Pistard

Recherche avancée Aide

Pistard vous permet de consulter les fonds et les collections d'archives conservés par BAnQ ou l'un de ses partenaires.

Inscrivez un mot ou une expression à rechercher (par exemple : un sujet, un lieu, un événement, un nom de personne ou d'organisme, etc.).

Si vous souhaitez entrer plus d'un mot ou d'une expression ou si vous souhaitez chercher parmi les archives d’un centre en particulier, optez pour la recherche avancée.

Généalogie

Aide

Cherchez simultanément dans les 17 bases de données publiques de BAnQ en généalogie.

Vous pouvez restreindre les résultats de la recherche en cochant seulement les bases de données qui vous intéressent à l’aide de l’option « Limiter la recherche ».

La recherche se fait à partir du nom de famille (au moins 3 lettres) et du prénom (optionnel).

Troisième volume des mémoires de l'abbé Jacques Paquin

Le curé de Saint-Eustache dans la tourmente des Rébellions : le troisième volume des mémoires de l'abbé Jacques Paquin (1831-1843)

BAnQ Québec, fonds Jacques-Paquin (P408)

Page tirée du journal de l'abbé Jacques Paquin

Dans ce troisième volume des Mémoires sur l'Église du Canada et leur pays en général depuis la découverte en 1523 jusqu'à l'année,l'abbé Paquin nous offre un récit exaltant de la période des Rébellions jusqu'à l'Acte d'Union. Cette chronique est d'autant plus intéressante qu'elle est écrite par un témoin direct de ces événements et par l'un des membres du clergé s'étant le plus vivement opposés au mouvement nationaliste et patriote dans les années 1830.

Né le 9 septembre 1791 à Deschambault, Jacques Paquin grandit au sein d'une famille de cultivateurs relativement aisée et reconnue pour sa piété. En 1805, il entreprend des études au Petit Séminaire de Québec, puis des études classiques qu'il complète au Séminaire de Nicolet en 1813. D'abord nommé à la mission d'Odanak et à la paroisse Saint-François-du-Lac pour seconder le curé des lieux, Paquin sera successivement vicaire de la paroisse Sainte-Anne, à Varennes, puis remplaçant à l'été 1815 du curé de la paroisse Saint-Antoine-de-Padoue, à Baie-du-Febvre (Baieville). Mgr Plessis, qui lui confère le sacerdoce le 24 septembre 1814, le nomme à sa première cure en septembre 1815, soit celle de Saint-François-du-Lac, et à la mission d'Odanak qui y est rattachée. Malgré sa connaissance de cette cure et le zèle qu'il consacre à sa paroisse, Paquin s'attire le courroux des Abénaquis qui se plaignent de ses nombreuses absences de la mission. Dès 1817, Paquin souhaite être déchargé de son poste, mais ce n'est que quatre ans plus tard que Mgr Plessis répond à son vœu et lui confie l'une des plus importantes paroisses du Bas-Canada, Saint-Eustache-de-la-Rivière-du-Chêne.
 
Dès lors, le nouveau curé de Saint-Eustache s'attache à redresser les finances de sa paroisse et à améliorer son église. Il se montre fort actif sur le plan spirituel et disponible à toute heure du jour pour ses paroissiens. Mgr Lartigue dira de lui qu'il est un pasteur consciencieux, à la foi ardente et à l'âme vraiment sacerdotale. Mais malgré son zèle et sa dévotion, ses paroissiens émettent des opinions partagées sur sa conduite, certains n'appréciant pas du tout son rigorisme, son esprit de domination et son intransigeance idéologique.

Très tôt, Paquin prend ses distances face au mouvement libéral et laïc de sa paroisse. Sa réaction aux différentes lois scolaires, à la fin des années 1820 et au début de 1830, est à cet égard très révélatrice. Paquin, qui ne tolère pas que ses paroissiens s'immiscent tant dans les affaires de la fabrique que dans celles concernant les écoles, se sentira tout particulièrement menacé par certains partisans libéraux de sa paroisse qui, forts de la nouvelle loi des écoles de syndic (1829), veulent établir des écoles qui favoriseraient le sentiment national. Devant cette menace, Paquin réussit de peine et de misère à se faire élire syndic et entreprend de faire construire un couvent afin d'obtenir un droit de regard sur l'éducation primaire.

