À rayons ouverts, no 97

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La vie de BanQ


Le plan culturel numérique du Québec

De vastes chantiers pour les prochaines années

par Danielle Chagnon, directrice générale de la conservation, BAnQ Rosemont–La Petite-Patrie

Le 29 septembre dernier, le gouvernement du Québec lançait son Plan culturel numérique, montrant ainsi sa volonté d'assurer le rayonnement de la culture québécoise dans l'univers virtuel. Ce jour-là, 51 mesures ont été annoncées. Cent dix millions de dollars permettront à différents organismes et ministères de concrétiser ces initiatives. Pour BAnQ, le Plan a un effet important puisque l'institution est concernée par 8 des 51 mesures proposées.

Dès la première année de la mise en oeuvre du Plan, un vaste chantier de numérisation permettra de bonifier considérablement le nombre de documents patrimoniaux accessibles sur le portail de BAnQ. Près de 1,5 million de pages s'ajouteront aux quelque 11 millions déjà en ligne. Les bibliothécaires et archivistes ont sélectionné des corpus qui suscitent l'intérêt des citoyens tout en montrant un panorama des riches collections que possède BAnQ.

Parmi les corpus proposés, on note plus de 1000 livres du domaine public, des partitions musicales manuscrites et imprimées, dont celles des éditions Archambault, A. J. Boucher et J. E. Bélair ; des cartes géographiques provenant notamment du fonds James Maclaren Company ; plus de 11 000 enregistrements sonores ; 100 000 photos et cartes postales, dont celles du fonds Point du jour aviation ; 300 000 pages des registres d'état civil et d'actes de notaires ; des films provenant des collections de l'Office du film du Québec ainsi que des fonds Albert Tessier, Jeunesse ouvrière catholique et Armand Senécal. Du côté des journaux et des revues, on trouve des incontournables tels le journal La Presse de 1940 à 1980, les revues Le Courrier du livre, Nouvelles Soirées canadiennes, La Nouvelle-France et L'Album musical.

Une meilleure visibilité des collections

La deuxième année du Plan compte des mesures plus structurantes, notamment la modernisation des plateformes de diffusion, l'adaptation des contenus aux appareils mobiles, une place plus large à l'implication des usagers sur des plateformes interactives et d'autres projets touchant le Web sémantique. Le Médialab, un projet de laboratoire numérique de création pour adolescents, sera également bonifié afin de le promouvoir à plus grande échelle dans les régions.

D'autres mesures concernant BAnQ sont liées au rôle important qu'elle a joué dans le domaine de la numérisation patrimoniale en regard notamment du Réseau québécois de numérisation patrimoniale et du Répertoire du patrimoine culturel du Québec (RPCQ), une plateforme soutenue par le ministère de la Culture et des Communications qui permet de faire connaître le patrimoine immobilier, mobilier et immatériel québécois.

Le dépôt légal des publications numériques fera l'objet de travaux de fond qui se traduiront par la réception d'un nombre encore plus grand de publications numériques éditées au Québec. Voilà donc des projets innovants et inspirants qui soutiennent les efforts déjà entrepris par BAnQ afin de rendre plus accessibles encore nos riches collections patrimoniales!

Un don permet à BAnQ de mettre la main sur un ouvrage rare

La collection de livres anciens de BAnQ s'est récemment enrichie de l'édition originale du récit d'exploration de la Nouvelle-France intitulé Description de la Louisiane, publié en 1683. Acquis grâce à un don à la Fondation de BAnQ, cet important livre du missionnaire Louis Hennepin, véritable succès de librairie en son temps, est le premier ouvrage dans lequel apparaît le terme Louisiane.

Ses descriptions de contrées jusque-là inconnues et des mœurs des Amérindiens ont envoûté les lecteurs européens et renouvelé l'intérêt pour l'exploration du nouveau continent. Sur la photo, Louis Vachon, président de la campagne de financement de la Fondation, consulte l'ouvrage nouvellement acquis par BAnQ en compagnie de Christiane Barbe, présidente-directrice générale de BAnQ.

Le congrès SHARP 2015 à Montréal et à Longueuil

par Isabelle Crevier, agente de recherche, BAnQ Rosemont–La Petite-Patrie, Eli MacLaren, professeur de littérature anglaise, Université McGill, et Josée Vincent, professeure de littérature québécoise et d'histoire du livre, Université de Sherbrooke

Événement incontournable pour la recherche en histoire du livre, le congrès de la Society for the History of Authorship, Reading and Publishing (SHARP) aura lieu pour la première fois au Québec en juillet 2015. Fruit d'une étroite collaboration entre BAnQ, l'Université de Sherbrooke et son Groupe de recherches et d'études sur le livre au Québec, l'Université McGill ainsi que la Société bibliographique du Canada, le congrès SHARP 2015 sera un événement bilingue. Il réunira environ 300 participants, dont de nombreux chercheurs et bibliothécaires canadiens, européens et américains.

