Rapport annuel BAnQ 2006-2007

Message de la présidente-directrice générale

Table des matières

UNE ANNÉE D'ENRACINEMENT

Une fois sera-t-elle coutume? L'année écoulée, dont témoigne ce rapport, aura été vécue sans modification institutionnelle majeure. L'ouverture de la Grande Bibliothèque, les fusions successives qui ont créé le vaste ensemble culturel qu'est Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), sont du passé. C'est à partir de mouvements intérieurs, désormais, que de grands changements ont continué à dessiner notre avenir tandis que nos multiples équipes vivaient enfin de nécessaires consolidations.

Souvent perçue — à raison tout de même — comme une institution d'abord montréalaise, BAnQ aura pourtant, en 2006-2007, rétabli l'équilibre en développant sans cesse sa présence territoriale.

Précieux héritage de la fusion du début de 2006 entre la Bibliothèque nationale du Québec et les Archives nationales du Québec, nos centres régionaux d'archives nous garantissent désormais une implantation dans l'ensemble du Québec. Pour bien la marquer, et surtout pour en explorer toutes les possibilités, nous avons entrepris une vaste consultation dans chacune des régions. Nous sommes allés à la rencontre de nos partenaires habituels, les milieux de bibliothèques et d'archives, mais aussi des milieux que nous voulons servir : culturels, éducatifs, communautaires, municipaux. Cette tournée, qui rappelait à bien des égards celle de 1999 si marquante pour le devenir de la Grande Bibliothèque, s'intéressait surtout en 2006-2007 au patrimoine documentaire, à sa préservation toujours urgente, et à sa mise en valeur. Les échanges nous ont aidés à formuler une feuille de route, et notamment à cerner le patrimoine commercial et industriel comme l'un des plus menacés, lors même qu'il est au cœur de l'histoire du Québec.

À cet enracinement accru, nous aurons ajouté une présence virtuelle qui a comme première vertu d'être bien réelle. Grâce aux technologies de l'information dont l'usage intelligent peut contribuer à changer la vie, nos services à distance se sont multipliés. Des centaines de livres, des millions de pages de périodiques ou d'archives, des manuscrits, des photos, des cartes, des disques ont été numérisés pour que nos concitoyens, où qu'ils soient, aient directement accès à leur patrimoine autrefois pratiquement réservé aux chercheurs. Des extranets ont été créés ou enrichis pour soutenir nos relations avec nos partenaires spécialisés. Nous avons négocié l'accès à de coûteuses bases de données numériques et les avons offertes gratuitement à nos abonnés. L'offre de notre portail est si abondante et de telle qualité qu'elle nous a valu le Prix d'excellence Gouvernement en ligne, décerné par l'Institut d'administration publique de Québec. Mais la construction de cette cyber-bibliothèque est loin d'être achevée, comme nous le savons depuis que nous avons lancé un chantier de travail québécois sur la numérisation, en compagnie de nos multiples partenaires des milieux muséaux et universitaires. Actif participant du Réseau francophone des bibliothèques nationales numériques, BAnQ fait de la bibliothèque virtuelle une assise principale de sa coopération avec les institutions canadiennes et internationales, en cherchant toujours à en tirer le meilleur pour nos concitoyens.

Petit à petit, le territoire lui-même se transforme. C'est avec mille précautions, parfois dans la crainte, qu'avait été créée en 2002 la Table de concertation des bibliothèques du Québec, présidée par la Bibliothèque nationale du Québec puis par BAnQ, aux fins de la mise en réseau de l'ensemble des institutions, de quelque ordre qu'elles soient. Au terme d'une première phase de travaux aussi arides que nécessaires, un rapport unanime a été remis à la ministre de la Culture et des Communications au début de 2007. S'y dessinent les conditions de succès d'une coopération, notamment technologique, qui fera surgir le « réseau des réseaux » espéré par cette Table depuis sa première réunion. Le consensus est tel que le gouvernement a immédiatement consenti les crédits nécessaires à la mise en œuvre des recommandations.

La croissance des missions de l'institution, ses ramifications sur le territoire, la multiplication de ses partenaires de tous ordres, tout cela a de quoi réjouir ceux qui, comme nos équipes, s'épanouissent dans le mouvement. Mais la question surgit aussitôt d'effets secondaires qui pourraient être difficiles. Nous devons veiller à la cohérence de l'institution, un défi d'autant plus grand qu'il n'existe pas de modèle national ou international analogue, qui puisse vraiment nous guider.

Les augures, à cet égard, restent heureux. L'addition constante de fonctions n'a pas entamé l'harmonie essentielle à nos travaux et je sais gré à mes collègues de l'équipe de direction d'une aussi grande maison, d'en détenir la clé en nous rappelant sans cesse à la notion première de service à nos concitoyens. Les équipes qu'ils supervisent et coordonnent conservent magnifiquement leur allant, il ne se passe guère de jour sans que j'en reçoive témoignage. Rares sont les services publics, on l'admettra, qui en éprouvent le plaisir.

À travers nous, ce message du public s'adresse au gouvernement du Québec qui nous alloue non seulement les ressources requises mais un espace de manœuvre indispensable à la qualité de nos décisions et de nos prestations. En retour, nous ne craignons pas la vigilance et je remercie particulièrement nos collègues du conseil d'administration et de ses comités, qui l'exercent avec patience et constance, eux aussi convaincus de contribuer au bien commun, plus précisément à une partie du bien commun dont le Québec a mis un peu trop de temps à se convaincre mais qu'il s'approprie, aujourd'hui, avec la plus légitime des ambitions.

Lise Bissonnette

Nos partenaires

Catalogue des bibliothèques du Québec. RFN. RDAQ. Les Amis de BAnQ. Fondation de BAnQ.