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Le regard de quatre photographes sur le Québec de 1860-1970

Aperçu de l'histoire de la photographie

La photographie est le fruit d'une longue évolution des connaissances et des procédés optiques et chimiques depuis la haute Antiquité. La première photographie sera réalisée seulement au début du XIXe siècle par un Français, Nicéphore Niépce (1765-1833). Toutefois, son procédé, qu'il nomme « héliographie », demande énormément de temps (entre 60 et 100 heures) pour obtenir une image somme toute floue et peu détaillée. En 1839, deux autres procédés photographiques font leur apparition. En France, Louis-Jacques Mandé Daguerre (1787-1851), guidé par les expériences de Niépce (qui lui a d'ailleurs cédé par contrat « son invention » en 1829), réussit à fixer une image sur une plaque de cuivre argentée, un procédé qui sera nommé daguerréotype et dont le surnom est « miroir avec une mémoire ». Au même moment, en Angleterre, Henry Fox Talbot (1800-1877) invente le procédé négatif-positif sur papier, le négatif étant désigné comme « calotype », et le positif, « papier au sel d'argent ».

Ces deux techniques, qui deviendront célèbres à travers le monde, se distinguent sensiblement l'une de l'autre : le daguerréotype permet une définition de l'image précise et claire, alors que le « papier au sel d'argent » accentue les flous et que le « calotype » obscurcit les détails et le contour. La supériorité de la qualité des images du procédé de Daguerre sur celui de Talbot est évidente, mais le daguerréotype a un défaut majeur : contrairement au procédé « négatif-positif », il ne permet pas de faire des copies.
L'apparition en 1851 du procédé au « collodion humide » (mis au point par l'Anglais Frederick Scott Archer, 1813-1857), une émulsion sensible qui adhère à une plaque de verre et qui absorbe par trempage les sels d'argent, réunit enfin les qualités du daguerréotype et du calotype. Ce procédé permet, en effet, de tirer à plusieurs exemplaires une image de grande qualité. Beaucoup plus sensible à la lumière, cette émulsion permet également de réduire le temps d'exposition à deux ou trois secondes et coûte le dixième du prix d'un daguerréotype, ce qui donnera lieu à la production en série d'images et à leur commercialisation à une très grande échelle.
Par contre, le procédé s'avère très difficile à réaliser, car on doit recouvrir la plaque de l'émulsion, puis l'exposer et la développer avant qu'elle ne sèche et ne perde de sa sensibilité. De plus, il demande un matériel lourd et encombrant pour le traitement, ce qui complique considérablement les prises de vues extérieures. Néanmoins, les avantages du collodion humide (finesse des détails, tonalités étendues, clarté des blancs et temps de pose plutôt court) l'emportent sur ses désavantages et, pendant près de 40 ans, cette méthode de prise de vue sera préférée par les photographes à toutes les autres.

Cette révolution du « collodion » donnera naissance à d'autres techniques, telles que les « ambrotypes » et les « ferrotypes ». L'invention du celluloïd et la fabrication de « films » ou « pellicules » à la fin du XIXe siècle viendront encore révolutionner l'univers de la photographie et donneront naissance à la photographie moderne. Le plus célèbre des appareils de cette époque est certainement celui créé en 1888 par l'Américain George Eastman (1854-1932), le Kodak. La photo devient alors accessible au grand public et il ne sera plus nécessaire d'être un expert (artiste et chimiste tout à la fois) pour en faire; il suffira simplement d'appuyer sur le bouton. L'appareil est chargé d'un film de 100 poses et une fois la pellicule exposée, il est retourné à la compagnie avec le film à l'intérieur. Celle-ci développe ensuite le film, en tire des épreuves, place une nouvelle bobine dans l'appareil puis renvoie le tout au client.
Finalement, soulignons une autre découverte majeure, soit celle du premier procédé couleur, l'autochrome, qui est mis au point par les frères Auguste et Louis Lumière en 1907 (à qui nous devons également le cinématographe en 1895).

