Rapport annuel 2003-2004 de la Bibliothèque nationale du Québec

Message de la présidente-directrice générale

Table des matières

La confection de la trame

Il n’est guère de conversation sur la Bibliothèque nationale du Québec qui, au cours de l’année 2003-2004, ne se soit amorcée ainsi : « Alors, votre bâtiment, il avance… ». Bien avant l’ouverture de la Grande Bibliothèque, l’acier, le béton et les lignes fortes de l’enveloppe de l’édifice prenaient possession des lieux au cœur de la métropole et chacun, soudain, franchissait avec nous le passage du projet à la réalité, irréversible enfin.

Nous avons en effet filé des jours très heureux à voir s’ancrer puis s’élever notre magnifique édifice de diffusion, si conforme à nos voeux. Mais le bâtiment, pour nous, est d’abord un bâti, au sens ancien, textile, du terme. Une trame, un support, le fil solide qui donnera cohérence à l’ensemble, qui soutiendra l’engagement et l’action de la nouvelle Bibliothèque nationale bien au-delà de Montréal, dans l’ensemble du territoire québécois. Son édification se poursuit plus discrètement en chacune des sections de l’institution. Voilà ce dont témoigne le présent rapport annuel, sommaire des activités débordantes d’un établissement qui se consolide, se développe et s’invente à la fois.

La rencontre des cultures de la Bibliothèque nationale du Québec et de la Grande bibliothèque du Québec, fusionnées en 2002, n’en est plus à la phase d’apprivoisement. Elle commence à générer des avancées concrètes. La mission patrimoniale de la BNQ a conservé sa qualité, sa rigueur et l’ampleur qui situaient déjà la bibliothèque parmi les meilleures mais elle se déploie désormais sous d’autres formes. 2003-2004 aura été la première année d’organisation autonome de la recherche et de la coopération scientifique qui mettront activement en valeur les richesses de nos collections. Tant chez les chercheurs, qui ont pris acte et souvent profité concrètement de cette nouvelle orientation, que chez un public curieux amené par diverses expositions et colloques à découvrir mieux son propre patrimoine, nous observons des complicités accrues. Le patient travail d’acquisition, de traitement, de préservation et parfois de restauration des documents qui nous sont confiés par milliers, s’en trouve ainsi conforté. Ce qui nous a incités, on le verra, à élargir la portée de nos collections au moment de la révision de notre politique d’acquisitions patrimoniales, et à participer à la réflexion de milieux intéressés à corriger et développer, au Québec, ce volet trop négligé de notre mémoire.

Quant aux équipes qui préparent plus spécifiquement les contenus et services de la Grande Bibliothèque, elles ont vécu une année étourdissante. Tandis que s’élevaient les murs et cloisons, elles participaient directement au peaufinage des installations physiques et virtuelles, et elles préparaient, en collaboration avec une importante chaîne de partenaires extérieurs, l’ensemble des collections sur tous supports qui seront offertes au public au printemps 2005. Définition de profils de dizaines de collections, inventaires des collections existantes, achats auprès des librairies agréées et autres fournisseurs, traitement sur place et à l’externe, entreposage, étude de la mise en rayons, on n’en finirait plus d’égrener les opérations minutieuses qui, d’unité en unité, composeront le million de livres – sans compter les centaines de milliers d’autres disques, vidéos, logiciels, journaux et revues – disponibles à un public qui trouvera une bibliothèque à la mesure de ses exigences. Tout cela se fait avec un souci de présence au milieu, d’accueil et de formation d’un personnel qualifié et souvent jeune, ainsi qu’une attention constante aux meilleures expériences ou innovations qui pourraient augmenter encore la qualité de nos futurs services à des populations de toutes provenances, de tous milieux, de tous âges.

Si nos futurs « clients » entrent chez nous, sur place ou par voie électronique, et tiennent pour naturel d’y trouver ce qu’ils cherchent, comme si tout cet aménagement relevait d’une sorte de magie, ils le devront à la minutie de ce travail sans précédent au Québec, tant par son ampleur que par les nouvelles avenues qu’il emprunte.

