Colloque – Autour de l’adulte de demain : développer l’enfant philosophe et critique par la littérature jeunesse dans la société du savoir

Conférenciers (biographies et résumés des conférences)

Conférenciers principaux

Christian Poslaniec (France)

Christian Poslaniec
(France)

Photo : Réjane Niogret

Christian Poslaniec a été principalement professeur, directeur adjoint du Centre de liaison entre l’enseignement et les moyens d’information (CLEMI), chercheur à l’Institut national de recherche pédagogique (INRP) et co-créateur, à l’Université du Maine (Sarthe), de la première maîtrise en littérature jeunesse enseignée à distance. Depuis 2003, il préside la commission de choix des livres pour la jeunesse du ministère de l’Éducation nationale français. Il mène aussi en parallèle une vie d’écrivain, de formateur et de conférencier. En tant que chercheur et pédagogue, il a publié des centaines d’articles, des rapports de recherche et des essais, notamment sur le comportement de lecteur, les ateliers d’écriture et la littérature jeunesse. En tant qu’écrivain, il a publié une centaine d’ouvrages (romans policiers, livres pour la jeunesse, poésie, nouvelles, anthologies, traductions, etc.).

Lire pour construire sa « machinerie » interprétative
Les capacités interprétatives se construisent dans le cerveau quand des liaisons stables s’établissent entre quantité de neurones qui associent, de façon signifiante, la mémoire, les constats de réalité, les émotions, les sensations et tout ce qui relève de ce qu’Umberto Eco appelle « l’encyclopédie personnelle du lecteur ». La lecture, en effet, joue un rôle primordial dans ce phénomène. Alors que les autres supports artistiques et informatifs imposent leur architecture, leur rythme, leurs images, la lecture motivée nécessite que le lecteur construise tout lui-même, à son propre profit. La littérature, plus exigeante encore puisqu’elle propose ses petites structures signifiantes et complexes que sont les tropes, est encore plus efficace, et les premiers apprentissages de lecteur impliqué doivent naturellement passer par la littérature jeunesse.

Michel Sasseville (Québec)

Michel Sasseville
(Québec)

Photo : Michel Sasseville

Docteur en philosophie, Michel Sasseville est professeur à la Faculté de philosophie de l’Université Laval (Québec) et responsable des programmes de formation en philosophie pour les enfants dans cette université. Il a présidé, entre 1997 et 1999, le Conseil international de recherche philosophique avec les enfants (ICPIC). Auteur de plusieurs livres en philosophie pour les enfants, il a prononcé de nombreuses conférences sur ce sujet. Professeur invité à la Montclair State University (États-Unis), à l’Université Iberoamericana (Mexico) et à l’Université du sud de la Bohême (République tchèque), conseiller ou membre de différentes associations ou regroupements en philosophie pour enfants en Europe (Belgique, France, Suisse), il travaille au développement de cette pratique depuis près de 30 ans. Il a reçu de nombreux prix d’excellence, dont l’un du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport du Québec pour son cours en ligne « L’observation en philosophie pour les enfants » (meilleur cours en ligne en 2007).

La philosophie pour les enfants : finalités, pédagogie et outils littéraires
Faire de la philosophie avec les jeunes signifie mettre en œuvre des conditions permettant la création d’une communauté de recherche, dont le but est d’apprendre à penser par et pour soi-même, mais avec les autres. C’est s’engager dans une enquête éthique avec les jeunes conduisant à répondre à la question suivante : dans quelle sorte de monde voulons-nous vivre? C’est aussi créer des conditions afin qu’ils vivent la démocratie à l’école; on apprend à devenir un citoyen responsable capable de délibérer avec les autres de ce qui est important pour l’ensemble des personnes participant à la création de cette mini-société qu’est la communauté de recherche. La délibération s’avère aussi un puissant instrument pour développer les habiletés nécessaires à la création de sens. Pour les aider dans ce processus, des romans philosophiques et des guides d’accompagnement ont été créés. Comment amorcent-ils une démarche philosophique? Telle sera l’une des questions abordées.

HautConférence spéciale

Michèle Fortin (Québec)

Michèle Fortin (Québec)
Présidente-directrice générale de Télé-Québec

Photo : Télé-Québec

Madame Fortin est présidente-directrice générale du réseau de télévision éducative et culturelle Télé-Québec. Elle a antérieurement occupé divers postes de haute direction dans les domaines de l’éducation, de la science, de la culture et des communications au Canada, notamment celui de vice-présidente de la télévision française de Radio-Canada de 1994 à 2002. Madame Fortin préside le conseil d’administration de Canal Savoir et siège aux conseils d’administration de TV5 Québec Canada, de l’Association canadienne des médias éducatifs et publics et de l’Alliance Médias Jeunesse. Elle a reçu plusieurs distinctions dont celle de lauréate du «Top 100» des Canadiennes les plus influentes (2008) dans la catégorie Arts et Communications. Née à Montréal, elle détient une maîtrise en administration publique de l'Université de Californie (Berkeley). Elle est mère de cinq enfants.

