Rapport annuel GBQ - BNQ 2001-2002

Rapport annuel 2001-2002

Table des matières

Message de la Présidente-directrice générale

Une année unique

Ce qui sera le dernier rapport annuel de la Grande bibliothèque du Québec (GBQ) est rédigé au moment même où on bétonne les fondations de l'édifice au coeur de Montréal. Paradoxe apparent seulement : l'année 2001-2002, ère de toutes les péripéties pour l'institution comme en témoigne chaque section de ce rapport, aura été celle de la fusion effective de la GBQ et de la Bibliothèque nationale du Québec (BNQ), attendue depuis le dépôt d'un projet de loi en ce sens à l'automne 2000. C'est donc la nouvelle Bibliothèque nationale du Québec, née le 4 mars 2002, qui rendra désormais compte de l'édification de la Grande Bibliothèque, dont le nom est maintenant celui d'un bâtiment. Qui continue toutefois à incarner, de mieux en mieux, les espoirs que son annonce a suscités.

En nous préparant tout au long de l'année à prendre la direction de la nouvelle Bibliothèque nationale du Québec, nous avons accepté de modifier radicalement notre quotidien. La GBQ se vivait, depuis 1998, en mode projet. Ses équipes restreintes (moins d'une trentaine de personnes au milieu de 2001) consacraient l'essentiel de leur temps à l'immense travail de planification exigé par la création d'une institution majeure, inédite au Québec. De la construction à la préparation des collections et des services, en passant par les bases technologiques d'un établissement qui servira le Québec entier, nous étions des planificateurs. Nous avons toutefois accueilli avec enthousiasme la décision gouvernementale de regrouper la GBQ et la BNQ et nous sommes passés, en fin d'exercice, en mode de service effectif des citoyens, en exerçant les mandats de l'ancienne Bibliothèque nationale et en formant une seule équipe avec les quelque 130 membres de son personnel.

J'ai eu l'honneur et le plaisir de présider le comité de mise en œuvre qui a soigneusement préparé chacun des arrimages qu'exigeait la fusion. Formé à l'été 2001, au lendemain de l'adoption de la loi de fusion, il a surtout accordé son attention à la réorganisation des ressources humaines, tandis que les services administratifs, financiers, et informatiques des deux institutions travaillaient déjà, sur le terrain, à assurer une transition en douceur. À terme, j'ai pu déposer au ministère un plan d'organisation de l'administration supérieure dont la structure traduit non seulement le nouvel état des lieux mais aussi l'enrichissement des missions de conservation et de diffusion que nous confie spécifiquement la loi, sous une unité de direction.

Le chantier de la Grande bibliothèque du Québec et celui de son bâtiment n'en ont pas souffert pour autant. L'année 2001-2002 a donné leur impulsion concrète à tous les mandats confiés à la GBQ par la loi de 1998. L'augmentation des effectifs a permis à la direction générale de la bibliothéconomie d'entreprendre les travaux de préparation des collections existantes - avec la collaboration de la Bibliothèque nationale du Québec et de la Bibliothèque centrale de Montréal - de mettre en place les systèmes d'acquisition de nouvelles collections, de préparer l'offre de services à la clientèle sur place et à distance, un immense travail dont l'aboutissement, à l'ouverture, en surprendra plusieurs par sa diversité et sa générosité. Outre ces activités en bibliothéconomie, nous avons continué, avec l'aide des directions de communications et de développement institutionnel, à jeter les bases de notre rayonnement culturel et de notre collaboration avec les réseaux documentaires, notamment les bibliothèques publiques. Notre direction de l'informatique a préparé et lancé, avec la collaboration de multiples experts de la maison et d'autres institutions, l'appel d'offres de notre système de gestion documentaire intégrée, qui sera le vecteur de nos services sur place et à distance, un des principaux outils de réalisation de notre mandat national.

Avec le soutien et la solidarité du ministère de la Culture et des Communications (MCC), nous avons non seulement obtenu les ressources humaines et financières nécessaires à ces travaux parallèles à la construction du bâtiment, mais nous avons pu convenir d'arrangements qui nous rendent moins vulnérables à la fluctuation annuelle des allocations budgétaires, alors que le projet de la Grande Bibliothèque s'étale sur quelques exercices financiers. Notre direction de l'administration et des services internes a su mener à bien ces indispensables négociations, tout en se consacrant aux très imposantes tâches de réalisation effective de la fusion des institutions.

Notre direction de la planification et de la gestion du projet de construction a supervisé la préparation des plans et devis préliminaires puis celle des plans et devis définitifs, organisé et fait un succès du concours national de design du mobilier de lecture du futur bâtiment, lancé et mené à bien l'appel d'offres de la seconde phase de travaux qu'était l'excavation du site et la coulée des fondations, travaillé étroitement avec les diverses firmes professionnelles n ingénierie et architecture n rattachées au projet. Elle a été soutenue à toutes les étapes par la direction de nos services juridiques, malgré l'abondance des dossiers reliés au processus de fusion GBQ-BNQ. Au printemps 2002, elle préparait l'appel d'offres pour la réalisation cruciale de la troisième phase n l'enveloppe du bâtiment. L'appui du MCC, pour le suivi général du projet, a été constant et harmonieux.

Pendant que les premières grues reliées au projet de la Grande Bibliothèque s'installaient dans le ciel de Montréal, le destin de la ville se modifiait. Le processus de création de la nouvelle métropole au territoire et aux populations élargis a brouillé quelque peu nos plans quant à notre mandat de proximité. Malgré une entente-cadre avec l'ancienne administration municipale qui nous sert toujours de référence, certains accords spécifiques ont dû être reportés en attendant la mise en place de la nouvelle ville. Mais tout semblait indiquer, au printemps 2001, que la reprise des échanges pourrait conduire ces dossiers à terme au cours des prochains mois.

On comprendra que j'exprime une reconnaissance particulière, au nom de toute l'équipe de l'ancienne Grande bibliothèque du Québec, au conseil d'administration de la GBQ. Tout au cours d'une année dont tous savaient qu'elle était la dernière de l'institution sous sa forme initiale, nous avons multiplié les réunions requises par les phases de la construction mais aussi par l'adoption, incontournable, des dizaines de politiques qui marquent la naissance d'un établissement public. La patience des membres du conseil, leur appui, leur esprit convivial ne se sont jamais démentis et il en est allé de même pour les membres des comités rattachés au conseil. Ce fut un travail de pionniers qui a consolidé le projet, en a gommé les fragilités et formé les solides assises. La première réunion du nouveau conseil de la Bibliothèque nationale du Québec, tenue en mars, a témoigné de la même détermination.

Affermie à l'interne, appuyée au Québec, la nouvelle BNQ entreprend de s'installer plus avant dans les réseaux internationaux qui balisent aujourd'hui l'avenir des grandes bibliothèques, vouées à toutes les formes de coopération culturelle, scientifique, technique. Nommée par décret du gouvernement français au Conseil scientifique de la Bibliothèque nationale de France au début de 2002, j'entends commander un bilan de notre coopération en francophonie d'abord mais aussi avec d'autres pays qui sollicitent des échanges. Les perspectives de la nouvelle Bibliothèque nationale du Québec, chez elle et partout, ne cessent de s'élargir.

L'année 2001-2002 restera certainement unique dans l'histoire de l'institution. La regarder en rétrospective pourrait donner le vertige. Mais elle porte plutôt à aborder les prochaines étapes avec confiance. Moins en notre bonne étoile - qui semble toutefois exister - qu'en la force de notre équipe, que je remercie sans réserve.

La Présidente-directrice générale

Lise Bissonnette

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