7 février 2012
Monsieur le président,
monsieur le vice-président,
distingués membres de la Commission,
Je tiens tout d’abord à remercier la Commission de la culture et de l’éducation d’avoir invité Bibliothèque et Archives nationales du Québec à venir la rencontrer.
Pour nous, c’est une première, et nous sommes ravis de l’occasion qui nous est fournie aujourd’hui.
Permettez-moi de présenter les collègues qui m’accompagnent :
Je me permets aussi de vous présenter notre institution en quelques mots. Elle est, à prime abord, complexe, parce qu’elle s’est formée au fil des ans à partir de trois fusions, qui correspondent aux trois mandats qui forment notre mission.
Le réseau des archives nationales est présent dans 10 villes du Québec : Gaspé, Gatineau, Montréal, Québec, Rimouski, Rouyn-Noranda, Saguenay, Sept-Îles, Sherbrooke et Trois-Rivières.
Ce réseau est à l’avant-garde des mutations numériques et un instrument unique de préservation de la mémoire patrimoniale.
Dans notre centre de conservation, qui a pris le relais de la Bibliothèque nationale, l’on trouve une collection de plus de trois millions de documents, ce qui fait de BAnQ à la fois la gardienne des trésors patrimoniaux et la détentrice de la mémoire éditoriale du Québec.
La première composante de BAnQ, la Grande Bibliothèque, c’est d’abord et avant tout l’histoire d’un immense succès.
En moins de sept ans d’existence, la Grande Bibliothèque a dépassé toutes les attentes, toutes les prévisions, et renvoyé à l’oubli toutes les critiques qui ont été formulées au moment de sa création.
Au moment où elle a été planifiée, les plus optimistes prévoyaient une fréquentation annuelle d’un million et demi de personnes.
Nous en accueillons le double, soit près de trois millions de visiteurs, chaque année.
La Grande Bibliothèque est la bibliothèque publique la plus fréquentée de la francophonie et, selon les années, elle se classe au premier ou au deuxième rang au sein du groupe des bibliothèques les plus fréquentées en Amérique du Nord.
Depuis l’ouverture, en avril 2005, ce sont 19 millions de personnes – deux fois et demie la population du Québec – qui sont venues chez nous se nourrir de culture et de connaissance.
Et pour satisfaire leur appétit, nous avons 1,3 million de livres en 13 langues différentes et, au total, quatre millions de documents : des livres, des films, des disques, des revues, des journaux, des partitions musicales, des logiciels et, dans quelques semaines, des jeux vidéo.
Et, en plus de ces ressources sur supports traditionnels, nous proposons à nos usagers l’accès à deux millions de documents numériques.
Justement, en parlant de documents numériques, se pose la question suivante : comment expliquer l’engouement pour les lieux physiques de la Grande bibliothèque – et de toutes les bibliothèques, d’ailleurs – au moment même où l’accès à l’information se fait par Internet, à l’heure où nos usagers peuvent télécharger nos livres électroniques sans quitter la maison?
Parce que, comme les grandes bibliothèques du XXIe siècle, celle de Vancouver, celle d’Amsterdam, celle de Seattle, pour ne mentionner que les plus connues, nous offrons à nos visiteurs beaucoup plus que des collections de documents.
Les bibliothèques du XXIe siècle, ce sont de véritables centres culturels où l’on trouve des expositions, des spectacles, des récitals, des conférences, des lectures publiques, des débats, toute une foule d’activités qui contribuent au bouillonnement artistique et intellectuel de notre société.
On dit que les bibliothèques appartiennent au groupe des troisièmes lieux, ces endroits qui ne sont ni la maison ni le lieu de travail mais des lieux où l’on aime se retrouver, des espaces de liberté, des destinations de choix pour les citoyens qui veulent se rassembler et laisser libre cours à leur imagination.
Nos usagers se sentent tout de suite chez eux. Peu importe qu’ils soient jeunes ou vieux, Québécois d’origine ou immigrants reçus, qu’ils soient francophones ou allophones : 31 % de nos visiteurs parlent une autre langue que le français à la maison.
À la Grande Bibliothèque, nous offrons également de nombreux services qui vont au-delà de l’offre culturelle :
Nous menons aussi le combat contre le décrochage scolaire en travaillant très activement à faire la promotion de la lecture et de la « littératie », si vous me passez le mot de jargon.
Pour l’avenir du Québec, c’est crucial, parce que la capacité de lire et de comprendre des jeunes oriente le reste de leur vie et nos vies à nous aussi.
Parce que les illettrés fonctionnels seront des fardeaux pour notre société plutôt que d’en être des acteurs à part entière.
À la Grande Bibliothèque, un niveau complet est réservé aux jeunes. En plus de trouver des livres, de la musique et des films, les jeunes peuvent recevoir de l’aide pour faire leurs devoirs après l’école et, pendant l’été, participer à un camp de jour à saveur littéraire.
Et nous réfléchissons en ce moment aux moyens de fidéliser les adolescents à la bibliothèque. Je suis convaincu qu’il est urgent d’agir et que la présence des ados en bibliothèque doit être un chantier majeur des prochaines années.
Loin de priver les autres régions du Québec, la création de la Grande Bibliothèque a eu un effet structurant sur le réseau bibliothécaire québécois.
Par effet d’entraînement, nous avons donné le goût de fréquenter les bibliothèques à toute une nouvelle génération d’usagers. Notre succès inspire les villes du Québec, qui sont de plus en plus nombreuses à vouloir se doter elles aussi d’un tel équipement.
En plus de promouvoir la présence physique dans les bibliothèques et les centres d’archives, nous voulons tirer parti au maximum des possibilités qu’offre le numérique.
Parce que la numérisation représente la voie royale pour une institution dont le mandat est de se déployer à l’échelle de tout le Québec.
Pour chaque document que nous acquérons ou que nous convertissons au format numérique, nous multiplions le nombre d’usagers qui peuvent le consulter, en surmontant les contraintes d’espace.
Qu’il soit sur le Plateau Mont-Royal ou à Sept-Îles, notre abonné a accès, au même moment, à sept millions de documents numérisés.
Et notre stratégie consiste non seulement à numériser notre patrimoine documentaire mais aussi à faire de Bibliothèque et Archives nationales du Québec un espace virtuel à part entière.
Nous prêtons déjà des livres numériques. Si vous possédez une tablette de lecture, vous pouvez, dans le confort de votre foyer, emprunter des livres virtuels, comme s’il s’agissait de livres imprimés.
Et vous n’aurez pas à vous soucier de le rapporter puisque, au bout de trois semaines, vous perdrez automatiquement accès au document, qui est chronodégradable.
Notre offre de ressources à distance connaît une croissance exponentielle. Et elle va continuer de croître avec le concours du réseau des libraires québécois qui, lui aussi, est en plein virage numérique.
Notre institution travaille pour que le savoir se diffuse et devienne source de développement économique aussi bien que culturel.
Car, au-delà des services que nous offrons et des gestes concrets que nous posons au quotidien, notre institution participe directement à la société du savoir en créant un bouillon de culture, en encourageant l’autoformation, en mettant en valeur l’innovation et en stimulant la créativité.
J’espère vous avoir convaincus que BAnQ est un grand succès et un motif de fierté pour le Québec tout entier.
Merci de nous recevoir pour échanger avec nous.
Mais attention : notre enthousiasme est communicatif!
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