Apprendre à penser grâce aux émissions jeunesse de Télé-Québec
« Si je veux être ami avec lui, est-ce que je dois faire tout ce qu’il veut? » « Être riche, est-ce que ça rend plus heureux? » Voilà deux des questions que Sam Chicotte, le héros de huit ans, se pose et que son ami Edgar, un petit fantôme drôle et brillant, va l’aider à résoudre en l’amenant à réfléchir et à s’ouvrir aux idées des autres. Sam Chicotte, une série destinée aux 6-8 ans, met en images les concepts du programme de philosophie pour enfants.

Contrairement à ce qu’on entend souvent, la télévision peut s’avérer, en raison de sa popularité, un outil d’apprentissage privilégié pour les jeunes. Des extraits d’émissions jeunesse illustreront de quelle façon l’action des personnages est au service d’objectifs pédagogiques : développer les habiletés de langage et la capacité de réfléchir, exercer son libre arbitre.

Huit des 10 émissions québécoises les plus populaires auprès des 2-11 ans à l’heure actuelle sont produites par Télé-Québec. Les séries jeunesse de Télé-Québec et leurs sites Web contribuent à former l’enfant philosophe et critique, l’adulte de demain.

HautAutres conférenciers

Laurence Allain-Le Forestier (France)

Laurence
Allain-Le Forestier

(France)

Photo : Laurence Allain-Le Forestier

Laurence Allain-Le Forestier est enseignante de lettres à l’école interne de l’Université de Bretagne Ouest (IUFM). Elle intervient essentiellement auprès des étudiants en 1re et 2e année de maîtrise en métiers de l’enseignement, en professorat des écoles en didactique du français et en littérature jeunesse. Elle assure également des formations pour les enseignants titulaires. Ses recherches portent sur l’album jeunesse et particulièrement sur l’approche du genre album par ses seuils : comment l’album redéfinit-il le statut, la forme et la fonction du péritexte? Elle a communiqué lors de plusieurs colloques dont le dernier s’intitulait Jeux, feintes et ruses dans l’album de jeunesse – Dans quelle histoire sommes-nous? (Congrès international sur l’étude des rapports entre texte et image, « L’imaginaire », IAWIS-UQAM, août 2011) et rédigé des articles dont le dernier paraîtra dans la revue Tangence : « Récit écologique, nouvel espace de récit? ».

Lire et écrire avec la littérature pour la jeunesse : un chemin vers la pensée critique?
Avec Anne-Rozenn Morel
Nous proposons de dresser un panorama de la production littéraire offerte aux enfants à l’aide de l’exemple représentatif du prix des Incorruptibles, qui existe depuis 23 ans. Un comité de lecture composé d’enseignants, de bibliothécaires et de parents sélectionne six ouvrages par niveau, puis les élèves décernent le prix à l’un de ces ouvrages. Ce prix permet ainsi de donner un aperçu des exigences des adultes et des goûts des enfants quant à la production littéraire actuelle. Nous penchant sur les cinq dernières années pour le niveau CM2-6e, nous analyserons en quoi cette production est le reflet de notre société et quels en sont les enjeux. Nous examinerons la portée de ces œuvres dans leur discours didactique, moral ou philosophique et nous nous intéresserons au rôle joué par l’enseignant pour permettre aux élèves de devenir des « penseurs ». Nous montrerons l’activité d’écriture comme étant propice à la réflexion et interrogerons son rôle dans l’appropriation d’une pensée critique.

Nancy Allen (Québec)

Nancy Allen
(Québec)

Photo : Nancy Allen

Nancy Allen est candidate à la maîtrise en didactique à l’UQAM et son mémoire porte sur le développement de métastratégies interprétatives chez les élèves au moyen de l’album jeunesse. Ses principaux intérêts de recherche sont l’appréciation littéraire, l’enseignement explicite de la didactique de l’oral et la métacognition. Elle est également membre du comité de lecture pour la section didactique de la revue Québec français. En outre, elle organise la rencontre philosophique interuniversitaire montréalaise Philopolis, qui offre la parole à plus de 80 communicateurs de tous les horizons.

