À rayons ouverts, no 97

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Mot de la présidente-directrice générale

par Christiane Barbe

Raconter le territoire

Dans la foulée de notre programmation d'activités consacrées cette année à la thématique des territoires, ce deuxième volet complète le précédent en traitant cette fois-ci la question de l'appropriation du sol québécois par les habitants, colons et seigneurs qui l'ont occupé. Le lecteur découvrira dans les pages qui suivent des documents patrimoniaux témoins de la pensée et de l'idéologie qui ont précédé ou accompagné l'exploration et les voyages, mais aussi des vies d'auteurs et d'illustrateurs de différents milieux et d'époques variées. Je vous convie à un survol de grandes régions du Québec à travers trois siècles.

S'approprier un territoire, c'est l'explorer, l'occuper, le coloniser, aménager l'espace et élaborer des stratégies pour développer les ressources qu'il contient. Pendant près de trois siècles au Québec, l'exploration des régions va de pair avec l'évangélisation des peuples qui y habitent. Le volumineux manuscrit du père Paradis orné d'aquarelles témoigne en ce sens de voyages missionnaires au Témiscamingue à la fin du XIXe siècle. Il fournit, à la manière d'un rapport, des détails sur le sol, les forêts et la vie des communautés autochtones. Explorer, c'est aussi cartographier, comme l'illustrent les plans de seigneuries le long du Saint-Laurent sous le Régime français et, plus tard, le découpage en cantons dans la région de Sherbrooke.

Plusieurs écrivains qui prennent la plume au XIXe et au début du XXe siècle se font d'ardents défenseurs de la colonisation. Arthur Buies, par exemple, affiche clairement sa position avec la maxime Emparons-nous du sol!, qu'il publie en tête de l'ouvrage sur le Saguenay et la vallée du lac Saint-Jean. Le curé Labelle, dont les aspirations pour les Pays d'en-Haut sont bien connues, encourage aussi vivement la colonisation en s'associant à la construction du chemin de fer.

D'autres hommes de lettres utilisent plutôt les récits de voyage riches en anecdotes de toutes sortes pour raconter ce qui s'offre à leurs yeux. Faucher de Saint-Maurice, par exemple, relate son expédition en bateau autour de la péninsule gaspésienne en la parsemant de contes et de légendes qui stimulent l'imagination. Pour clore sur les territoires québécois, on notera l'apport d'Henri-Gustave Joly de Lotbinière, premier ministre du Québec de 1878 à 1879, à la conservation et au reboisement de forêts avec une vision avant-gardiste pour son temps.

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À l'aube du 10e anniversaire de la Grande Bibliothèque, j'aimerais conclure ce texte en rappelant l'important virage numérique déjà amorcé par BAnQ, qui s'accélérera au cours des prochaines années. Le Plan culturel numérique mis en avant par le gouvernement du Québec contribuera sans contredit à ce mouvement. Concrètement, cette initiative nous permettra de « dématérialiser » l'information documentaire de nos fonds et de nos collections afin de rendre celle-ci plus visible et donc plus accessible à l'ensemble des citoyens du Québec. Nous doter d'une véritable bibliothèque numérique, ouverte à tous et à toutes, c'est là notre objectif!

Nos partenaires

Catalogue des bibliothèques du Québec. RFN. RDAQ. Les Amis de BAnQ. Fondation de BAnQ.