Rapport annuel 2011-2012

Table des matières

MESSAGE DU PRÉSIDENT-DIRECTEUR GÉNÉRAL

Point de bascule

 

Guy Berthiaume.

L'exercice 2011-2012 a constitué, à tous les égards importants, une année charnière, entièrement inscrite sous le principe d'Héraclite : tout est mouvement. L'élaboration d'un nouveau plan stratégique, à l'horizon 2012-2015, nous a amenés à une réflexion fondamentale sur nos valeurs, sur notre vision et sur les moyens de les incarner dans le concret du quotidien. Pour y arriver, nous avons bénéficié des orientations du Plan stratégique 2011-2015 du ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, ainsi que des lumières de notre communauté et de nos partenaires. C'est ainsi que les membres de notre conseil d'administration, tous les employés de l'institution et 48 organismes nationaux et internationaux ont été mis à contribution dans le cadre d'une consultation d'une ampleur sans précédent : associations des milieux documentaires et archivistiques, organismes culturels, bibliothèques nationales d'autres États, universités et établissements de recherche ont été invités à bonifier les propositions qui forment notre plan stratégique. Toute notre reconnaissance leur est acquise pour leurs réponses aussi informées que généreuses.

Valoriser la lecture et promouvoir la littératie est au coeur de nos missions. Cette année, nos efforts en la matière ont pris une coloration résolument nippone, puisqu'en matière de programmation culturelle, 2011-2012 fut l'année Manga à BAnQ. Hommage à la bande dessinée japonaise – dont l'esthétique, les codes et, même, l'éthique connaissent un succès fulgurant à l'échelle planétaire – en même temps que clin d'oeil résolument complice au public adolescent, l'année Manga a été ponctuée par l'ouverture de deux expositions d'envergure à la Grande Bibliothèque : l'une à l'Espace Jeunes, l'autre dans notre salle principale d'exposition. Dans la foulée, un éventail d'activités a été offert, dont des conférences, des spectacles et des ateliers sur le dessin des mangas. De plus, au cours de l'été 2011, pour le plus grand bonheur des 8 à 13 ans, le camp de jour de la Grande Bibliothèque a pris pour thème le manga. Le camp a connu un tel succès qu'il sera repris en juillet et août 2012.

Autre variation sur le thème du mouvement : l'entrée des jeux vidéo dans notre collection de prêt. Grâce au don de Warner Bros. Games, dont les studios montréalais sont voisins de la Grande Bibliothèque, nous avons concrétisé le projet d'offrir à nos usagers la possibilité d'emprunter des jeux vidéo. Au fil du temps, le jeu vidéo est devenu un art à part entière – nommé le dixième art – et il nous apparaissait donc essentiel que la Grande Bibliothèque fasse preuve de leadership en ouvrant ses rayons à ces oeuvres nouvelles, tout comme elle l'avait fait à l'époque pour le neuvième art, en accueillant des bandes dessinées de toutes sortes. Nous avons été confortés dans notre initiative par le géant du jeu, Ubisoft, qui a, lui aussi, généreusement décidé d'offrir ses plus récents titres à BAnQ. Au chapitre de la générosité, je souligne deux nouveaux dons reçus par la Fondation de BAnQ au cours de la dernière année : celui de la Fondation Alcoa qui permettra de créer un parcours éducatif environnemental dans le Jardin d'art de la Grande Bibliothèque, et celui de la firme CGI qui appuie la réalisation d'un projet d'interface de mise en valeur de nos précieuses collections numériques.

Notre vocation d'institution nationale appelle une responsabilité à l'égard du soutien à la recherche et à la diffusion scientifique. Car, pour être pleinement valorisés et diffusés, les fonds et les collections dont nous sommes les gardiens doivent faire l'objet d'études savantes et d'analyses critiques. Je me réjouis donc tout particulièrement que nous ayons adopté en mars dernier notre politique de la recherche et de la diffusion scientifique. Celle-ci permettra à nos partenaires de connaître les orientations et les objectifs qui nourrissent notre mission scientifique, ainsi que les trois grands domaines autour desquels nous articulerons nos interventions : le patrimoine documentaire québécois ; les sujets liés au mandat de BAnQ; les métadonnées sur nos documents et les données produites par nos activités.

De même, notre statut de gardien de la mémoire du Québec nous amène à nous pencher sur l'urgence de collecter et de conserver les sites Web. Ne pas nous en charger conduirait à n'offrir aux prochaines générations qu'une vision tronquée de notre histoire et de notre patrimoine. En mars dernier, nos instances, le comité sur les collections et les services, puis le conseil d'administration, ont donné le feu vert à la mise en oeuvre d'un programme institutionnel de collecte qui couvrira non seulement les sites gouvernementaux, mais également un certain nombre de sites privés présentant un fort intérêt sociétal.