Comment les communautés de recherche philosophique (CRP) aident-elles les enfants à penser par eux-mêmes?
Avec Anne Brel-Cloutier
L’apprentissage d’une pensée critique chez l’enfant ne s’opérerait pas par la transmission du savoir du maître, mais bien par le questionnement et les échanges d’idées, forgeant ainsi une co-construction de connaissances (Moshman, 1998, 2004; Piaget, 1985, 2000). En ce sens, il est souhaitable de laisser à l’enfant l’autonomie nécessaire pour penser par lui-même afin d’éveiller chez lui une pensée rationnelle et créative (Lipman, 1980). C’est précisément ce que permettent les CRP.
L’album jeunesse et la pédagogie de Lipman, où les héros modélisent une réflexion engagée, sont donc des outils qui facilitent le développement de stratégies de raisonnement chez l’enfant philosophe. Puisque la philosophie chez les enfants en CRP se veut un outil de perfectionnement de la pensée par et pour soi-même, l’adulte devient un guide dans ce processus (Sasseville, 2009) et s’inscrit en tant que passeur culturel (Zakhartchouk, 1999) plutôt que comme porteur du savoir.

Marie Barguirdjian (Québec)

Marie Barguirdjian
(Québec)

Photo : Marie Barguirdjian

Marie Barguirdjian a fait des études en musique et en histoire de l’art. Elle a enseigné ces deux disciplines pendant 10 ans dans les écoles primaires en France en y ajoutant des histoires.
Elle continue dans cette voie à son arrivée au Québec en 1998 et développe de façon plus importante le volet littérature jeunesse en donnant des ateliers pour les enseignants et les éducateurs (notamment pour le programme Touptilitou de Communication-Jeunesse). Elle concrétise ses projets d’écriture en publiant des albums sur l’art aux éditions Les 400 coups et à la Réunion des musées nationaux.
Coordonnatrice des abonnements Max de L’École des loisirs et chargée de cours en littérature jeunesse, elle a à cœur de créer des liens entre les partenaires du livre. Elle est aujourd’hui responsable du secteur jeunesse pour Gallimard, continue à écrire et intervient dans des congrès et des salons du livre.

Une histoire qui commence par la faim
La communication portera sur une expérience réalisée et filmée avec des élèves de 3e cycle dans un milieu défavorisé autour d’un album de littérature jeunesse. Le dévoilement de l’œuvre, organisé par un scénario précis, montre à quel point la littérature permet la réflexion grâce à l’abord de thèmes essentiels au développement de l’enfant. Axée sur le rapport texte-illustration de l’album, cette activité a clairement permis à chacun d’adopter sa propre interprétation de l’œuvre. L’organisation du tournage a, de plus, stimulé l’expression orale des jeunes, qui sont allés jusqu’à faire des liens avec leur propre vie.

Anne Brel-Cloutier (Québec)

Anne Brel-Cloutier (Québec)

Anne Brel-Cloutier est étudiante à la maîtrise en philosophie à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et se penche sur l’importance de la métacognition dans le développement du raisonnement et sur le rôle des communautés de recherche philosophique (CRP). Elle a complété un baccalauréat en philosophie à l’UQAM ainsi qu’un certificat en philosophie pour les enfants à l’Université Laval, à Québec, où on enseigne la méthode Lipman afin de former des animateurs de CRP. Elle a également animé une CRP dans le cadre d’UPop Montréal, à l’automne 2011.

Comment les communautés de recherche philosophique (CRP) aident-elles les enfants à penser par eux-mêmes?
Avec Nancy Allen (voir ci-dessus)

Edwige Chirouter (France)

Edwige Chirouter (France)

Edwige Chirouter est maître de conférences en philosophie et en sciences de l’éducation à l’Université de Nantes (France). Elle est experte auprès de l’UNESCO pour le développement de la philosophie avec les enfants dans le monde.
Sa thèse, « À quoi pense la littérature de jeunesse? », portait sur les conditions de possibilité d’un apprentissage précoce de la philosophie à partir de la lecture de récits (albums, contes, mythes, fables). Ses recherches s’intéressent ainsi aux processus de médiation qu’instaure la littérature jeunesse pour penser l’existence et le monde.
Elle est l’auteure de nombreux articles et ouvrages sur la question (dont Aborder la philosophie à partir d’albums jeunesse, Hachette Éducation, 2011).

À quoi pense la littérature jeunesse? – Trois années d’ateliers de lecture philosophique avec les mêmes élèves à l’école primaire française
Cette communication présentera les conclusions principales de 10 années de recherche sur le lien entre philosophie avec les enfants et littérature jeunesse, et notamment celles de notre thèse : « À quoi pense la littérature de jeunesse? – Portée philosophique de la littérature et pratiques à visée philosophique à l’école élémentaire » (2008). Dans cette recherche, nous avons suivi pendant trois années les mêmes élèves d’une école primaire française (de 8 à 11 ans). Nous y avons mené des ateliers de philosophie à partir de la lecture de récits (mise en réseau d’albums, de contes, de mythes, de fables). Nous examinerons ainsi précisément en quoi la littérature – en mettant la problématique philosophique à « bonne distance », entre l’expérience personnelle, trop chargée d’affect, et le concept, trop abstrait –permet effectivement à de très jeunes enfants d’entrer dans l’apprentissage de la pensée critique.

