L'Osstidcho - Les bandes audio retrouvées.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

Archives et documents

Sur les traces de l'aventure de L'Osstidcho

Illustration en couleurs de Jacques Delisle mettant en vedette les membres de L’Osstidcho et utilisée en page couverture du Magazine Maclean en novembre 1968.Voici la description des documents conservés par Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) au sujet de L'Osstidcho, ce spectacle légendaire qui a profondément marqué l'imaginaire des Québécois.

Tout d'abord, deux enregistrements sonores, malheureusement incomplets, témoignent de l'ambiance survoltée de ce véritable happening musical.

Le fonds d'archives d'Yvon Deschamps contient une captation inédite (P765, S9, D1) de la représentation donnée au Théâtre de Quat'Sous (159 places), à Montréal, le 20 juin 1968. Découvertes en 2012, les quatre bandes magnétiques de cet enregistrement nous retrempent dans l'atmosphère électrique de la première mouture de ce spectacle, présentée du 28 mai au 20 juin 1968.

Rapport financier de la Comédie-Canadienne concernant le spectacle L'Osstidcho King Size.Une deuxième mouture, intitulée L'Osstidcho King Size, a pris l'affiche du 2 au 8 septembre 1968 à la Comédie-Canadienne (850 places), l'actuel Théâtre du Nouveau Monde, à Montréal. L'enregistrement d'une de ces représentations est attribuable à Pierre Petel, alors chef des émissions de variétés à Radio-Canada, dont le fils Alain a redécouvert les trois bandes magnétiques originales en 2003 et les a ensuite données à BAnQ. On peut consulter ce tout premier enregistrement connu de L'Osstidcho à la Collection nationale de musique, à la Grande Bibliothèque.

Le fonds d'archives de la Comédie-Canadienne contient le dossier de production (MSS461, S7, D251) de cette deuxième mouture de L'Osstidcho, y compris le contrat de location signé par Yvon Deschamps et Gratien Gélinas, directeur-fondateur de la Comédie-Canadienne, ainsi qu'un rapport détaillé des recettes, qui ont totalisé environ 10 000 $ pour sept soirs. Réalisées par Ronald Labelle, quelques photographies (MSS461, S8, D140) montrent les artistes sur scène.

Maurice Richard, Louise Forestier, Guy Thouin et Jean Préfontaine dans les coulisses du Théâtre de Quat'Sous.Sur le plan iconographique, la collection « Les 30 journées qui ont fait le Québec » renferme un enregistrement vidéo réalisé par Jean Roy documentant la première de L'Osstidcho, le 28 mai 1968. Dans le fonds Québec-Presse (P404), une dizaine de planches-contacts 35 mm et quelques photographies montrent certains moments forts de la première mouture. On y aperçoit le public attroupé devant le Quat'Sous, les artistes dans les loges, les musiciens du Quatuor du nouveau jazz libre du Québec en tuniques bigarrées[1], le décor d'échafaudage de Germain Perron, Yvon Deschamps livrant le monologue Les unions, qu'ossa donne?, plusieurs duos Forestier-Charlebois et Mouffe-Forestier ainsi que les quatre protagonistes sur scène, tout de blanc vêtus avec leurs chapeaux melon.

Le spectacle est repris dès le 21 juin 1968 à Saint-Léonard sous le titre édulcoré L'H… de chaux – The Goddam Show. À Paris cet été-là, Charlebois et Marcel Sabourin collaborent à cinq nouvelles chansons qui sont intégrées graduellement à cette « folie totale et musicale[2] » en continuelle évolution : Te v'là, G'lée bleu, Egg Generation, Engagement et Tout écartillé. On fait ensuite une tournée québécoise à l'automne 1968. Enfin, une troisième et ultime mouture du spectacle, intitulée L'Osstidcho meurt, véritable apothéose comprenant même des majorettes sur scène, est offerte à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts (3000 places) du 24 au 26 janvier 1969. Le collectif Couthuran produit une affiche à l'occasion des représentations de L'Osstidcho meurt au Palais Montcalm de Québec. Conservée dans la collection patrimoniale d'affiches de BAnQ, à BAnQ Rosemont–La Petite-Patrie, cette sérigraphie montre Robert Charlebois en « homme de Vitruve », célèbre dessin de Léonard de Vinci.

