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Journal de Hugh Tremaine Hazen

La « belle époque » de la construction des chemins de fer : le journal de Hugh Tremaine Hazen, ingénieur civil (1899, 1902 et 1908)

BAnQ Québec, fonds Hart-Hazen P303

Véritable révolution dans le domaine des transports terrestres au XIXe siècle, le chemin de fer a permis de réduire la durée des déplacements des voyageurs, en plus d'améliorer leurs conditions de voyage et d'assurer la régularité des approvisionnements pendant toute l'année. La plus ancienne ligne au Québec, Saint-Laurent et Atlantique, est inaugurée dès 1836. Cette première voie, sur rails de bois, relie La Prairie à Saint-Jean-sur-Richelieu et évite aux voyageurs en direction ou en provenance de New York le grand détour par Sorel. Par contre, il faut attendre 1860 avant l'établissement d'une voie principale dans la vallée du Saint-Laurent. La voie du Grand Tronc, reliant Sarnia, en Ontario, à Rivière-du-Loup, entraîne la construction du pont Victoria sur le fleuve Saint-Laurent et d'un important embranchement à la hauteur de Sherbrooke vers Portland (Maine), qui devient dès lors le port d'hiver de Montréal. À la fin du XIXe siècle, on assiste à la multiplication des compagnies et des réseaux ferroviaires; on construit plusieurs lignes régionales, financées en partie par le gouvernement provincial, qui vont contribuer au développement de certaines régions périphériques du Québec comme le Saguenay, le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie. Au début du XXe siècle, le Québec compte plus de 5 600 km de voies ferrées.

Page tirée du journal de Hugh Tremaine Hazen

À partir de 1897, l'initiative de la construction ferroviaire revient surtout au gouvernement fédéral. Dernier boom du rail avant l'essor d'une autre révolution des transports, celle de l'automobile, cette période est celle des plus grands investissements dans le domaine ferroviaire. Le développement de l'ouest du Canada et la hausse phénoménale de la production céréalière (Wheat Boom) incitent le gouvernement fédéral à favoriser la création de deux nouveaux chemins de fer transcontinentaux qui s'ajouteront au Canadien Pacifique qui relie, depuis 1885, Montréal à Vancouver. Le Grand Tronc et le Canadien Nord reçoivent l'appui du gouvernement pour étendre leur réseau d'un bout à l'autre du Canada et de nombreux chantiers sont lancés. Pendant une quinzaine d'années, ces compagnies feront appel à des milliers d'ouvriers, mais aussi à de nombreux ingénieurs civils, tel Hugh Tremaine Hazen.

H. T. Hazen provient d'une famille influente du Nouveau-Brunswick dont plusieurs membres furent des marchands et des hommes politiques d'importance (William Hazen, Robert Leonard Hazen, etc.). Né le 14 mars 1870 à Truro, en Nouvelle-Écosse, il est le fils d'un ingénieur au service du chemin de fer Intercolonial (Inter-colonial Railway), William Hazen (1831-1881), et de Elizabeth Bartlett. Tout comme son père, H. T. Hazen choisit de devenir ingénieur civil. Il amorce sa carrière en 1889 en entrant au service de l'Ottawa and Gatineau Valley Railway. Alors qu'il travaille pour cette compagnie, il dessine, en 1895 un plan de la rivière du Lièvre dans l'Outaouais (disponible au Centre d'archives de l'Outaouais de Bibliothèque et Archives nationales du Québec, P117,S2,P126) et publie un article dans le Saturday Globe de Toronto sur le potentiel énergétique de cette rivière qui, selon lui, pourrait devenir un facteur déterminant de la prospérité de Buckingham. 

Hazen participe ensuite à certains des plus grands chantiers du Grand Tronc et du Canadien Nord. Ses trois petits journaux de poche datés de 1899, 1902 et 1908 nous permettent de suivre au quotidien sa supervision des travaux et du personnel. Grâce à ceux-ci, il est également possible de découvrir la carrière de Hazen dont nous savons très peu de choses. C'est ainsi que les premières pages de son journal de 1902 nous permettent d'apprendre divers détails sur ce personnage (son âge, sa date et son lieu de naissance et même la grandeur de ses souliers!), mais aussi qu'il a occupé, en 1901, une « position as assistant (engeneer) on Grand Trunk Railway construction ». Outre ses observations relatives à la météo, Hazen note chaque jour les détails de sa vie professionnelle et même personnelle : déplacements sur le réseau de chemin de fer, contrôle des horaires des trains, rédaction de lettres, de rapports, de contrats, et occupation pendant ses temps libres.

De 1905 à 1909, Hazen est ingénieur de district pour le Canadien Nord. Par la suite, il occupe différents postes supérieurs dans des filiales du Canadien Nord, et ce, jusqu'à la grande vague de nationalisation de cinq compagnies ferroviaires par le gouvernement fédéral, entre 1920 et 1923, sous la gouverne du Canadien National. En 1924, il devient ingénieur assistant en chef du département de l'exploitation du Canadien National, une position qu'il occupe jusqu'à sa retraite en 1944. Témoins d'une des périodes les plus intéressantes de la construction des chemins de fer, ses journaux sauront en passionner plus d'un!

 

Pour en savoir plus :

Bibliothèque et Archives Canada, MG30-A52, Fonds Hugh-Tremaine- Hazen (1870-1945)
BOURDEAU, Claude, Serge COURVILLE et Normand SÉGUIN (dir.), « Le chemin de fer », Atlas historique du Québec. Le Territoire, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1997, p. 106.

HAZEN, T. E., The Hazen Family in America, a genealogy, Thomaston, Connecticut, D. L. Jacobus, 1947.

HAZEN, H. T., « The mighty power of the " Rivière du Lièvre " », The Saturday Globe, Toronto, vol. L, no 13,958, 17 novembre 1894, disponible sur le site Historique/History Buckingham (Québec), André P. Joyce & Helen Séguin, 2000, [En ligne] http://maclaren.iquebec.com/hist1895.htm (Page consultée le 17 février 2006).

LINTEAU, Paul-André, René DUROCHER et Jean-Claude ROBERT, « La fièvre des chemins de fer » et « Le dernier boom ferroviaire », Histoire du Québec contemporain, de la Confédération à la crise (1867-1929), Tome 1, p. 104-113 et 449-452.
Who's Who in Canada, including the British possessions in the Western Hemisphere, 1936-1937, p. 493.

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