Marie Désilets (Québec)

Marie Désilets
(Québec)

Photo : Marie Désilets

Marie Désilets est active au sein du Réseau des bibliothèques publiques de la Ville de Montréal depuis 1990. Bibliothécaire responsable des bibliothèques Centrale-jeunes et Père-Ambroise dans le quartier Centre-Sud, elle occupe maintenant la fonction de conseillère à la Direction associée – Bibliothèques, Division des programmes et services aux arrondissements. Elle coordonne des programmes de médiation visant à répondre à des enjeux sociaux de persévérance scolaire, d’inclusion et de développement social, notamment le programme Coup de poing.

Les albums « Coup de poing » : pour une réflexion qui ébranle
Avec Véronique L’Helgoualch
La collection « Coup de poing » regroupe des albums résistants qui secouent les jeunes et abordent des sujets délicats comme le racisme et la violence.
Le réseau des bibliothèques publiques de Montréal, en collaboration avec les programmes du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, offre une formation aux bibliothécaires et enseignants (au primaire et au secondaire) à la présentation de ces livres. Ainsi, depuis 2007, plus de 1500 jeunes âgés de 4 à 16 ans ont discuté autour d’albums de la collection « Coup de poing ».
Accompagner ces élèves dans la réflexion et l’échange facilite la prise de parole citoyenne des jeunes sur des sujets sensibles. L’apprentissage de l’argumentation, l’affirmation de soi dans l’écoute et le respect de l’autre développent des comportements responsables chez les participants.
Après avoir exposé notre démarche, nous souhaitons partager les observations et réflexions découlant de notre expérience de médiation entre des livres abordant des enjeux sociaux et la parole des jeunes.

Marie Dupin de Saint-André (Québec)

Marie Dupin
de Saint-André

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Photo : Marie Dupin de Saint-André

Marie Dupin de Saint-André vient d’obtenir un doctorat en didactique du français. Elle est également chargée de cours à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université de Montréal, ce qui lui permet de transmettre sa passion pour la littérature jeunesse aux étudiants. Ses intérêts de recherche portent principalement sur l’appropriation de l’écrit chez les enfants du préscolaire et sur les pratiques enseignantes susceptibles de soutenir cette appropriation. Sa thèse de doctorat concernait la lecture à haute voix en tant que moyen utilisé par les enseignants du préscolaire pour favoriser le développement de l’habileté des élèves à faire des inférences.

Réfléchir sur des questions philosophiques à partir de réseaux d’albums de littérature jeunesse
Avec Isabelle Montésinos-Gelet
La littérature jeunesse constitue un bassin d’œuvres très riche pour travailler sur des thèmes éthiques et philosophiques avec les élèves. Pour effectuer ce travail, la constitution de réseaux d’œuvres littéraires s’avère très intéressante, car elle offre notamment la possibilité de mettre en résonance des textes autour d’une même thématique (Boutevin et Richard-Principalli, 2008). Lors de cette communication, d’une part, nous présenterons la pertinence d’amener les élèves à réfléchir sur des questions philosophiques à partir de réseaux d’albums de littérature jeunesse et, d’autre part, nous étayerons nos propos à l’aide de réseaux d’albums de littérature jeunesse permettant d’aborder des questions philosophiques étroitement liées au Programme d’éthique et de culture religieuse (MELS, 2007).

Olivier Hamel (Québec)

Olivier Hamel
(Québec)

Photo : Olivier Hamel

Jeune diplômé de l’École de bibliothéconomie et des sciences de l’information de l’Université de Montréal et bibliothécaire à la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, Olivier Hamel se consacre corps et âme à la médiation de la littérature jeunesse. Créateur du blogue Furyo Manga Club et du club de lecture Ton labo, il cherche constamment de nouvelles manières de dialoguer avec les jeunes. Passionné de science-fiction, de romans d’aventures, de bande dessinée et de manga, il aime se définir comme un « biblioboxeur » et reste, en dehors du travail, un authentique aventurier…

L’enfant philosophe et la littérature
Donner le goût de lire aux élèves à l’intérieur d’un cadre pédagogique : un défi de taille qui préoccupe à l’heure actuelle la majorité des intervenants auprès des enfants. Plaisir de lire et pédagogie peuvent-ils coexister? Peut-on encore rivaliser avec les médias et capter l’attention des jeunes jusqu’à réussir l’impossible : créer un lecteur philosophe? L’heure n’est plus aux débats ni à la réflexion, il faut changer radicalement nos manières d’agir et de penser les actions des bibliothécaires scolaires. À l’aide d’exemples concrets réalisés directement auprès de plusieurs centaines de jeunes et avec des outils uniques et innovants (tonlabo.com, furyomanclub.ca), nous prouverons qu’il est bel et bien possible de former l’esprit critique des jeunes de manière ludique et d’amorcer ainsi la formation du citoyen philosophe de demain. Il est temps de passer du « comment pourrions-nous faire? » au « comment faisons-nous présentement? » pour former les lecteurs…

