titres de monographies québécoises publiées entre 1821 et 1967.

 

HautQuelques particularités

Hydro-électricité.

BAnQ possède une importante collection de manuels scolaires anciens et un imposant ensemble de livres québécois pour les jeunes remontant au début de la littérature jeunesse au Québec. Certains auteurs et éditeurs particulièrement prolifiques localement vont déborder les cadres du Québec et se voir traduits et édités dans une multitude de pays et de langues. Pour plus de détails, on pourrait consulter l'article de Denise Fortin « Soixante-dix ans de littérature de jeunesse au Québec », publié dans À rayons ouverts, no 16, octobre-décembre 1991, pp. 4-5.

L'hydro-électricité, la foresterie, l'acériculture et la minéralogie sont des secteurs de recherche traditionnellement privilégiés par l'industrie locale qui trouvent plusieurs reflets dans les publications québécoises. Les nombreux ouvrages pratiques dont notre édition est féconde, comme ceux des secteurs de la rénovation et de la cuisine, contribuent à enrichir le vaste éventail de documents offerts à la consultation par BAnQ.

 

HautDe 1821 à 1899

Charles Guérin.

L’année 1821 marque le début de la période post-artisanale chez les imprimeurs, ce qui explique la multiplication des titres. Des documents historiques devenus introuvables sont réédités : les récits de Jacques Cartier (1843) et de Samuel de Champlain (1869), les Relations (1858) et le Journal des jésuites (1871). Parallèlement, les travaux d'historiens locaux commencent à paraître : Abrégé d'histoire du Canada, de Joseph-François-Perrault (1832) et surtout Histoire du Canada depuis sa découverte jusqu'à nos jours, de François-Xavier Garneau (1845-1852) et, en langue anglaise, A History of the Late Province of Lower Canada, de Robert Christie (1848-1855).

C'est aussi la naissance d'une véritable littérature nationale souvent rattachée à un courant historicisant : Les fiancés de l'an 1812, de Joseph Doutre (1844), Charles Guérin de Pierre-Joseph-Olivier Chauveau (1853), Les anciens Canadiens, de Philippe Aubert de Gaspé (1863), Une de perdue, deux de trouvées, de Georges Boucher de Boucherville (1874), Jean Rivard : scènes de la vie réelle, d'Antoine Gérin-Lajoie (1874), La légende d'un peuple, de Louis Fréchette (1887) et Le chien d’or (The Golden Dog) : a Legend of Quebec, de William Kirby (1877). À la même époque paraissent des ouvrages synthèses : l’Histoire de la littérature canadienne, d'Edmond Lareau (1874) qu'avaient précédé Le répertoire national, de James Huston (1848-1850) et Maple Leaves, de James McPherson Lemoine (1863) en langue anglaise.

Évidemment, les problèmes politiques de la période trouvent leur écho dans le monde de l'édition; par exemple, d'une part le Journal historique des événements arrivés à Saint-Eustache, pendant la rébellion du comté du Lac des Deux-Montagnes [...] (1838) et d'autre part le Rapport de Lord Durham (1839) ou Le Canada sous l'Union, 1841-1867 de Louis-Philippe Turcotte (1873) et La Confédération, couronnement de dix années de mauvaise administration, d’Alphonse Lusignan (1867). Il en va de même pour Les premiers rudimens de la constitution britannique […] traduit de l'anglais par Jacques Labrie (1827) ou Le droit civil canadien [...], de Pierre-Basile Mignault (1895-1916).

Émile Nelligan.

La langue vernaculaire, à laquelle s'intéressent Oscar Dunn et Sylva Clapin, le chant et la musique traditionnels ou populaires compilés et étudiés par Ernest Gagnon et Ernest Myrand, les ouvrages de sciences comme le Nouveau traité abrégé de la sphère (1824), La chimie agricole [...], de Napoléon Aubin (1848) et The Origin of the World According to Revelation and Science, de John William Dawson (1877) autant que l'éducation, avec le Cours d'éducation élémentaire [...], de Joseph-François Perrault (1822), Mémorial de l'éducation du Bas-Canada, de Jean-Baptiste Meilleur (1860) et L'instruction publique au Canada, de Pierre-Joseph-Olivier Chauveau (1876) attestent la grande variété des publications de cette période.

