Rapport annuel BAnQ 2005-2006

MESSAGE DE LA PRÉSIDENTE-DIRECTRICE GÉNÉRALE

Table des matières

Foisonnant de promesses autant que de réalisations en 2004-2005, le rapport de la Bibliothèque nationale du Québec donnait à nos concitoyens de multiples rendez-vous : à la Grande Bibliothèque qui allait être inaugurée en avril 2005, aux Archives nationales du Québec dont la fusion avec la BNQ était imminente, à la bibliothèque virtuelle qu'un portail majeur venait de lancer, aux services à distance qui téléportent en quelque sorte nos savoirs et savoir-faire dans l'ensemble du territoire. Cette année, le rapport 2005-2006 de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) affirme que tous ces rendez-vous, et d'autres encore, ont été tenus. Et, il fallait s'y attendre, il en fixe de nouveaux.

BAnQ, devenue au cours des derniers mois la plus importante institution culturelle du Québec par sa taille, la diversité de ses missions, et sa présence dans les grands centres comme en régions, a rencontré ses publics. Et elle a suscité leur adhésion, comme tant d'observateurs l'ont constaté, parfois étonnés, le plus souvent ravis avec nous.

On a beaucoup utilisé le taux de fréquentation de la Grande Bibliothèque pour mesure de ce succès. Du double de nos prévisions, ce taux est en effet remarquable, parmi les plus élevés en Amérique du Nord. Mais nous ne sommes pas inscrits dans une course au championnat des visiteurs. La popularité de la Grande Bibliothèque est d'abord un indicateur du sens d'un parcours. L'intérêt soutenu qu'elle a suscité, une fois passée l'euphorie des premières semaines d'ouverture, exprime un besoin de savoir et de culture qui ne pouvait trouver réponse, pour le plus grand nombre, auprès des institutions d'éducation formelle ou dans l'offre désordonnée des médias, même les plus nouveaux. Il faut en prendre acte comme d'une demande qui ira s'affermissant et se diversifiant.

Et toute la réponse ne se trouve pas dans l'édifice montréalais de diffusion, aussi populaire qu'il soit. Elle se trouve dans l'institution qui vient de naître en janvier 2006, fusion de la Bibliothèque nationale du Québec et des Archives nationales du Québec. On le constatera à la lecture de ce rapport, BAnQ devient désormais la porte d'entrée de toute la gamme des savoirs que peuvent requérir les citoyens. Elle est leur accès aux archives publiques et privées dans tous les domaines, à leur patrimoine documentaire national, à des collections de portée universelle, à des services documentaires spécialisés, à des instruments d'auto-éducation réels ou virtuels, à un encadrement professionnel de leurs recherches comme de leur plaisir de lire. Elle offre ses richesses à tous, des enfants aux chercheurs.

Il y a peu, dans les milieux spécialisés, on traitait d'utopistes les quelques individus qui souhaitaient cette intégration des fonctions dites «documentaires» faute de terme meilleur pour désigner un ensemble aussi varié des supports anciens et nouveaux de la culture et du savoir. Plusieurs pays envisagent aujourd'hui de tels décloisonnements mais aucun n'a poussé le modèle aussi loin que le Québec. Les premiers pas de la nouvelle institution nous donnent confiance en notre capacité de surmonter les risques associés à une telle innovation.

Dans ces conditions, l'ouverture de la Grande Bibliothèque – événement majeur de la période 2005-2006 – ne peut être perçue comme une fin en soi, mais comme l'outil qui nous permet de soutenir l'ensemble de nos missions. Elle abrite une architecture et des services informatiques qui permettent à la Direction de la conservation de donner un rayonnement national et international jusque-là inespéré à nos collections patrimoniales qui s'attirent en retour des acquisitions accrues. Elle permet à la Direction de la diffusion, grâce à la présence de professionnels qualifiés et spécialisés, de donner non seulement réponse aux multiples attentes individuelles des usagers mais aussi de soutenir une collaboration croissante entre les bibliothèques du territoire qui pourront s'appuyer sur nos ressources pour leur mise en réseau. Elle soutient et consolide le travail déjà si remarquable des Archives nationales en leur donnant une visibilité nouvelle et en facilitant là aussi les liens avec leurs nombreux partenaires au Québec, des plus modestes sociétés d'histoire aux organismes gouvernementaux encadrés par la Loi sur les archives. Elle assure la participation de BAnQ aux bibliothèques numériques «multinationales» qui voient le jour en Europe et en Amérique, car l'institution se trouve en première ligne de la numérisation de ressources patrimoniales et peut mettre à la disposition du public le meilleur des ressources électroniques disponibles sur le marché.

Elle est un levier. Ce rapport annuel fait état de toutes les directions où il peut nous conduire et esquisse aussi, en filigrane, les défis des prochaines années. Ils vont des problèmes prévisibles d'espaces pour la conservation d'un patrimoine en croissance jusqu'aux défis logistiques du prêt accru entre bibliothèques, des sollicitations du milieu scolaire jusqu'aux exigences de la coopération scientifique internationale, des nouveaux moyens de servir les personnes handicapées jusqu'à la production accrue d'animations littéraires. Et ils imposent, partout, de travailler à l'élargissement des clientèles. Celles qui se sont présentées aux rendez-vous étaient souvent gagnées d'avance. Tant d'autres demeurent à convaincre, et à servir.

Je remercie mes collègues de toutes les sections de l'institution qui, en préparant ce rapport annuel, ne se sont pas contentés de présenter un bilan dont ils peuvent être fiers, mais y ont bien exprimé ces défis. Même si nous l'avions souhaité, l'année 2005-2006 n'aurait pu en être une de repos tant la demande publique a été exigeante. Nos équipes y ont toutes répondu avec une compétence et une qualité d'accueil dont je ne cesse de recueillir des témoignages. Malgré le bonheur que nous a donné cette belle entente avec le public, la conscience de ce qui reste à accomplir est demeurée notre motivation première. Assurer l'accès aux richesses énormes rassemblées à BAnQ, ce n'est qu'une première phase d'un travail de démocratisation qui ne sera jamais terminé.

BAnQ est une institution publique, un service public par excellence dans l'ordre culturel. Je sais gré au gouvernement du Québec d'y investir les ressources nécessaires à son déploiement, à nos collègues du ministère de la Culture et des Communications qui nous accompagnent avec conviction, aux membres de notre conseil d'administration et de ses comités qui partagent avec vigilance les objectifs de la maison, à toutes les institutions partenaires qui soutiennent souvent nos services les plus innovateurs. Et je me fais le truchement du personnel de BAnQ, de tous, en remerciant surtout les Québécois qui, par milliers et milliers, se reconnaissent dans cet espace qui leur appartient.

Lise Bissonnette

 

Nos partenaires

Catalogue des bibliothèques du Québec. RFN. RDAQ. Les Amis de BAnQ. Fondation de BAnQ.