Audrey Laplante (Québec)

Audrey Laplante
(Québec)

Photo : Audrey Laplante

Audrey Laplante est professeure adjointe à l’École de bibliothéconomie et des sciences de l’information de l’Université de Montréal, où elle enseigne dans les domaines de la recherche d’information et des technologies en bibliothèque. Ses intérêts de recherche portent principalement sur le comportement informationnel des adolescents et des jeunes adultes ainsi que sur la recherche et l’indexation de musique. Elle détient un doctorat de l’Université McGill (2008) et une maîtrise en sciences de l’information de l’Université de Montréal (2001). Elle a également travaillé comme bibliothécaire en musique et en danse contemporaine à l’Université Concordia de 2006 à 2008.

Le comportement de recherche d ’information des élèves du secondaire à l’ère des médias sociaux
Plusieurs études ont démontré que le réseau social représentait une source d’information privilégiée, particulièrement pour obtenir des informations liées aux activités quotidiennes (Case, 2002 ; Julien et Michels, 2004 ; Agosto et Hughes-Hassell, 2005). C’est dans ce contexte qu’est né le projet ROSINA (Réseaux sociaux comme source d’information chez les adolescents). Ce projet visait à étudier la façon dont les adolescents (15-17 ans) utilisent leur réseau social pour acquérir les informations dont ils ont besoin afin de réaliser leurs travaux scolaires. Une attention particulière fut portée au rôle que jouent les médias sociaux dans le processus afin d’évaluer les impacts de l’apparition de ces nouveaux outils sur le comportement de recherche d’information des adolescents. Le rôle des bibliothèques scolaires et publiques fut également examiné. Dans cette présentation, nous exposerons les principaux résultats obtenus, puis nous proposerons quelques suggestions de changements qui pourraient être apportés aux services offerts aux adolescents en bibliothèque afin de mieux répondre à leurs besoins.

Pierre Lebuis (Québec)

Pierre Lebuis (Québec)

Pierre Lebuis est professeur au Département de didactique de l’Université du Québec à Montréal. Longtemps impliqué dans le développement de l’enseignement moral au Québec, il a été associé, au cours des dernières années, à la mise en œuvre du Programme d’éthique et de culture religieuse dans les écoles primaires et secondaires. Depuis plus de 25 ans, il poursuit des travaux de recherche avec l’approche de la philosophie pour enfants de Matthew Lipman. Ses travaux dans ce domaine, selon une perspective de recherche collaborative avec les milieux de pratique qui allie formation et recherche, l’ont notamment amené à s’intéresser à la pratique du dialogue en communauté de recherche philosophique et au développement d’un art du questionnement chez le personnel enseignant.

Questionnement efficace pour favoriser la réflexion philosophique et critique chez les élèves du primaire
Avec Sylvie Viola
L’enseignant joue un rôle capital dans le développement de la réflexion philosophique et critique chez les élèves, particulièrement lorsqu’il leur propose d’utiliser la littérature jeunesse pour les amener à mieux se comprendre et à mieux comprendre le monde qui les entoure. Qu’il s’agisse d’œuvres littéraires ou d’ouvrages spécifiques conçus pour susciter la réflexion philosophique des jeunes, par-delà la lecture, il faut proposer aux élèves un questionnement efficace, sous forme de questionnement global ou de pistes spécifiques ayant trait aux œuvres choisies, et mettre en œuvre une démarche qui permet à ces derniers de comprendre les messages véhiculés par les textes et de s’interroger à partir de différents points de vue. Dans cette communication, nous présenterons plusieurs formules proposées dans la littérature et dans diverses pratiques philosophiques avec les enfants et suggérerons une démarche globale qui devrait permettre aux enseignants de mieux saisir les principes de la réflexion philosophique.

Myriam Lemonchois (Québec)

Professeure en didactique des arts à l’Université de Montréal depuis 2006, Myriam Lemonchois a réalisé une thèse de doctorat sur la formation de la sensibilité par l’entremise des arts en 2002 à l’Université Paris 8, en France. Sa thèse a été publiée en 2003 aux Éditions Lharmattan sous le titre Pour une éducation esthétique – Discernement et formation de la sensibilité. De 2004 à 2006, elle a enseigné à l’Université Lyon 2, en France, et a travaillé dans l’équipe de recherche d’Alain Kerlan sur les interventions d’artistes dans les écoles maternelles, primaires et secondaires. Ses recherches actuelles portent sur les liens entre enfance, éducation et arts et sur les finalités attribuées à l’éducation artistique. Elle enseigne la didactique des arts auprès de futurs enseignants du primaire.

