4 avril 2005
Montréal, le 4 avril 2005 – La Bibliothèque nationale du Québec (BNQ) est heureuse d’annoncer qu’elle procède actuellement à la mise en ligne progressive, sur son Portail Internet (www.bnquebec.ca), de l’intégralité des textes du Petit journal (1926 – 1981), hebdomadaire montréalais de grand intérêt pour les chercheurs et les amateurs de la petite histoire du Québec. Déjà, les internautes peuvent consulter toutes les éditions des années 1926 à 1950. La numérisation devrait être complétée d’ici la fin avril.
Le Petit journal : « indépendant des partis politiques et des trusts »
Dans les années 1920, une partie du nouveau prolétariat urbain est attirée par les tabloïds illustrés, faciles à lire dans le tramway, mettant l'accent sur les faits divers et le divertissement. Ce nouveau lectorat préfère la photo au texte, le reportage à sensations aux articles de fond. C'est alors que naît l'hebdomadaire Le Petit journal.
Fondé par Roger et Roland Maillet, cette publication succède, en lui donnant un nouveau visage, au journal Le Matin qui paraissait depuis 1920. Le Petit journal promet d'être « indépendant des partis politiques et des trusts » et aussi « le journal du peuple avant d'être l'organe des partis ou particuliers » (éditorial du premier numéro, 23 octobre 1926).
Ciblant une clientèle qui se contente de lire un journal par semaine, Le Petit journal s'affiche bientôt comme « le plus grand hebdomadaire français d'Amérique » et offre pour 5 ¢ des douzaines de pages de faits divers, un roman feuilleton, des pages sportives élaborées et des bandes dessinées, et surtout de très nombreuses photos. Tous les membres de la famille y trouvent leur intérêt: chronique sur l'automobile, courrier du coeur, vie mondaine, mots croisés, mode, activité boursière, annonces classées, etc.
Conscient de l'engouement croissant pour le cinéma et la radio, Le Petit journal consacre une bonne partie de ses pages aux nouveaux films, à l'horaire des stations de radio et aux spectacles de cabaret et de burlesque. Les descriptions détaillées des matchs de hockey, agrémentées de photos des joueurs favoris, donnent aux nombreux amateurs la sensation d'y avoir assisté.
Autour de 1935, l'hebdomadaire tire à près de 70 000 exemplaires. Après la crise économique des années 1930, ce sont les événements de la Seconde guerre mondiale qui alimentent les pages du Petit journal et inspirent les bandes dessinées.
Les vingt années suivantes sont marquées par de fréquents changements de propriétaires et une orientation de plus en plus racoleuse, avec de grands titres accrocheurs et des photos couleurs. De nouvelles chroniques sur le plein air, les voyages et les pages féminines voisinent avec des reportages «choc» et des enquêtes sur la vie intime des Québécois. Plusieurs personnalités connues y font leurs premières armes dans le monde du journalisme: Jeannette Bertrand, Alain Stanké, René Homier-Roy, Lysiane Gagnon, Pierre Bourgault, Roger Fournier et bien d'autres.
Vers la fin des années 1970, la formule gagnante du Petit Journal a fait son temps. L'hebdo cesse de paraître en octobre 1981, après plus de cinquante ans d'existence.
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