Nous ne pourrions soutenir nos missions de conservation et de diffusion sans les efforts fédérateurs d’autres directions de la BNQ. La construction, la fusion des institutions, le développement constant de la bibliothèque font que nous sommes aussi en chantier financier, administratif, juridique. Le changement y est un mode de vie, sans rien enlever à la rigueur du contrôle sur tous les fronts où nous oeuvrons. Nous avons mis à jour et modernisé nos systèmes administratifs et comptables, et révisé l’ensemble des politiques qui gouvernent une institution plus que jamais tournée vers le service public. En augmentant l’imputabilité de chacune de nos directions et coordinations, en adoptant de nouvelles règles d’accès à l’égalité en emploi, en resserrant partout l’encadrement de nos rapports avec le public – déontologie, accès à l’information, protection de la vie privée, politique linguistique – nous croyons assurer les fondements d’une « culture d’entreprise » qui devrait viser à l’exemplaire. C’est à la direction de l’administration et des services internes ainsi qu’au secrétariat général et direction des affaires juridiques que nous devons cette impulsion. L’autre travail fédérateur, indispensable et stimulant, est évidemment celui de la direction de l’informatique et des télécommunications qui a assuré de front, au cours de la dernière année, trois actions essentielles : le remplacement et la mise à jour des systèmes, le parachèvement technologique de la fusion, et le développement des outils qui permettront à la BNQ non seulement de réaliser ses projets, mais aussi de remplir sa mission même, grâce à une architecture électronique qui servira l’ensemble du Québec. De la même façon, notre direction des communications et des relations publiques, qui a développé de nouvelles façons de soutenir la communication interne, qui offre à chacune des directions des outils efficaces d’information, et qui assure le suivi d’un plan de présence aux nombreux groupes extérieurs qui sollicitent notre attention, devient elle aussi un lieu de coopération transversale au sein de l’établissement.

L’année 2003-2004 aura aussi vu le lancement et ou la revitalisation de coopérations majeures. J’ai eu le plaisir de présider depuis mars 2003, à la demande de la ministre de la Culture et des Communications, la Table permanente de concertation des bibliothèques québécoises, qui réunit des représentants de tous les types d’institutions et qui travaille dans l’harmonie à définir les conditions d’apparition d’un « réseau des réseaux » au service des citoyens. À la présidence du Comité du livre, de la littérature et des bibliothèques de l’Observatoire de la culture et des communications du Québec, la direction de la BNQ a participé scientifiquement et financièrement à un état des lieux, œuvre majeure dont la publication est prévue à l’automne 2004. Les conférences et colloques où la présidence de la BNQ a été sollicitée n’ont pas manqué mais signalons particulièrement le travail préparatoire à la reconduction et à l’élargissement important d’une entente de coopération avec la Bibliothèque nationale de France, où je siège par ailleurs au Conseil scientifique. De même avons-nous relancé les liens avec la Bibliothèque d’Alexandrie, en prévision là aussi d’une entente de coopération élargie dont la signature interviendra en 2004. Sollicitée par plusieurs établissements au Québec et à l’étranger – notamment dans l’espace francophone, la BNQ se dotera d’un programme d’accueil et de stages, en collaboration avec d’autres institutions.

À toutes les équipes de la BNQ, habitées autant par l’esprit de service que par le souci de la cohésion interne, défi crucial en cette période de transition et de développement accéléré, je dis ma reconnaissance. Je la dis particulièrement, on le comprendra, à l’équipe de direction du projet de construction qui entreprend avec nous une dernière année de travail si compétent et si convivial. Au conseil d’administration et à ses comités, qui assurent bénévolement une vigilance nécessaire mais nous dynamisent aussi par leur solidarité, je dis ma gratitude, qui est celle de l’institution entière, à la veille d’une autre année de transition, plus exigeante encore.

Lise Bissonnette

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