L'édition ou impression québécoise commence en 1764. Il y a donc 204 ans de publications avant l'établissement du dépôt légal sur le territoire québécois en 1968. Les documents locaux parus entre 1764 et 1820 se retrouvent dans la collection des livres anciens. BAnQ conserve plus de 48 600 titres de monographies québécoises publiées entre 1821 et 1967.
Le plus ancien noyau de cette collection de monographies (1821-1899) révèle que pour 79 ans BAnQ possède 7 341 des titres parus au Québec (c'est-à-dire 15% de la production rétrospective possédée par la Bibliothèque) et 41 252 titres (85%) pour les 67 ans qui vont de 1900 à 1967. Pour l'ensemble, le pourcentage d'ouvrages littéraires est de 34.4% et contrairement à la croyance populaire, les ouvrages de religion ne représentent que 17.6% de l'ensemble.
Il est possible d'avoir plus de détails sur l'entreprise de la Bibliographie rétrospective en consultant l'article de Louise Filion La Bibliographie du Québec rétrospective : une étape est réalisée paru dans À rayons ouverts, no 32, octobre-décembre 1995, pp. 7-8.
HautQuelques particularitésPour toutes ces périodes, la Bibliothèque possède une importante collection de manuels scolaires anciens et un imposant ensemble de livres québécois pour les jeunes remontant au début de la littérature enfantine au Québec . Certains auteurs et éditeurs particulièrement prolifiques localement vont déborder les cadres du Québec et se voir traduits et édités dans une multitude de pays et de langues. Pour plus de détails, on pourrait consulter l'article de Denise Fortin Soixante-dix ans de littérature de jeunesse au Québec, publié dans À rayons ouverts, no 16, octobre-décembre 1991, pp. 4-5.
L' hydro-électricité, la foresterie et la sylviculture et plus particulièrement l'acériculture, la minéralogie, sont des secteurs privilégiés par l'industrie locale et se reflètent dans les publications québécoises. Les très nombreux ouvrages pratiques dont notre édition est féconde comme ceux des secteurs de l'alimentation et de la cuisine contribuent à enrichir le vaste éventail de documents offerts à la consultation par BAnQ.
HautDe 1821 à 18991821 marque le début de la période post-artisanale chez les imprimeurs, ce qui explique la multiplication des titres. Des documents historiques devenus introuvables sont réédités : les récits de Jacques Cartier (1865), de Samuel de Champlain (1869), les Relations (1858) et le Journal des Jésuites(1871). Parallèlement les travaux d'historiens locaux commencent à paraître : Abrégé d'histoire du Canada, de Joseph-François-Perrault (1833) et surtout Histoire du Canada depuis sa découverte jusqu'à nos jours, de François-Xavier Garneau (1845-1852) et en langue anglaise A history of the late Province of Lower Canada, de Robert Christie (1848).
C'est aussi la naissance d'une véritable littérature nationale souvent rattachée à un courant historicisant : Les fiancées de l'an 1812, de Joseph Doutre (1844), Charles Guérin de Pierre-Joseph-Olivier Chauveau (1852-1853), Les Anciens Canadiens, de Philippe Aubert de Gaspé (1863), Une de perdue, deux de trouvée, de Georges Boucher de Boucherville (1874), Jean Rivard : scènes de la vie réelle, d'Antoine Gérin-Lajoie (1877), La légende d'un peuple, de Louis Fréchette (1887) et The Golden dog : a legend of Quebec, de William Kirby (1877). À la même époque apparaissent des ouvrages synthèses : L'Histoire de la littérature canadienne, d'Edmond Lareau (1874) qu'avait précédé Le Répertoire national, de James Huston (1848-1850) et Maple Leaves, de James McPherson Lemoine (1863) en langue anglaise.
Évidemment les problèmes politiques de la période trouvent leur écho dans le monde de l'édition; par exemple d'une part le Journal historique des évènements arrivés à St-Eustache, pendant la rébellion du Lac des Deux-Montagnes [...] (1838) et d'autre part le Rapport de Lord Durham [...] (1841) ou Le Canada sous l'Union [...], de Louis-Philippe Turcotte (1873), La Confédération , couronnement de dix années de mauvaise administration, de Alphonse Lusignan (1867). Il en va de même pour les préoccupations sur la constitution ou le droit comme Les premiers rudimens de la constitution britannique traduit de l'anglais par Jacques Labrie (1827) ou Le Droit civil canadien [...], de Pierre-Basile Mignault (1855).
