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Iconographie canadienne

Iconographie canadienne, 1760-1875 (7 300 images)

Pendant des siècles, la réalisation d’un portrait ou d’une scène historique s’est faite par la gravure, la peinture ou même la sculpture. Le développement de l’imprimerie par Gutenberg, au XVe siècle, jouera un rôle fondamental dans la diffusion de l’iconographie. En Nouvelle-France, il semble que les images imprimées aient été plutôt rares et que celles qui étaient utilisées à des fins éducatives et religieuses soient venues d’Europe. En fait, il n’existe aucun exemple d’imprimés produits au Canada pendant le Régime français. Il faudra en effet attendre la Conquête britannique pour que soient produites en sol canadien les premières gravures imprimées. Après la guerre de Sept Ans, l’immigration de nombreux Allemands du Sud dans la colonie fournira l’expertise nécessaire en ce qui a trait aux connaissances et aux habiletés liées aux techniques d’imprimerie. Par ailleurs, bien que ces derniers concentrent leurs talents sur la publication de livres et d’almanachs, certains réaliseront, dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, quelques gravures qui seront publiées dans des calendriers des provinces maritimes.

Par contre, c’est à Québec que l’élan artistique et l’intérêt pour l’art de la gravure seront les plus forts, sous l’impulsion d’artistes militaires britanniques qui y séjournent. Comme c’est la capitale de l’Empire britannique dans le nord du continent nord-américain, c’est à cet endroit que sont établis les quartiers généraux des officiers et des représentants de la Couronne. Québec va alors connaître un vif intérêt pour les arts qui va trouver son expression surtout par l’aquarelle. Avant la guerre de 1812, de nombreux artistes militaires tels que Thomas Davies, Edward Walsh et George Fisher rapportent des représentations topographiques de paysages en Angleterre pour les faire graver et publier et des officiers en garnison au Canada expérimentent les techniques de gravure à l’eau-forte et au burin. Mentionnons notamment James Peachey, employé par le bureau de l’arpenteur général, qui réalise une petite eau-forte sur cuivre des chutes Montmorency en 1779, et George Heriot, sous-ministre des Postes de l’Amérique du Nord britannique (mais aussi un artiste prolifique, illustrateur et auteur de nombreuses publications en anglais sur le Canada), qui fait paraître en 1792 dans le Quebec magazine édité par Samuel et John Neilson (avec qui il est associé) un de ses paysages en eau-forte et en aquatinte.

Dans la dernière décennie du XIXe siècle, les Neilson vont d’ailleurs travailler activement à établir une gravure professionnelle au Canada. Ces derniers importeront une presse et engageront l’imprimeur allemand J. G. Hochtsetter pour produire une série de paysages, de portraits et d’allégories pour leurs publications du début des années 1790. Par contre, il semble n’y avoir aucune activité de gravure professionnelle dans la première décennie du XIXe siècle, probablement en raison du fait que le Canada n’a ni la population ni la prospérité suffisantes pour poursuivre ce genre d’activité. La guerre de 1812 créera une nouvelle richesse et engendrera une nouvelle vague d’immigration, conséquences du conflit avec les États-Unis, ce qui permettra aux activités artistiques de s’épanouir au début du XIXe siècle. Plusieurs artistes professionnels et amateurs vont dès lors expérimenter la gravure pour leur satisfaction ou leur plaisir personnel. Au Québec, c’est notamment le cas de William Berczy, un immigrant d’origine allemande et très proche ami du collectionneur et maire de Montréal Jacques Viger dont l’œuvre est parvenue jusqu’à notre époque. Par ailleurs, tout au long du siècle, les militaires britanniques continueront de jouer un rôle prépondérant dans l’art de la gravure.