Société à but non lucratif fondée en 1991 aux États-Unis, SHARP compte plus de 1000 membres associés à plusieurs disciplines et provenant d'une trentaine de pays. La société oeuvre de concert avec les bibliothèques et les centres de recherche pour promouvoir l'étude du livre sous toutes ses formes et dans toutes ses composantes. Le congrès SHARP 2015 se déroulera à Montréal et à Longueuil, du 7 au 10 juillet.

Le thème des Générations et régénérations du livre / The Generation and Regeneration of Books renvoie à l'évolution du système-livre, de ses agents et des supports de l'écrit, marquée à la fois par la continuité et le changement. Ainsi, des récits véhiculés par la tradition orale au livre numérique, du manuscrit à l'imprimé, chaque incarnation, loin de remplacer la précédente, s'en nourrit. Tant les supports de l'écrit que les systèmes qui les produisent évolueraient comme des gènes qui à la fois se perpétuent, se transforment et multiplient les recombinaisons pour s'adapter à leur environnement. L'histoire du livre au Canada offre un exemple de cette évolution.

Les années 1960 marquent un tournant pour les éditeurs et les écrivains. Plusieurs facteurs ont permis à la génération de l'après-guerre de concrétiser le projet des prédécesseurs, en s'appropriant les structures de production et de diffusion nécessaires à l'émergence de nouvelles formes d'imprimés. L'incarnation ultime de ce mouvement empreint d'optimisme fut Expo 67, l'exposition universelle qui fit de Montréal et des villes avoisinantes à la fois un centre de la culture québécoise et canadienne et un lieu ouvert sur le monde. Grâce aux actions d'une nouvelle génération, Montréal se posait dès lors comme un nouveau pôle éditorial. Cette petite révolution n'était en fait que l'aboutissement d'une longue série de transformations, plusieurs éditeurs ayant rêvé de cet accomplissement depuis l'établissement du premier imprimeur de Montréal en 1776, Fleury Mesplet.

En plus des séances de communications parallèles, SHARP 2015 accueillera des conférences plénières, des conférences-éclair, une exposition de projets numériques ainsi qu'une exposition de communications par affiches. D'autres activités, dont des expositions de livres et d'archives éditoriales, ainsi que des visites guidées, sont également prévues.

Renseignements et inscription : www.sharp2015.ca

BAnQ et BAC confirment leur collaboration

par Hélène Charbonneau, directrice de l'ouest du Québec, BAnQ Vieux-Montréal

En juillet 2014, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) et Bibliothèque et Archives Canada (BAC) ont signé un protocole d'entente de collaboration relative aux acquisitions d'archives privées. Par ce geste, nos deux institutions confirment les liens de collaboration entretenus de longue date, et soulignent aussi leur intention d'en encourager le développement. Le mandat et les obligations respect ifs de BAnQ et de BAC se rejoignent et en font forcément des institutions parentes. L'une comme l'autre se trouvent amenées régulièrement à se consulter ou à collaborer à des projets communs ou des intérêts partagés.

En matière d'archives privées, il est presque superflu de préciser à quel point les interventions de nos deux institutions sont complémentaires. Documenter l'évolution des sociétés québécoise et canadienne en partageant des connaissances et de l'information ne peut être que profitable. Il est donc aisé de reconnaître les avantages que chacune tirera d'une collaboration en bonne et due forme.

BAnQ et BAC ont donc convenu d'une entente dont les termes se concentrent sur le partage d'information quant aux offres d'archives reçues, sur l'échange d'expertise professionnelle et d'outils de travail, ainsi que sur le prêt à long terme de fonds d'archives. L'entente, qui a pour but de faciliter les choses et non d'augmenter les contraintes, favorise ainsi la réalisation d'activités et de projets communs.

L'entente de collaboration vient confirmer l'intérêt mutuel que BAnQ et BAC ont manifesté au fil des ans par des réalisations ponctuelles ou des consultations réciproques. Non seulement cette entente servira à rapprocher les professionnels, mais elle contribuera aussi à mieux servir les citoyens.

BAnQ est maintenant présente sur Historypin

par Jean-Bruno Giard, coordonnateur de la section des collections spéciales, BAnQ Rosemont–La Petite-Patrie

Toujours à l'affût de nouveaux outils pour mettre en valeur ses collections patrimoniales sur le Web, BAnQ a récemment mis en ligne plus de 400 documents sur Historypin. Celle-ci est une plateforme qui permet la recherche, la visualisation, le partage ainsi que la valorisation d'images, de vidéos et de fichiers sonores. Elle s'inscrit dans la mouvance du géoweb, qui se définit comme « une organisation par l'espace de l'information sur Internet à travers un géoréférencement direct ou indirect sur la surface terrestre1 ».

Créé par l'organisme londonien We Are What We Do (maintenant surnommé « Shift »), l'outil novateur permet de superposer les images anciennes aux images contemporaines par l'entremise de Google Streetview. De type crowdsourcing (externalisation ouverte), Historypin invite ses utilisateurs à ajouter leur propre contenu et à interagir entre eux par l'intermédiaire de la fonctionnalité d'ajout de commentaires.