Pilier essentiel de la société du savoir, BAnQ attache beaucoup d'importance aux ententes de partenariat qu'elle établit avec des institutions du monde de l'éducation. À tout seigneur tout honneur, c'est avec le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport lui-même qu'une entente d'une durée de cinq ans a été signée, en mars 2012, afin de développer des projets communs portant sur le soutien à l'application des orientations du Programme de formation de l'école québécoise, sur l'intégration linguistique scolaire et sociale des élèves issus de l'immigration, sur le développement de lecteurs pour la vie et sur le soutien des interventions auprès des élèves ayant des besoins particuliers. Une autre entente de partenariat a été conclue avec la Fondation Lionel-Groulx en vue de la numérisation des ouvrages du chanoine, ainsi que de l'organisation de la série de conférences Dix journées qui ont fait le Québec, qui remporte un franc succès de fréquentation. BAnQ et l'École de technologie supérieure ont également convenu par entente que les chercheurs de cette dernière seraient incités à utiliser notre institution comme lieu d'expérimentation pour la mise en oeuvre et l'amélioration de procédés de numérisation. Enfin, nous avons signé un protocole d'entente avec l'Université de Sherbrooke pour poursuivre et accentuer encore l'excellent travail que nous menons depuis plusieurs années avec le Groupe de recherches et d'études sur le livre au Québec de cette université.

Sur le plan budgétaire, 2011-2012 a apporté son lot de bonnes nouvelles. Du point de vue des dépenses, l'équilibre budgétaire que nous avions atteint en 2010-2011 a été maintenu et nous avons réussi à atteindre les cibles de réduction des dépenses de fonctionnement fixées par le gouvernement du Québec. Du point de vue des produits, nos revenus autonomes se sont accrus de 4 % et, de plus, pour nous permettre de maintenir la qualité du service à nos usagers, des crédits supplémentaires récurrents de l'ordre d'un million de dollars par année nous ont été accordés par le gouvernement du Québec.

Dans une perspective d'efficience, nous avons apporté des ajustements à notre structure administrative, sans ajout de ressources supplémentaires. À la Direction générale de la conservation, la Section de la reproduction a été transférée à la Direction de la numérisation et la Section de la préservation de la Direction de la sauvegarde des collections a été fusionnée avec la Direction des acquisitions de la collection patrimoniale. À la Direction générale des technologies de l'information et des télécommunications, un bureau des projets et systèmes administratifs ainsi qu'une Direction des services Web ont été mis sur pied. Enfin, les responsabilités des trois unités administratives composant la Direction générale des archives ont été redécoupées.

Autre évolution récente, depuis décembre 2011, grâce à l'entrée en activité de la plateforme Prêt numérique, près de 6000 titres numériques québécois sont venus s'ajouter aux titres téléchargeables sur tablettes de lecture qui étaient offerts à nos abonnés, pour un total de plus de 30 000. Le développement de cette plateforme, qui a suscité un fort engouement – 15 000 prêts effectués au cours des trois premiers mois –, a été rendu possible grâce à l'appui financier de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) et à la collaboration précieuse de tous les acteurs du milieu du livre : éditeurs, distributeurs, librairies et bibliothèques publiques. En plus d'acquérir des titres numériques auprès de sociétés commerciales, nous avons déployé des efforts importants pour que les documents d'intérêt national soient numérisés par nous et nos partenaires. C'est ainsi qu'en concertation avec le ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, le Conseil des arts et des lettres du Québec, la SODEC et Télé-Québec, BAnQ a participé à l'élaboration de la stratégie numérique du gouvernement du Québec, un investissement de 20 millions de dollars, réparti sur les cinq prochaines années, qui a été annoncé dans le discours sur le budget du 20 mars 2012. De plus, en collaboration avec le ministère et la Société des musées québécois, BAnQ a travaillé à la conception d'une nouvelle plateforme de diffusion appelée à devenir la vitrine numérique du patrimoine culturel du Québec.

Le climat de travail, dans une institution aussi active que BAnQ, est un facteur essentiel pour assurer le bien-être et la motivation des équipes. Un comité de 19 personnes, formé de représentants de tous les secteurs et de tous nos corps d'emploi, a été mandaté pour élaborer un plan d'action qui a été adopté par la direction de notre institution. Les mesures proposées dans ce plan d'action seront graduellement instaurées et elles favoriseront l'accomplissement professionnel, individuel et collectif, de tous les employés.

L'année qui s'est terminée le 31 mars 2012 a été ponctuée par l'adoption, par le gouvernement du Québec, de l'Agenda 21 de la culture, un cadre de référence qui positionne la culture comme pilier du développement durable. BAnQ a contribué avec enthousiasme à cette initiative, accueillant en ses murs trois rencontres de consultation : celle regroupant les représentants des bibliothèques et des centres d'archives; celle visant les sociétés d'État rattachées au ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine et celle s'adressant aux porte-parole des musées.

On le voit : non seulement 2011-2012 fut une année charnière, mais elle fut, en quelque sorte, un véritable point de bascule, tant les changements dont elle fut ponctuée sont annonciateurs de modifications fondamentales. On peut penser, sans fausse modestie, qu'Héraclite serait fier de nous.

 

Signature de Guy Berthiaume.

Guy Berthiaume

 

Nos partenaires

Catalogue des bibliothèques du Québec. RFN. RDAQ. Les Amis de BAnQ. Fondation de BAnQ.