Le Fleuve Saint-Laurent près de Montréal
/ H. Griffiths. – [vers 1820] – 03Q – P600,S5,PGN183

Vue de la basse-ville à Québec vers le fleuve Saint-Laurent
/ François-Xavier Habermann. – [vers 1770] –
03Q – P600,S5,PGC8

Il faut souligner l’importance de la lithographie dans la diffusion de la gravure à partir des années 1840. Cette technique représente un progrès certain pour la gravure, qui va d’autant plus faciliter le travail des imprimeurs. À partir de 1824, Québec possède une presse et, dès les années 1830, on y réalise et diffuse de nombreuses lithographies destinées tant au grand public qu’à des acheteurs privés. Vers la fin des années 1830 et 1840, les imprimeurs Bourne, Hugh Greene et George Matthews à Montréal, ainsi que Napoléon Aubin à Québec, vont publier des paysages et des portraits réalisés selon le procédé lithographique. Matthews, qui travaille avec l’artiste James Duncan, va réaliser en 1843 une série de six lithographies de Montréal, sur le modèle d’une autre série d’eaux-fortes de Bourne, publiée 13 ans auparavant. Quant à Aubin, il va publier des portraits de célébrités et de politiciens locaux, des images de la Société Saint-Jean-Baptiste ainsi qu’un portrait de Mgr de Laval.

Femmes de retour de la cueillette des huîtres sauvages (cancalaises)
/ C. Taber and Co. – [vers 1830] – 03Q – P600,S5,PGN48

Ce thème propose donc une série de représentations variées concernant principalement l’époque du Régime anglais et les premières années de la Confédération. Nous y retrouvons des dessins, des peintures et des gravures d’Amérindiens, des scènes historiques comme la mort du général Wolfe et de Montcalm, des costumes d’époque et des bâtiments disparus. Cette collection fournit des informations d’une valeur historique indéniable. Elle pourrait servir tant à illustrer des lieux, des événements et des personnages de notre histoire qu’à permettre une analyse des représentations historiques de certains thèmes et de leur récurrence. La mise en ligne de cette collection pourrait peut-être même intéresser directement les chercheurs en histoire de l’art!

The death of General Wolfe on the 13th september 1759
at Quebec / Richard Houston. – 1772 – 03Q – P600,S5,PGC9

Régiment de Poitou - 1665 / A. d'Auriac.
– 1932 – 03Q – P600,S5,PAQ42

Finalement, signalons quelques thèmes qui pourraient attirer les chercheurs. On remarque tout particulièrement l’abondance, parmi cette collection, de scènes tirées de la vie rurale, du monde maritime ou encore de gravures illustrant le mode de vie et la culture amérindiennes. Les thèmes des loisirs, des fêtes, des carnavals, mais également du travail sont bien documentés. On retrouve plusieurs représentations de Québec et de Montréal (pendant la période du Régime anglais et même du Régime français) et de nombreux portraits de personnalités politiques et religieuses. De plus, des représentations souvent superbes d’individus non identifiés témoignent des talents des peintres et des graveurs canadiens. On retrouve également plusieurs portraits de la fin du XIXe siècle, faits à partir des clichés photographiques de Notman.

The ice castle, Winter carnival, Montreal, 1889 /
A. Sabiston and Co. – 1889 – 03Q – P600,S5,PLC48

Louisa Ann, Lady Aylmer, widow of General
Lord Aylmer and daughter of Sir John Call Bart.
Died 1862 / William Carpenter. – 1850 –
03Q – P600,S5,PAQ17
Soulignons que le journal personnel de
Lady Aylmer, Recollection of Canada, est disponible
en ligne sous la cote 03Q- P363.

Québec, 1685. – [vers 1750] – 03Q – P600,S5,PGC36

Honorable Honoré Mercier / Napoléon Savard.
– [vers 1890] – 03Q – P600,S5,PLN1

Pour en savoir plus :

ALLODI, Mary avec la collaboration de Peter WINKWORTH, Les débuts de l'estampe imprimée au Canada : vues et portraits, Toronto, Royal Ontario Museum, 1980, 244 p.

BURANT, Jim, « Gravure », site de l’Encyclopédie canadienne, Fondation Historica du Canada, 2006, [En ligne]. http://www.canadianencyclopedia.ca/index.cfm?PgNm=TCE&Params=f1ARTf0006494
(Page consultée le 26 mars 2006)

DAIGNEAULT, Gilles et Ginette DESLAURIERS, La gravure au Québec, 1940-1980, Saint-Lambert, Québec, Héritage, 1981, 268 p.

HARPER, J. Russell, Early Painters and Engravers in Canada, Toronto, University of Toronto Press, 1970, 376 p.
MARTIN, Denis, Portraits des héros de la Nouvelle-France : images d’un culte historique, Ville de LaSalle, Éditions Hurtubise, 1988.
MARTIN, Denis, L'estampe au Québec, 1900-1950,Québec, Musée du Québec, 1988, 146 p.

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