Robert Charlebois. Le fonds Québec-Presse (P404) contient aussi des photographies de Ronald Labelle illustrant la tournée entreprise à l'Olympia de Paris, dans le sillage de L'Osstidcho, par Charlebois, Forestier, Michel Robidoux et le Quatuor du nouveau jazz libre du Québec en mai 1969. On y aperçoit Charlebois sur scène avec le guitariste Michel Robidoux et le percussionniste Michel Séguin, ou encore Charlebois et Mouffe discutant en coulisse avec Bruno Coquatrix, directeur de cette salle légendaire. Une autre de ces photos montre Charlebois, caméra à l'épaule, sur le plateau de tournage du documentaire À soir, on fait peur au monde, réalisé par François Brault et Jean Dansereau pour relater ce bref passage parisien qui tourna au scandale, le public se montrant réfractaire au style anarchique et iconoclaste de ce « désordre libérateur[3] ». Dans le cadre de la campagne de promotion de ce film diffusé en novembre 1969, l'illustrateur Vittorio Fiorucci a produit une sérigraphie conservée dans la collection patrimoniale d'affiches de BAnQ.

Mouffe et Louise Forestier sur scène au Quat'Sous.Pour compléter ce tour d'horizon, nous suggérons aux inconditionnels de L'Osstidcho quelques pistes de recherche susceptibles de mettre davantage en relief tout le contexte entourant sa gestation. Mentionnons certains fonds d'archives de personnalités liées de près à sa production, notamment ceux de Paul Buissonneau (MSS465), metteur en scène, de Gratien Gélinas (MSS459), directeur de la Comédie-Canadienne, et de Claude Péloquin (MSS94), auteur de la chanson Lindberg et colocataire de Charlebois et Forestier dans leur commune de Notre-Dame-de-Grâce à l'époque. Ces fonds ainsi que celui de la Comédie-Canadienne (MSS461) sont conservés à BAnQ Vieux-Montréal, tout comme celui du réputé photographe Antoine Desilets (P697), qui côtoya de près les principaux protagonistes de cette création collective à la fin des années 1960 et qui saisit sur le vif plusieurs moments savoureux de leurs vies mouvementées.

Le fonds Comédie-Canadienne renferme aussi un dossier photo humoristique (MSS461, S8, D153) sur La fin tragique de Suparchipelargo, une œuvre de Marcel Sabourin présentée en 1969 à la Comédie-Canadienne. Mettant en vedette le couple Mouffe-Charlebois, ce spectacle commandé par Robert Charlebois devait surpasser L'Osstidcho par sa scénographie et ses effets spéciaux mais fut un fiasco.

Sérigraphie créée par l'artiste Vittorio en 1969 pour la promotion du documentaire À soir, on fait peur au monde.Les amateurs et les chercheurs aguerris peuvent également consulter quelques livres, des films ainsi que certains articles de périodiques portant sur le sujet, disponibles dans les collections de la Grande Bibliothèque. Finalement, on trouve aussi en ligne un entretien radiophonique avec Yvon Deschamps, réalisé le 8 juillet 2001 et portant sur divers sujets, dont L'Osstidcho.


[1]. Jean Préfontaine au saxophone, Yves Charbonneau à la trompette, Guy Thouin aux percussions et Michel Robidoux à la guitare travaillent en improvisation libre.
[2]. Cette expression est utilisée telle quelle dans le programme de « L’H….de chaux », cité de Saint-Léonard.
[3]. Pour en savoir plus,  le lecteur pourra consulter l’essai de Bruno Roy L’Osstidcho ou le désordre libérateur, publié chez XYZ éditeur en 2008.

Tous les efforts ont été faits par BAnQ pour retrouver les détenteurs de droits des documents reproduits sur son portail Internet. Les personnes possédant d’autres renseignements à ce propos sont priées de communiquer avec BAnQ.

Rapport financier
Osstidcho du 2 au 8 septembre 1968
>> Version texte


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