La langue vernaculaire, à laquelle s'intéressent Oscar Dunn et Sylva Clapin, le chant et la musique traditionnels ou populaires compilés et étudiés par Ernest Gagnon et Ernest Myrand, les ouvrages de sciences comme le Nouveau traité abrégé de la sphère (1824), La chimie agricole [...], de Napoléon Aubin (1848) et le The Origin of the World according to revelation and science, de John William Dawson (1877) autant que l'éducation avec Cours d'éducation élémentaire [...], de Joseph-François Perrault (1822), Mémorial de l'éducation du Bas-Canada, de Jean-Baptiste Meilleur (1860), L'instruction publique au Canada, de Pierre-Joseph-Olivier Chauveau (1876) attestent de la grande variété des publications de cette période.
Haut De 1900 à 1967À partir de 1900, on assiste à une multiplication sans précédent de publications québécoises. Évidemment l'éveil de la littérature y est pour beaucoup. Les oeuvres de Félix-Antoine Savard, Gabrielle Roy ou Alain Grandbois suivront l'incontournable Maria-Chapdelaine, de Louis Hémon (1916). L'engouement pour la poésie se concrétise par la création de l'École littéraire de Montréal dont le plus illustre membre reste Émile Nelligan .
Cette période voit aussi l'aboutissement de travaux bibliographiques importants dont ceux de Narcisse-Eutrope Dionne, Philéas Gagnon et Ægidius Fauteux (L'introduction de l'imprimerie au Canada , 1957). Et si les travaux du chanoine Groulx annoncent déjà l'ère moderne en histoire, les domaines qui s'y rattachent donnent aussi lieu à de nombreuses publications : celles de Marius Barbeau puis Robert-Lionel Séguin en ethnologie, Gérard Morisset pour le patrimoine, Maurice Gagnon en art, Jean Palardy en histoire du mobilier. La parution du Refus global en 1948 va propulser le Québec vers la modernité; Les Insolences du frère Untel, de Jean-Paul Desbiens (1960) aura aussi, en ce sens, valeur de manifeste et aboutira à ce que l'on qualifiera de « révolution tranquille ».
Il faut aussi souligner le phénomène éditorial très important que fut l'édition de guerre ou transatlantique. Pendant l'occupation de la France lors de la guerre 1939-45, les éditeurs et imprimeurs québécois prirent la relève de leurs collègues parisiens pour publier des centaines d'ouvrages d'auteurs français autant classiques que contemporains tels Molière, Flaubert ou Éluard. À ce sujet, vous pouvez lire l'article de Pierre Mailloux dans la revue À rayons ouverts, vol. 9, no 35, juillet-septembre 1996, pp. 2-3.
Du côté des auteurs anglophones, quelques uns décrivent la vie et l'âme de grandes villes québécoises : Montréal, de William Atherton, en 1914 et The loved and the lost, de Morley Callaghan (1951).
Haut Depuis 1968Si la période précédente marque une multiplication des titres, celle qui suit l'instauration du dépôt légal au Québec présente une progression exponentielle enrichissant d'autant le corpus bibliographique québécois dans tous les domaines du savoir. Dès sa création, BAnQ s'engage dans la compilation de la Bibliographie nationale courante et rétrospective, de bibliographies et de catalogues thématiques. C'est aussi l'époque de travaux d'envergure incomparable en histoire : Dictionnaire biographique du Canada; en littérature : Dictionnaire des oeuvres littéraires du Québec; en arts : Encyclopédie de la musique au Canada, Dictionnaire des artistes de langue française en Amérique du Nord; en linguistique : Richesses et particularités de la langue écrite au Québec; mais aussi en sciences où par exemple paraissent de nombreuses rééditions de la Flore Laurentienne , de Marie-Victorin ou en droit où se fait la parution d'un tout nouveau Code civil du Québec. Celui-ci existe aussi sous forme de document électronique tout comme l'Herbier de Marie Victorin. Ces nouveaux types d'édition font entrer BAnQ de plein pied dans les nouvelles technologies.
Il faut aussi souligner l'intérêt grandissant de nombreux auteurs pour le patrimoine qui fournit de nombreux auteurs dont Michel Lessard et Jean-Claude Marsan. La richesse éditoriale est particulièrement évidente du côté littéraire par la prolifération des auteurs. Certains, comme Michel Tremblay, Anne Hébert ou Marie-Claire Blais, vont assez bien illustrer l'abondance littéraire depuis une trentaine d'années.
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