Nouvelle définition de l’enfance et enjeux pédagogiques de l’appréciation de l’image dans la littérature jeunesse
Les milieux éducatifs font face à de nombreux changements qui affectent particulièrement la définition de l’enfance. Une nouvelle conception de l’enfance, diffusée par la Convention relative aux droits de l’enfant, est apparue en 1989. Les enfants sont désormais définis comme des acteurs sociaux : leur parole peut faire autorité. Depuis, des critiques se sont élevées contre le fait que les théories sur le développement ont conduit à sous-estimer les capacités des enfants. Quelles sont les modalités qui favorisent l’expression de l’élève dans une logique d’apprentissage? Comment ces modalités peuvent-elles être en accord avec la nouvelle définition de l’enfance lorsque l’objectif est de développer la compétence à apprécier des images en littérature jeunesse? L’art et la littérature constituant un lieu privilégié où le sujet peut se dire et participer à la culture en construisant une position d’auteur, quels sont les enjeux pédagogiques de l’appréciation de l’image?

Véronique L’Helgoualch (Québec)

Véronique L’Helgoualch
(Québec)

Photo : Véronique L'Helgoualch

Après avoir travaillé dans les milieux scolaire, universitaire et celui de la littérature jeunesse québécoise, Véronique L’Helgoualch a fait ses premiers pas dans le Réseau des bibliothèques publiques de la Ville de Montréal pour rapprocher les bibliothèques publiques des citoyens de tous horizons. Elle a dirigé la bibliothèque d’Ahuntsic et la Bibliothèque interculturelle de Côte-des-Neiges. En 2009, elle s’est jointe à la Direction associée – Bibliothèques, Division des programmes et services aux arrondissements, où elle œuvre tout particulièrement depuis lors en faveur de l’inclusion sociale et du développement d’une société interculturelle. C’est pourquoi elle travaille également sur le programme Coup de poing.

Les albums « Coup de poing » : pour une réflexion qui ébranle
Avec Marie Désilets (voir ci-dessus)

Isabelle Montésinos-Gelet (Québec)

Isabelle Montésinos-Gelet (Québec)

Isabelle Montésinos-Gelet est professeure titulaire au Département de didactique de l’Université de Montréal. Après sa thèse en psychologie du développement réalisée à Lyon et un stage postdoctoral conduit à l’UQAM, elle s’est orientée vers la didactique de la lecture et de l’écriture, qu’elle étudie depuis 1999. Ses recherches concernent l’enseignement et l’apprentissage de la langue écrite au primaire ainsi que l’éveil à l’écrit au préscolaire. Elle s’intéresse également aux ressources offertes par la littérature jeunesse pour soutenir le développement des compétences des élèves, notamment dans la perspective de l’intégration des matières.

Se voir vu
Nombreux sont les auteurs qui soutiennent que la littérature jeunesse offre un tremplin de choix pour contribuer à l’éveil philosophique des enfants (Chirouter, 2011; Perrin, 2006; Tozzi, 2006). Dans cette communication, il sera question de l’album Moi de Shuntarô Tanikawa et Sintra Chô, édité chez Picquier Jeunesse, et de son exploitation dans différentes classes du préscolaire et du primaire. Ce chef-d’œuvre, écrit par celui qui est considéré comme « le Prévert du Japon », met en scène un thème philosophique cher à Blumenberg : l’impact sur son identité de se voir vu par autrui. Cette communication contribuera à dégager la façon dont l’exploitation de cet album permet aux jeunes élèves de partager et de développer leurs réflexions sur ce thème mobilisateur.

Réfléchir sur des questions philosophiques à partir de réseaux d’albums de littérature jeunesse
Avec Marie Dupin de Saint-André (voir ci-dessus)

Anne-Rozenn Morel (France)

Docteure ès lettres, Anne-Rozenn Morel enseigne la littérature et la didactique du français à l’Université de Bretagne occidentale (école interne). Sa thèse intitulée Les fictions utopiques pendant la Révolution française – Enquête sur les interactions entre réalité révolutionnaire et modèles politiques imaginaires va paraître aux Editions Classiques Garnier dans la collection « L’Europe des Lumières », dirigée par Michel Delon et Jacques Berchtold. Ses domaines de recherche sont les suivants : l’utopie en tant que forme littéraire et imaginaire politique; la littérature jeunesse : représentation de la réalité et construction de l’imaginaire; les rôles et les enjeux de l’imaginaire dans la construction des savoirs chez l’enfant et l’adolescent. Elle est actuellement co-responsable d’un groupe de recherche de l’Institut universitaire de formation des maîtres de Bretagne portant sur la lecture et l’écriture de fictions utopiques à l’école, au collège et au lycée (2011-2013).