 

HautLes débuts de la photographie au Québec

Quelques mois à peine après la diffusion de la découverte de Daguerre, quelques initiés viendront offrir leurs services de photographes dans la belle province. Ainsi, à l'automne 1840, deux Américains, Halsey et Sadd, installent leurs studios à Montréal et à Québec, et une dame Fletcher ouvre un studio à Montréal en 1841 (probablement la première femme photographe au Canada). Deux mois après la divulgation du procédé de Daguerre, un premier Canadien, le seigneur Pierre-Gaspard-Gustave Joly de Lotbinière, expérimente le daguerréotype. Ce dernier part en voyage en Grèce et en Égypte avec son équipement au printemps 1839. Fait intéressant, Lotbinière serait sans doute le premier photographe du Parthénon et sûrement l'auteur de la première photographie publiée de ce monument.

Entre 1842 et 1860, un nombre incalculable d'artistes itinérants viennent « daguérrotyper » les citoyens de Québec et de Montréal. Certains d'entre eux sont déjà célèbres ou le deviennent par la suite. L'artiste et inventeur new-yorkais George-W. Porsch est de passage à Québec en 1842 et un certain Louis-Cyrus Macaire, après des séjours à Montréal et à Kingston, arrive à Québec en mai 1844. Ce dernier deviendra célèbre pour ses améliorations techniques au procédé photographique, notamment en ce qui a trait à la fixation du mouvement.

Il faut souligner le rôle prépondérant joué par les immigrants d'origines britannique, irlandaise et écossaise dans la photographie au Québec. On pense à Thomas Coffin Doane, un des rares daguerréotypistes qui aient réussi à Montréal (il est surtout célèbre pour ses daguerréotypes de Lord Elgin et de sa famille et de Louis-Joseph Papineau) et à George-William Ellisson, un immigrant irlandais en affaires à Québec depuis 1848, dont les portraits sont reconnus pour leur simplicité, leur spontanéité et leur force. Mais le plus célèbre de tous est sans nul doute William Notman, un immigrant d'origine écossaise dont l'influence sera perceptible tant dans les Maritimes qu'à Montréal, à Toronto et même aux États-Unis. Ses photographies des travaux de construction du pont Victoria à Montréal en 1858 et de son inauguration en 1860, en présence du prince de Galles, lui assureront une renommée extraordinaire. Notman se verra conférer le titre de photographe de la Reine et sa célébrité grandissante lui attirera une large clientèle. Au cours des années 1870, Notman, ses fils et ses assistants vont produire quelque 14 000 négatifs par année.
Devant cette concurrence, il semble que les artistes photographes francophones miseront énormément sur leur origine ethnique pour s'attirer les faveurs de leurs concitoyens. C'est le cas notamment du Canadien français Léon-Antoine Lemire, en affaires à Québec depuis l'automne 1850, qui n'hésite pas à jouer sur le patriotisme de ses concitoyens et la complicité d'une presse engagée pour conquérir sa clientèle. Mentionnons que les portraits de Lemire, ainsi que ceux d'Ellisson, serviront d'inspiration à des peintres canadiens de renom, tels Antoine Plamondon (1804-1895) et Théophile Hamel (1817-1870).
En 1854, deux autres Canadiens français font leurs débuts dans l'univers du commerce de la photographie. Il s'agit de Jules-Isaïe Livernois (1830-1865) et de son épouse Élise L'Heureux (1837-1896) qui ouvrent à Québec un atelier de daguerréotypie. Cette première génération de Livernois établira les bases d'une tradition familiale qui se transmettra sur trois autres générations et qui dominera, pendant près de 120 ans, la pratique photographique de la Vieille Capitale. Enfin, mentionnons le rôle prépondérant de Louis-Prudent Vallée (1837-1905), un artiste photographe en affaires depuis 1867, dont les paysages de Québec et vues stéréoscopiques feront les délices des touristes qui visiteront Québec dans le dernier quart du XIXe siècle.

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