Depuis environ un an, les archivistes et les bibliothécaires de BAnQ conjuguent leur expertise afin de regrouper et d'épingler sur la carte du Québec divers documents iconographiques auxquels sont associées des données historiques. On y trouve des photos d'archives, des cartes postales, des gravures, des affiches et des couvertures de brochures. Certains parcours ont été réalisés grâce à la collaboration du Laboratoire d'histoire et de patrimoine de Montréal de l'UQAM et de sa composante Montréal, plaque tournante des échanges : histoire, patrimoine, devenir.

Visitez la page d'accueil de BAnQ sur Historypin afin de vous familiariser avec la navigation. L'onglet Map, par exemple, donne un aperçu des documents épinglés
sur la carte et permet la recherche par lieu, par sujet ou par date. Sous l'onglet Tours, explorez le parcours Destination Québec – Une histoire illustrée du tourisme de même que des photographies d'archives de l'exposition Ici / ailleurs. Sous Collections, découvrez la riche collection de cartes postales illustrant les gares ferroviaires
montréalaises.

D'autres documents sur différents thèmes s'ajouteront au fil du temps. Retournez vite faire votre tour!

1. Thierry Joliveau, « Le géoweb pour les nuls », Monde géonumérique, 24 juin 2010, http://mondegeonumerique.wordpress.com/2010/06/24/le-geoweb-pour-les-nuls/ (consulté le 20 octobre 2014).

Histoires d'immigrations au Québec

par Sophie Montreuil, directrice de la recherche et de l'édition, BAnQ Rosemont–La Petite-Patrie

Le 6 octobre dernier, BAnQ et les Presses de l'Université du Québec lançaient Histoires d'immigrations au Québec, un collectif conçu dans le sillage de la série de conférences du même nom présentées à la Grande Bibliothèque en 2012-2013. Les 14 conférences sont devenues 14 chapitres d'un ouvrage qui s'emploie à inscrire l'histoire des nouveaux arrivants dans la mémoire collective du Québec, du milieu du XIXe siècle à nos jours.

Le collectif retrace les mouvements migratoires et les expériences d'immigration de 14 communautés culturelles qui ont renouvelé le tissu humain et démographique de Montréal et du Québec. On y découvre comment les communautés écossaise, irlandaise, italienne, juive yiddishophone, polonaise, juive sépharade, grecque, portugaise, haïtienne, latino-américaine, asiatique du sud-est, libanaise, subsaharienne et maghrébine ont marqué la vie sociale et culturelle de leur terre d'accueil et ont contribué à son économie, à sa vie politique et à son rayonnement international. Les illustrations offrent en complément une représentation des quartiers et des édifices où les communautés se sont rassemblées et rappellent les moments forts de leur arrivée et de leur établissement au Québec. Les textes sont par ailleurs accompagnés de témoignages d'un membre de la communauté concernée, dont l'ancien premier ministre Pierre Marc Johnson, l'écrivaine Kim Thúy et les artistes Bernard Adamus et Lynda Thalie.

On trouvera de l'information complémentaire, notamment la liste des 14 chapitres et de leurs auteurs, sur le portail de BAnQ. En vente au prix de 25 $, le collectif peut être acheté en librairie ou commandé sur le site des Presses de l'Université du Québec. Il est codirigé par Guy Berthiaume, Claude Corbo et moi-même.

Un accompagnement sur mesure pour les usagers ayant des besoins spéciaux

par André Vincent, chef des services adaptés, Grande Bibliothèque

Pour une personne handicapée ou en perte d'autonomie, l'accès aux services des bibliothèques est parfois problématique. Pour mieux le comprendre, on n'a qu'à se représenter le défi que constituent pour une personne ayant une déficience visuelle la consultation de microfilms, le bouquinage dans une collection de musique ou de films, la visite d'une exposition ou encore la recherche dans une base de données généalogiques. Le défi n'est pas moindre pour la personne qui, privée de l'usage de ses mains, souhaite utiliser postes multimédias, numériseurs ou photocopieurs.

Soucieuse de faciliter la fréquentation et l'utilisation de ses services, BAnQ offre aux usagers ayant des besoins spéciaux un service d'accompagnement sur mesure lors de leurs visites à la Grande Bibliothèque ou à BAnQ Vieux-Montréal, en collaboration avec Les Amis de BAnQ.

Grâce aux bénévoles accompagnateurs, qui complètent sans les remplacer les interventions du personnel de BAnQ, les usagers handicapés peuvent réaliser plus facilement des recherches bibliographiques, consulter des microfilms, fureter dans les collections, les ressources généalogiques et les fonds d'archives de BAnQ ainsi que visiter les expositions.

Selon les besoins, les bénévoles guident et assistent les usagers dans le repérage des services et des collections ainsi que dans la lecture et la manipulation des documents. Les personnes handicapées ou en perte d'autonomie représentent 15 % de la population québécoise.

Les usagers désireux d'obtenir l'aide d'un bénévole pour un bloc de deux heures sont invités à communiquer au moins 48 heures à l'avance avec le personnel des services adaptés au 514 873-4454, pour la région de Montréal, ou sans frais, d'ailleurs au Québec, au 1 866 410-0844.

Nos partenaires

Catalogue des bibliothèques du Québec. RFN. RDAQ. Les Amis de BAnQ. Fondation de BAnQ.