Lire et écrire avec la littérature pour la jeunesse : un chemin vers la pensée critique?
Avec Laurence Allain-Le Forestier (voir ci-dessus)

Thierry Robert (Québec)

Thierry Robert
(Québec)

Photo : Thierry Robert

Depuis avril 2010, Thierry Robert est bibliothécaire pour le Réseau des bibliothèques publiques de la Ville de Montréal, où il gère le dossier des jeux dans les bibliothèques. Ce dernier inclut un large éventail d’activités, notamment le développement de collections de jeux de société et de jeux vidéo, la conception d’une offre ludoéducative ainsi que la ludification des activités en bibliothèque. Ses recherches sur les jeux sont dévoilées dans le blogue collaboratif Ludicite.ca. Il est aussi concepteur et principal programmeur de plusieurs jeux sérieux en ligne, dont La course des Rapides et Escouade B. Depuis la fin de ses études, il a donné des conférences au LIDA en Croatie, à l’ACSI, au Congrès des milieux documentaires, à l’Université de Montréal et à la conférence virtuelle internationale Library 2.011.

Le développement des compétences informationnelles et de la pensée critique à l’aide des jeux en ligne
À la fin du high school, les jeunes Américains auront passé autant de temps à l’école que devant les jeux vidéo. Certains experts voient dans cette fréquentation ludique une occasion d’utiliser « le meilleur de nous-mêmes » pour stimuler la résolution de problèmes. D’autres s’intéressent aux apprentissages systémiques découlant de la pratique des jeux vidéo commerciaux. Enfin, d’autres préconisent la création de jeux dits sérieux pour enrichir ces derniers d’un sens et d’une valeur pédagogiques. Cette communication vise dans un premier temps à exposer différentes propositions concernant les impacts de la pratique des jeux vidéo sur le développement cognitif des jeunes. Dans un second temps, nous présenterons le jeu Royaume B, que nous avons créé en collaboration avec le Réseau des bibliothèques publiques de la Ville de Montréal, et nous le situerons au sein de ce panorama en vue d’explorer, plus particulièrement, les éléments qui le composent et qui sont destinés à favoriser le développement des compétences informationnelles et de la pensée critique dans les recherches effectuées sur le Web par les jeunes.

Marion Sauvaire (Québec et France)

Marion Sauvaire
(Québec et France)

Photo : L'Atelier Média Camilche Cardenas

Marion Sauvaire prépare un doctorat en didactique du français à l’Université Laval, à Québec, et en lettres modernes à l’Université de Toulouse II. Originaire de Montpellier, elle a réalisé deux maîtrises à l’Université Paul Valéry : l’une en lettres modernes et l’autre en français langue seconde. Depuis huit ans, elle est également professeure de français (langue première et seconde). Elle a enseigné le français et les littératures francophones, du niveau secondaire au niveau universitaire, en France, au Venezuela, au Chili, en Martinique et au Québec. Actuellement, ses recherches portent sur l’enseignement de la littérature au secondaire et au cégep. Elle s’intéresse en particulier à la formation de sujets lecteurs divers en contexte multiculturel.

Comment devient-on un sujet lecteur divers et réflexif?
Nous étudions la formation de sujets lecteurs, divers et réflexifs, au secondaire. Dans la continuité de la philosophie herméneutique de Paul Ricœur, nous postulons que la lecture littéraire permet aux élèves, qui appartiennent ou s’identifient à diverses cultures, de comprendre concomitamment le sens de leur « être au monde » et de se comprendre eux-mêmes, en relation à autrui, comme des sujets divers et réflexifs. Dans le cadre d’une étude de cas sur l’apprentissage de la lecture littéraire, réalisée en France, nous analysons les rapports entre l’investissement subjectif (cognitif, psychoaffectif, axiologique, socioculturel, etc.) et le développement d’une activité réflexive chez des adolescents, lecteurs d’une nouvelle de Stanley Péan. La réflexivité comme mise à distance, retour sur soi et relation aux discours d’autrui apparaît comme un enjeu majeur de la formation d’interprètes critiques de la culture (au sens anthropologique et philosophique) dont la diversité culturelle est l’une des formes contemporaines.