 

Haut De 1900 à 1967

Ægidius Fauteux.L'introduction de l'imprimerie au Canada.

À partir de 1900, on assiste à une prolifération sans précédent des publications québécoises et l'éveil de la littérature y est pour beaucoup. Les œuvres de Félix-Antoine Savard, de Gabrielle Roy ou d’Alain Grandbois suivront l'incontournable Maria Chapdelaine, de Louis Hémon (1916). L'engouement pour la poésie se concrétise par la création de l'École littéraire de Montréal dont le plus illustre membre reste Émile Nelligan.

Michel Lessard.

Cette période voit aussi l'aboutissement de travaux bibliographiques importants dont ceux de Narcisse-Eutrope Dionne, de Philéas Gagnon et d’Ægidius Fauteux. Si les travaux du chanoine Groulx annoncent déjà l'ère moderne en histoire, les domaines qui s'y rattachent donnent aussi lieu à de nombreuses publications : celles de Marius Barbeau puis de Robert-Lionel Séguin en ethnologie, de Gérard Morisset sur le patrimoine artistique et architectural, de Maurice Gagnon en art, de Jean Palardy en histoire du mobilier. La parution de Refus global en 1948 va propulser le Québec vers la modernité; Les insolences du frère Untel, de Jean-Paul Desbiens (1960) aura aussi, en ce sens, valeur de manifeste et aboutira à ce que l'on qualifiera de « Révolution tranquille ».

Il faut aussi souligner le phénomène éditorial très important que fut l'édition de guerre ou transatlantique. Pendant l'occupation de la France lors de la guerre de 1939-1945, les éditeurs et imprimeurs québécois prirent la relève de leurs collègues parisiens pour publier des centaines d'ouvrages d'auteurs français autant classiques que contemporains tels Molière, Flaubert ou Éluard. À ce sujet, vous pouvez lire l'article de Pierre Mailloux dans la revue À rayons ouverts, vol. 9, no 35, juillet-septembre 1996, pp. 2-3.

Du côté des auteurs anglophones, quelques-uns décrivent la vie et l'âme de grandes villes québécoises : Montréal, 1535-1914, de William Atherton, en 1914 et The Apprenticeship of Duddy Kravitz de Mordecai Richler (1959).

Jean-Claude Marsan.

Haut Depuis 1968

Si la période précédente marque une multiplication des titres, celle qui suit l'instauration du dépôt légal au Québec présente une progression exponentielle enrichissant d'autant le corpus bibliographique québécois dans tous les domaines du savoir. Dès sa création, la Bibliothèque nationale du Québec s'engage dans la compilation de la bibliographie nationale courante et rétrospective, de bibliographies et de catalogues thématiques. C'est aussi l'époque de travaux d'une envergure incomparable en histoire : Dictionnaire biographique du Canada; en littérature : Dictionnaire des oeuvres littéraires du Québec; en arts : Encyclopédie de la musique au Canada, Dictionnaire des artistes de langue française en Amérique du Nord; en linguistique : Richesses et particularités de la langue écrite au Québec; mais aussi en sciences où par exemple paraissent de nombreuses rééditions de la Flore laurentienne, de Marie-Victorin, ou en droit où paraît un tout nouveau Code civil du Québec.

Il faut aussi souligner l'intérêt grandissant de nombreux auteurs pour le patrimoine architectural, dont Michel Lessard et Jean-Claude Marsan. La richesse éditoriale est particulièrement évidente du côté littéraire. Certains auteurs, comme Michel Tremblay, Anne Hébert ou Marie-Claire Blais, publient beaucoup, au grand plaisir de leurs lecteurs.

Il est possible d'avoir plus de détails sur l'entreprise de la bibliographie rétrospective en consultant l'article de Louise Filion « La Bibliographie du Québec rétrospective : une étape est réalisée » paru dans À rayons ouverts, no 32, octobre-décembre 1995, pp. 7-8.

 

Nos partenaires

Catalogue des bibliothèques du Québec. RFN. RDAQ. Les Amis de BAnQ. Fondation de BAnQ.