S'opposant vivement au mouvement nationaliste, Paquin dénonce régulièrement, à partir de 1830, les organisations patriotes de sa paroisse. En 1834, à la suite du succès du Parti patriote aux élections, l'abbé refuse de chanter une messe d'action de grâce pour célébrer la victoire des nationalistes. Son attitude se durcit au cours des événements de 1837 et, comme plusieurs autres prêtres de la région de Montréal, il s'oppose à la révolte armée. À la veille de la bataille du 14 décembre 1837, dont Saint-Eustache sera le théâtre, les chefs patriotes du comté de Deux-Montagnes tentent, menaces de mort et d'emprisonnement à l'appui, de le convaincre de changer de camp. Paquin ne démord pas et reste hostile à la rébellion. À la veille du combat, l'abbé se réfugie avec son vicaire dans sa ferme située près du village. Le 14 décembre, environ 2000 hommes attaquent les Patriotes barricadés dans l'église de Saint-Eustache. Cinquante-huit patriotes sont tués, l'église est détruite et, dans le saccage et le pillage qui suivent, 60 maisons et fermes sont brûlées. La publication en 1838 du Journal historique des événements arrivés à Saint-Eustache […] par l'abbé Paquin témoigne de ces événements tragiques, mais également d'une volonté du pasteur d'obtenir du gouvernement une indemnité pour la reconstruction de son église, par la démonstration que bien peu de ses paroissiens ont participé aux Rébellions et que la plupart des chefs rebelles n'habitaient pas sa paroisse.

Depuis les années 1830, l'abbé Paquin avait également entrepris la rédaction d'une histoire de l'Église au Canada, afin de témoigner de ses grandes œuvres et de répondre à ceux qui la contestaient. Bien plus qu'une histoire, le troisième volume de ces Mémoires sur l'Église du Canada s'avère une véritable chronique de la vie sociale, religieuse et politique de 1831 à 1841. Avec un malin plaisir, l'abbé nous rapporte des faits divers de tout genre qui marquent sa société (catastrophe, vol, naissance curieuse). Certes, Paquin s'attache à répondre aux attaques de la presse canadienne et américaine envers l'Église, mais il dresse également un portrait fort détaillé des événements qui secouent la société canadienne-française. Des Rébellions de 1837-1838 jusqu'à l'Acte d'Union, en passant par la condamnation et la déportation des Patriotes, Paquin nous rapporte ce qu'il a vu, entendu et lu de l'actualité politique du Bas-Canada. C'est d'ailleurs avec beaucoup de détails qu'il dresse la liste des déportés (incluant leur destination et leurs dates de départ) et nous entretient de ce terrible malheur qui frappe des centaines de familles canadiennes-françaises. Finalement, Paquin insiste sur la situation difficile du clergé catholique avec la cour de Grande-Bretagne et ne se gêne pas non plus pour dénoncer la corruption de l'administration britannique.

Témoin d'une époque tumultueuse, ce manuscrit, qui ne fut jamais publié, est disponible dans sa version originale et dactylographiée. Sa consultation pourra sans aucun doute contribuer à mieux cerner la position des membres du clergé pendant cette période trouble.

 

Pour en savoir plus :

Les manuscrits des deux premiers volumes des Mémoires sur l'Église du Canada […] sont conservés à Bibliothèque et Archives Canada, sous la cote MG 24, J15.

Le Service des Archives de l'Université de Sherbrooke possède de la correspondance de l'abbé Paquin ainsi que des manuscrits annotés des trois volumes de Mémoires sur l'Église du Canada […], sous la cote P18.

CHABOT, Richard, « PAQUIN, Jacques », Dictionnaire biographique du Canada [En ligne], http://www.biographi.ca/FR/ShowBio.asp?BioId=37715&query=paquin (Page consultée le 3 mars 2006).

CHARLAND, Thomas-M., « Les Mémoires sur l'Église du Canada de l'abbé Jacques Paquin », Société canadienne d'histoire de l'Église catholique (SCHEC), Rapport 2, (1934-1935), p. 51-64.

DICKINSON, John A. et Brian YOUNG, « Les Rébellions de 1837 et 1838 », Brève histoire socio-économique du Québec, Nouvelle édition mise à jour, Sillery, Septentrion, 2003, p. 137-148.

GRIGNON, Claude-Henri, « La Vie et l'Œuvre du curé Paquin », Cahiers d'histoire de Deux-Montagnes, (été 1978), p. 61-82.

RODRIGUE, L.-J., « Messire Jacques Paquin, curé de Saint-Eustache de la Rivière-du-Chêne (1821-1847) », Société canadienne d'histoire de l'Église catholique (SCHEC), Rapport 31 (1964), p. 73-83.

Nos partenaires

Catalogue des bibliothèques du Québec. RFN. RDAQ. Les Amis de BAnQ. Fondation de BAnQ.