Karine Soucy (Québec)

Karine Soucy
(Québec)

Photo : Karine Soucy

Karine Soucy est titulaire d’un baccalauréat en éducation préscolaire et en enseignement primaire (UQAM). Elle a également complété le microprogramme en philosophie pour enfants et le microprogramme de deuxième cycle en prévention de la violence, résilience et philosophie pour enfants (Université Laval). Enseignante au primaire à la Commission scolaire de Kamouraska–Rivière-du-Loup, elle offre également des ateliers, des formations et des conférences sur la pratique de la philosophie avec les enfants. Elle a mis sur pied plusieurs projets, dont une communauté de recherche pédagogique, une présentation dynamique du roman Le petit prince pour les écoles, un guide pédagogique pour pratiquer la philosophie avec les enfants à partir de ce roman ainsi qu’une série d’ateliers pour les services de garde en milieu scolaire. Son dernier projet, Périscope, s’adresse aux enfants « à besoins intenses » et a pour but de les amener à réfléchir mieux et à agir positivement.

Lis, pense, relis et repense!
Depuis le début de ma jeune carrière, je pratique la philosophie avec les enfants. Mon but : éveiller les élèves à l’importance de penser. Je souhaite faire d’eux des citoyens conscients, des personnes capables de s’exprimer avec des mots justes et capables d’évaluer les réalités qui se présentent à eux. Par l’utilisation de romans philosophiques accompagnés de guides pédagogiques, il y a lieu de créer cet espace qui permet le développement et le raffinement de l’esprit critique des enfants. Cette présentation se veut le partage de multiples expériences de communautés de recherche philosophique vécues avec des enfants dans le contexte de la classe et à la garde scolaire.

Elaine Turgeon (Québec)

Elaine Turgeon
(Québec)

Photo : Martin Laliberté

Elaine Turgeon a enseigné au primaire avant de devenir auteure pour la jeunesse. Son parcours allie création artistique, travail de médiation et implication dans le milieu littéraire. C’est au cours de ses premières années d’enseignement qu’elle a développé la profonde conviction qu’on peut faire confiance à l’intelligence des enfants et leur offrir des livres qui font appel à l’interprétation. C’est d’ailleurs ce qui l’a poussée à entreprendre des études de deuxième cycle au cours desquelles elle a exploré les possibilités d’exploitation pédagogique de la littérature jeunesse. Peu après, elle est devenue conseillère pédagogique et a commencé à donner des cours en formation des maîtres, ce qui lui permet de transmettre sa passion pour l’enseignement et la littérature jeunesse aux futurs enseignants du primaire. Depuis 2005, elle assume la présidence de Communication-Jeunesse. Elle termine actuellement l’écriture d’une thèse de doctorat qui porte sur les albums jeunesse favorisant le développement des habiletés interprétatives.

Un répertoire d’albums québécois pour développer les habiletés interprétatives des élèves du primaire
Depuis quelques années, le concept d’œuvres résistantes (Maingueneau, 1990; Tauveron, 1999) intéresse les didacticiens et les enseignants qui souhaitent développer les habiletés interprétatives des élèves. Or, comme ce concept a surtout fait l’objet de travaux en France, les œuvres proposées par les chercheurs sont essentiellement européennes et plusieurs enseignants manifestent le souhait, lorsqu’on les familiarise avec ce concept, d’obtenir des suggestions d’œuvres québécoises. Dans le cadre de notre recherche doctorale, nous avons conçu et validé un outil destiné à analyser des albums jeunesse afin d’y cerner les éléments propices au travail interprétatif. À l’aide de cet outil, nous avons élaboré un répertoire d’albums québécois polysémiques (ouverts à une pluralité d’interprétations). Notre objectif, avec cette communication, serait principalement de faire jaillir la lumière sur les œuvres du corpus québécois susceptibles de favoriser le développement des habiletés interprétatives des élèves du primaire, notamment en dégageant les caractéristiques qui permettent de les identifier.

Sylvie Viola (Québec)

Sylvie Viola
(Québec)

Photo : Émilie Tournevache au Service de l'audiovisuel (UQAM)

Sylvie Viola est professeure au Département d’éducation et pédagogie et directrice du Programme d’éducation préscolaire et d’enseignement primaire à l’Université du Québec à Montréal. Elle enseigne la didactique générale et les modèles d’enseignement. Ses intérêts de recherche portent sur la pratique réflexive, la métacognition et les démarches de questionnement comme méthode d’enseignement et d’apprentissage. Elle s’intéresse particulièrement aux approches de questionnement pour amener les élèves à comprendre le monde qui les entoure à l’aide de la littérature jeunesse. En 2004, elle a publié un répertoire d’œuvres de littérature jeunesse pour les enseignants afin qu’ils puissent s’en inspirer pour développer des situations d’apprentissage où le questionnement pédagogique occupe une place privilégiée.

Questionnement efficace pour favoriser la réflexion philosophique et critique chez les élèves du primaire
Avec Pierre Lebuis (voir ci-dessus)

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